speaker-0: Le métier infirmier aux Etats-Unis, à quoi ressemble-t-il vraiment ? Et surtout, qu'est-ce que ça implique concrètement quand on est infirmier formé en France ou ailleurs ? Tu écoutes Imported Nurse, je m'appelle Claire Spix, je suis infirmière française installée aux USA depuis plus d'une décennie et depuis 2013, j'accompagne des infirmiers internationaux dans leurs démarches de reconnaissance de diplôme. Dans ce podcast, je donne la parole à des infirmiers francophones, souvent d'anciens clients, qui ont choisi d'exercer aux États-Unis. À travers des témoignages parfois similaires, parfois très différents, on parle des démarches, de l'adaptation et surtout de la réalité du métier infirmier ici. Bonne écoute ! Dans cet épisode, reçois Carol, infirmière française puis récultrice, aujourd'hui installée dans la Silicon Valley. Elle nous parle notamment des conditions de travail dans cette région des États-Unis, les salaires, le rôle des syndicats, les ratios, mais aussi tout ce qui encadre le quotidien des infirmières sur le terrain. Carol partage aussi sa vision du métier aujourd'hui avec le recul de son expérience entre la France et les États-Unis. Comme toujours, c'est un échange très concret qui permet de mieux comprendre la réalité du métier infirmier aux États-Unis et notamment dans une région comme la Silicon Valley. Bonjour Carol. Dis-nous où est-ce que tu as fait tes études et où est-ce que tu as travaillé avant de venir aux USA ? speaker-1: va jeter le... Alors moi j'ai fait mes études en France, ma première année d'EDFSI je l'ai fait à Cannes et j'ai fait mes deux dernières années d'EDFSI à Dinant en Bretagne où j'ai rejoint ma famille et ensuite j'ai fait une année d'école de PR à Nice. Je suis redescendue dans le sud pour finir mon éducation à Nice. Donc en tout j'ai fait trois écoles différentes, ce qui n'a pas facilité les choses je pense lors de la trans... Je me rappelle. speaker-0: ... speaker-1: Voilà. Mais bon, je savais pas à l'époque. ensuite, une fois infirmière puère, j'ai travaillé en oncopédiatrie au CHU Nice. Il y avait un service d'unité protégée où j'avais trois enfants à charge et un service d'hospitalisation avec un peu plus d'enfants à charge, donc cinq, six enfants à charge avant de ici au station. speaker-0: D'accord. Et justement, qu'est-ce qui t'a amené aux États-Unis ? speaker-1: Alors en 2017, mon mari a eu une offre d'emploi ici, on est dans la Silicon Valley, donc à une heure au sud de San Francisco. Il a eu une offre d'emploi en tant qu'ingénieur et donc du coup, ça nous a poussé à venir ici pour s'installer. Donc on est là depuis 2017, donc 8 ans. Et moi, je suis infirmière ici depuis 2019. speaker-0: D'accord. Et t'as commencé dans quel service, ici ? speaker-1: Alors là où je suis spécifiquement, les hôpitaux demandent quand même une expérience aux États-Unis avant de pouvoir travailler au hôpital. Donc pour avoir cette expérience, j'ai commencé dans un service en soins de longue durée pédiatri. Parce que là, ils prenaient en compte mon expérience française et mes connaissances et mes qualifications. Et du coup, ça a permis d'avoir un petit peu d'expérience ici sur le terrain pour pouvoir postuler à des plus gros... plus grosse structure des hôpitaux. donc après toutes mes années d'expérience jusqu'à très peu, je les fait en oncologie. Alors pas pédiatrique, j'aurais bien aimé pédiatrique, mais l'hôpital pédiatrique ici est un peu loin de chez moi. Il aurait fallu commencer par des nuits et tout, voilà, j'avais pas envie de ça. Donc j'ai fait de l'oncologie adulte pendant des années. Et là, très très récemment, j'ai changé pour un poste en soins palliatifs. speaker-0: D'accord. Toujours dans « Avec les adultes ? speaker-1: Je pense que oui, pense que ce ne que des adultes parce que, encore une fois, pense que les soins palliatifs pédiatriques seront pris en charge avec l'hôpital pédiatrique. ça sera une autre structure. speaker-0: Ouais. Et du coup, tu disais qu'ils ont pris en compte ton expérience en pédiatrie quand tu as commencé. Si tu retournes à l'hôpital pédiatrique, est-ce que tu peux travailler en tant que telle, juste avec l'expérience que tu as ici en pédiatrie ? Est-ce que c'est mieux que tu passes des certifications ? Comment ça se passe ? Oui. speaker-1: Alors si là demain je voudrais travailler en pédiatrie, je pense que je serais prise grâce à l'expérience ici adulte. Si vraiment je veux rester en oncologie, si je voulais un poste en pédiatrie cardio, c'est vrai que ce serait je pense plus dur. En tout cas, pense presque impossible, mais très très difficile à part si je connaissais la cadre ou quelqu'un vraiment dans ce service là. speaker-0: D'accord. speaker-1: Si je voulais retourner en oncopédiatrie, je pourrais, je pense qu'à cette expérience des adultes que j'ai ici. En fait, aux États-Unis, moi en tout cas dans ma spécialité en oncologie, il a beaucoup de certifications. Mais en fait ces certifications, tu peux prétendre à les passer qu'une fois que tu as l'expérience dans le domaine. Donc en fait, ils veulent un nombre d'heures, ils veulent que tu aies travaillé un nombre d'heures en oncologie avant de prétendre à passer l'examen. Donc c'est un peu un son de serpent qui se mord la queue parce que je sais pas si c'est ça. speaker-0: Si, si, c'est ça, le serpent se marre la queue. speaker-1: Voilà, le service sera que parce qu'en fait, pour montrer que t'es qualifié, ça serait bien que tu cette certification, là en fait, pour avoir cette certification, il demande des heures dans le domaine. Donc bon, du coup, si je voulais demain travailler en pédiatrie, je pourrais, mais pas vraiment grâce à des certifications, plus grâce à l'expérience que j'ai aujourd'hui sur le terrain. Et ensuite, ensuite, si j'ai des heures en pédiatrie, ensuite je pourrais partir les certifications. speaker-0: Et si tu passes ces certifications, est-ce que ça change quelque chose au niveau de ton statut au travail ? Est-ce que ça change quelque chose au niveau de ton salaire ? speaker-1: Non. nous, non. Alors mon statut, pas vraiment. Ça ne changerait pas. Là, on parle de la certification péiatri, mais je la compare à la certification adulte, parce qu'il y a une certification aussi à adulte oncologie, donc ça que je connais mieux. Ça ne pas. En soi, ça change pas grand-chose. Ni des actes que peux faire, ni les patients que tu prends en charge, ni ton salaire. Mais c'est quand même... bien reconnus. que les gens, pense, c'est peut-être un peu plus qu'en France, les gens sont quand même plus à même à vouloir se former, à continuer d'apprendre, même si malheureusement c'est pas pré-reconnu au niveau salaire. Je pense que ça peut apporter aussi d'autres ouvertures de postes. Par exemple, peut-être plus des postes d'infirmières coordinatrices ou des postes vraiment très spécifiques, de liaison, des postes un peu spécifiques comme ça. En fait nos grilles salariales elles sont faites par des syndicats et donc c'est vraiment des grilles, a pas de... en fonction de ton expérience, tu rentres dans une case, après tu évolues dans cette case mais elle ne pas réévaluée en fonction de quelle certification tu passes. speaker-0: D'accord, ok. Et donc du coup tu me disais tout à l'heure que tu n'avais pas pu démarrer immédiatement l'hôpital, parce que l'hôpital demandait de l'expérience au USA. Est-ce que ta recherche d'emploi était difficile Est-ce que ça a mis du temps, tu trouves un endroit où travailler ? speaker-1: Alors ça n'a pas pris trop longtemps dans le sens où j'étais vraiment ouverte à tout. Il m'a fallu quand même un an et demi pour avoir ma licence ici en tant qu'infirmière, le temps que je passe tous les examens, le temps que j'ai le papier. Et moi, quand j'étais en France, je travaillais, j'ai eu cette pause où j'ai fait d'autres jobs, mais où j'ai eu cette pause en tant qu'infirmière. Et donc en fait dès que j'ai eu ma licence, j'étais très très motivée à juste trouver quelque chose, travailler. Je savais qu'il fallait de l'expérience un peu dans n'importe quoi pour avoir cette expérience, juste pour être prise après dans une plus grosse structure. Donc j'étais pas trop regardante sur le type de travail. J'ai fait beaucoup beaucoup d'entretiens juste pour être prête à m'exprimer en anglais, à passer des entretiens en anglais, à être évaluée en anglais. Donc j'ai été passé énormément d'entretiens, même dans des structures que je pensais pas... pas voulu travailler là-bas, juste pour être exposé dans l'entretien. ce qui m'a fait choisir ce poste, c'est que je venais d'un parcours en pédiatrie. donc, un, il reconnaissait mon expérience, il l'a valorisé. Et deux, j'aurais aimé, enfin je me disais que c'était une base solide si j'avais voulu continuer après en pédiatrie, d'avoir une expérience en soins de longue durée pédiatrique. Donc ça n'a pas été si difficile de trouver. de trouver un poste, aussi parce que je pense que j'étais très motivée et j'ai aussi... J'ai accepté un peu ce poste rapidement aussi parce que je voulais travailler et je voulais avoir de l'expérience. speaker-0: Donc vous êtes dans la Cile Cônevalet, c'est un endroit forcément qui est cher. Au niveau de ton salaire, combien tu te fais ? speaker-1: Alors quand j'ai commencé, pas dans une grosse structure, mon premier salaire, j'étais à peu près à 40 dollars de l'heure. Et en fait, mon salaire a fait que évoluer depuis que j'ai changé d'hôpital deux fois. Et en fait, à chaque changement, mon salaire a été réévalué et donc il a augmenté. Donc là, j'ai doublé ce salaire-là. de le salaire avec lequel j'avais commencé. En fait, en Californie, on est très privilégié. Et là, en plus, je travaille, dans la Silicon Valley, on paye un syndicat. Tu dois avoir un syndicat, tu dois être représenté par un syndicat, c'est obligatoire, si tu veux travailler dans cet hôpital. Et en fait, ce syndicat, du coup, vu qu'il couvre toutes les infirmières, a un point énorme en termes de rémunération, valorisation du salaire. Donc, il négocie nos contrats en termes de s'assurer qu'on ait des pauses régulières pour être en... en accord avec la loi de la Californie, en termes du ratio combien d'infirmières pour combien de patients. fait, tout est très strict et très réglementé grâce aux syndicats. c'est vrai que comparé au reste des États-Unis, mon salaire, rémunération est bien plus importante. La vie après dans la Silicon Valley est aussi extrêmement chère. Voilà, tout acheter de maison c'est très cher. L'école, avant que l'école soit gratuite avant cinq ans, avoir ses enfants à la crèche c'est très cher. Donc en fait, le coût de la vie est très cher, donc nos salaires sont fixés en fonction de ça. À la fin, j'ai une meilleure qualité de vie en tant qu'infirmière ici aux États-Unis qu'en France, même avec le coût de la vie. Le métier d'infirmière pour moi aujourd'hui en Californie est beaucoup mieux valorisé qu'en France malgré le coût de la vie extérieur. speaker-0: Et du coup, tu nous parlais du ratio. Quel est le ratio là où tu es ? Patient-infirmier ? speaker-1: Chaque service a son ratio en fonction des soins. Moi, mon expérience en oncologie, elle était aussi en ambulatoire. Par exemple, j'avais trois patients. J'ai une infirmière pour trois patients. Je ne pas en France combien là tu as de patients ambulatoires, mais je pense que c'est plus. En fait, c'est très... Tu as des grilles. En réa, c'est un pour un. Je crois qu'aux urgences, c'est une infirmière pour deux patients. Tout est cadré. speaker-0: Et tu disais aussi que même les conditions de travail en Allemagne étaient beaucoup mieux. Qu'est-ce que tu entends par conditions de travail ? speaker-1: Alors, un peu tout. C'est clair que mes conditions de travail, et encore une fois, j'ai l'impression quand même en France d'avoir eu la chance parce que j'étais en pédiatrie. Donc je pense que j'étais aussi très protégée par rapport à d'autres établissements et d'autres postes, notamment avec les adultes. Mes conditions de travail aujourd'hui sont bien meilleures au niveau ressources humaines. J'ai beaucoup plus de personnes auprès du patient, donc j'ai moins de... Après, j'ai des responsabilités de délégation, j'ai des responsabilités de m'assurer que le travail est fait et qu'il soit bien fait, mais j'ai beaucoup moins de choses qui m'incombent en tant qu'infirmière, parce qu'il a plus de professionnels de santé. En France, c'est vrai que souvent, tu as une aînée de soignante, une infirmière et un médecin. Ici, as trois types d'infirmières différentes. Donc en fait, as beaucoup plus de monde auprès du patient. Donc, ton rôle, tu as plus le temps de faire ton rôle. correctement et ton travail correctement parce qu'il y a d'autres professionnels qui vont faire une autre partie du travail que tu aurais pu faire en France. Grâce aux syndicats, a des pauses, c'est très régulé aussi. sous cinq heures de travail, il faut au moins qu'on prenne 30 minutes de Sinon, les établissements ont des peines, sinon ils ont des pénalités et tout ça, donc c'est très important pour eux de le faire. Donc du coup, nos managers, s'assurent aussi que sous cinq heures, quand tu as commencé à 8 heures, cinq heures plus tard, il que tu aies... pris ta pause, tu batches donc tu pars, plus dans le service. C'est vrai que en France, les souvenirs que j'ai, c'est que tu mangeais dans le service et si ça sonnait, s'il fallait y aller, tu te levais et tu y allais. Moi en tout cas, c'était comme ça. Donc là, je prends ma pause, je sors, je vais dehors, je n'ai pas de responsabilité infirmière à ce moment-là. Tout ce qui est en heures sup, je me souviens en France, c'était toujours une discussion avec la cadre, mais tu savais jamais vraiment si tu allais être payée, quand est-ce que tu allais être payée. il fallait que tu signes une feuille, mais la feuille tu ne la signais jamais le jour J. C'était toujours, signer une feuille, tu ne la voyais jamais cette feuille. Donc en fait, tu restais volontairement le J parce qu'il y avait besoin. Et après, fait, il fallait se battre pour avoir cette heure-là payée. Voilà, c'était vraiment un combat. En fait, ici, forcément après huit heures, je vais être payée en heures sup. Donc en fait, quand ma cadre me demande est-ce que tu veux rester, il n'y même pas... la question de comment je vais être payée, est-ce que je vais être payée, combien je être payée ne se pose même pas. Il n'y a même pas assez de diction avec ma cadre et du coup ça enlève un poids énorme de « me demande et moi je dis oui ou non si je peux et je sais que je vais être payée avec mon salaire à la fin du mois. » ça enlève aussi un poids et ça fait que je pense que tu es plus en train à rester si tu pouvais, parce que tu n'as pas à te battre pour ça. Voilà, je crois que c'est les gros pieds avoir plus de ressources humaines en termes de professionnels auprès du patient. speaker-0: Tu sais que t'es p... speaker-1: et les conditions autour, vraiment les pauses, les temps de repos et la rémunération. Je crois que c'est les plus grosses différences. speaker-0: Du coup, là où tu es, ton employeur te procure ton assurance santé. Comment ça se passe ? speaker-1: Oui, alors en fait vu que je travaille pour l'hôpital, j'ai la chance que mon employeur me paye mon plan santé, donc mon assurance santé. Voilà, en fait il couvre mon mari et il couvre mes enfants. donc voilà, c'est pour ça que suis très chanceuse parce que je ne paye rien. Ça fait partie de mon... Ça c'est un de mes bénéfices de ce travail. speaker-0: Et est-ce que ça inclut les mondialités D'accord, mais t'as quand même une franchise quand tu vas chez le médecin ? speaker-1: Alors, sais, par exemple, il nous arrive, a un... Alors tout est quand même couvert. Des fois on a 20 dollars de copais, de paiement. Par exemple, pour mon accouchement, j'ai payé 100. 100 dollars. Bon, j'ai un accouchement, voie basse, tout s'est bien passé, mais j'ai payé 100 dollars pour... speaker-0: 100 $ Ouais mais quand même moi aussi, voilà, si c'est bien passé, j'ai pas payé sur nos... speaker-1: Voilà. Donc en fait, on est très chanceux aussi pour ça parce que c'est quelque chose de l'Union qui est important et qui peut vite aussi être très cher, surtout quand tu une famille, et que tu commences à avoir peu plus de frais. Donc, oui, découvert grâce à mon travail. speaker-0: Et quand tu as commencé à travailler ici, comment ça s'est passé au niveau intégration, niveau trouver tes marques, etc. Peut-être l'anglais aussi. speaker-1: Alors l'avantage qu'il m'ait fallu, un an et demi pour avoir mon diplôme ici, en fait il m'a fallu un an et demi parce qu'en Californie, demandent, l'Ordre de Californie demande d'avoir un score très élevé au niveau du TOEFL. C'est un niveau presque bilingue, mais c'est un niveau bilingue académique, vraiment différent de ta conversation tous les jours en anglais. sur des thèmes académiques. C'est vraiment un test qui, si tu veux rentrer dans une université américaine pour voir ton IMO d'anglais et tout ça. Donc moi, il a fallu que je le passe plusieurs fois pour avoir le score qu'il demandait à l'époque. Et pendant ce temps, j'ai dû travailler pour améliorer mon anglais et du coup améliorer ce score-là pour pouvoir obtenir le test. j'ai dû... Du coup, je travaillais, je faisais des petits boulots, j'ai été nanny, j'ai été aide-soignante. Enfin, j'ai fait des petits boulots en attendant. Tout ça, ça m'a quand permis d'augmenter de ma meilleure en anglais. La dernière étape avant d'avoir ma licence ici, c'était le INCLEX. Donc, INCLEX, c'est l'Examen national des infirmiers, où tous les infirmiers s'y passent pour pouvoir avoir leur licence. Et ça aussi, a permis de remettre un peu les bases, juste les bases, donc des termes médicaux qui sont utilisés. Donc, quand j'ai commencé... Il a eu des moments où c'était pas facile, moments où j'étais là, genre un Robinia à trois voeux, j'étais là, comment t'appelles ça ? Des trucs vraiment où t'es là, je veux ça, j'ai besoin de ça, mais comment j'appelle ça ? J'ai commencé dans un endroit où il y avait une très très bonne équipe. J'ai encore des très bonnes copines de là-bas que je vois très régulièrement. Donc on avait un bon petit groupe. la Sycomale, il a beaucoup d'étrangers, il a beaucoup de gens qui viennent parce que comme mon mari, a eu un poste ici. et donc du coup la famille vient. Je pense qu'on est, par rapport aux restes des États-Unis, les gens aussi sont plus habitués à avoir plus de gens étrangers, des gens qui sont moins habitués à la langue. Et après, moi ça a toujours été très important pour moi de m'intégrer, de parler, de m'améliorer, même quand je travaillais, de m'assurer que j'étais comprise. parce que en cas d'urgence, il faut je sois comprise, il faut que les soins se passent avec les patients. Donc en fait, expérience aussi de pas à l'hôpital, pour moi, ça a été une très bonne expérience de monter en charge au niveau anglais, au niveau connaissance médicale et d'être plus à l'aise. Mais écoute, ça s'est plutôt bien passé. speaker-0: Et du coup, ta relation, tu travailles un peu, pas dans les mêmes services où tu travailles en France, mais c'est petit peu similaire quand même. La relation que tu as avec les médecins, est-ce que tu la trouves différente aux USA ? speaker-1: Alors j'entends souvent que l'infirmière ici est quand même plus reconnue et plus valorisée dans ses compétences et dans ce qu'elle a à dire au niveau médical. Alors je pense que c'est vrai. Moi, expérience en France, nom Coimbatore, on était très proches des médecins et j'avais pas le sentiment que si je disais un truc, si je reportais un symptôme, j'avais pas forcément le sentiment de ne pas être écoutée. Donc, je n'ai pas vu une grosse différence par rapport à ça, mais je pense parce que c'était dans le service auquel j'ai travaillé. Après, l'infirmière ici est quand même très reconnue au niveau de ses compétences, je pense plus qu'en France. Elle est plus valorisée pour vraiment sa compétence technique et sa relation avec le patient. Et ça, c'est plus écouté parce que le médecin ici, comme en France, a quand moins le temps d'être au contact du patient. Et donc, du coup, l'infirmière a plus un rôle important et valorisé ici. speaker-0: Et donc du coup justement, est-ce que tu trouves qu'il a une différence avec ta relation avec les patients ou les familles ici ? speaker-1: Non, écoute, moi je n'ai pas de différence, je ne pas de différence dans mon contact et dans mon soin avec le patient tous les jours. Je pense que mon expérience en pédiatrie, a toujours été valorisée. les postes où j'ai été, on m'a dit « bon maintenant j'ai plus d'expérience en soins d'huile qu'en pédiatrie » mais dans mes prises de poste, on m'a toujours dit « c'est bien, t'as ça en pédiatrie parce que tu vois quand même... Tu une vision globale de la famille et ça je garde, c'est très important pour moi en oncologie. Moi en termes de mes actes, de ma prise en soins tous les jours, il n'y a pas de différence en France. Je n'ai pas eu une grosse différence. Je ne pas la différence. speaker-0: Et alors justement, quelles sont les plus grosses différences et similarités que tu obsères entre ton métier en France et ici ? speaker-1: Alors en fait, n'y a pas moi, mon métier, dans vraiment les soins, je n'ai pas vu de différence. La plus grosse différence que j'entends, c'est que les infirmières ici, sont plus habilités à faire des osculitations cardiaques et des osculitations pulmonaires. Moi, en oncologie, je n'ai pas trop été en contact avec ça. Il y a un moment sur le travail où quand on faisait des transfusions, une des constantes à évaluer c'était l'osculation pulmonaire. voilà, j'ai un stéthoscope, je sais le faire. Je suis loin d'être la meilleure infirmière pour faire ça parce que je ne travaille pas en cardiologie, je ne travaille pas en... speaker-0: Et puis c'est le genre de choses qui s'apprennent sur le terrain. speaker-1: Voilà exactement, j'ai appris un peu sur internet, j'ai appris un peu avec des infirmières mais voilà je suis clairement pas, suis loin d'être la meilleure des infirmières pour faire ça. Je sais faire s'il a besoin mais en fait dans mes actes tous les jours c'est vraiment la seule différence que je dirais et vu que je le fais très peu, il a pas vraiment de différence. L'administration des chignons après c'est des protocoles différents mais quand même ça reste à peu près la même chose. Tous les soins que je fais restent très similaires à aux soins en France. La seule différence, quand j'ai commencé, j'ai travaillé en soins de suites longue durée avec des patients pédiatriques sous respirateur. Et en fait ici, aux États-Unis, il a des professionnels, l'infirmière, alors pareil, je ne pas si c'est partout aux États-Unis, tout cas là où je travaillais, l'infirmière, n'est pas elle de gérer le respirateur. On l'a des RT, donc respirateurs et therapists. qui traite, qui s'occupe de ça. Donc ça, je crois que c'est la grosse différence parce que si tu travailles en réa, j'ai une copine qui travaille en réa et elle, c'est son rôle en tant qu'infirmière de s'occuper du respirateur. Donc je pense que ça, c'est une grosse différence si tu es infirmière en réa ou dans un service comme ça, mais sinon, vois pas trop de différence. speaker-0: Donc pas forcément de différence au niveau des soins, qu'est-ce qui en est de l'organisation là où toi tu es ? speaker-1: L'organisation est un peu différente, sens où, quand une fois, t'as plus de personnes au contact du patient, donc à savoir qui fait quoi, toi, qu'est-ce que tu dois faire, parce que qui après va faire quoi. Donc ça, c'est une organisation différente. Je pense qu'en France, on est très très bien formé quand même, et on est... C'est bien et pas bien, j'imagine, mais on est quand même très vite formé au stage, très vite en contact. beaucoup plus de stages qu'ici. On a beaucoup plus de stages, beaucoup plus de mise en pratique ici. Alors je crois qu'il a un peu le Covid aussi. mais des fois, j'avais des infirmières qui venaient des diplômes, qui avaient presque pas fait de stage. speaker-0: leur stage en fait ici c'est plus une journée par semaine. speaker-1: Exactement, c'est de l'observation ou de la découverte, genre des infirmières qui viennent à diplômé, qui ont jamais posé de KT. alors, la France, s'est dérivé aussi, et quand t'es stagiaire et que tu fais tous les soins du service, c'est pas non plus la bonne chose à faire. Mais je pense que quand on arrive sur le terrain, t'as quand même énormément de compétences techniques, énormément de compétences relationnelles, parce que t'es en contact vraiment avec le patient dès le début. moi, j'ai trouvé que notre formation, enfin ma formation française, en tout cas, m'a énormément aidé à être très à l'aise ici. Je trouve qu'en France, on a été aussi très bien formés aux calculs de doses. Ici, ils se sont vraiment pas habitués. Moi, c'est un gros truc. Je sais, dans mes effets, de faire des calculs de doses, c'est très important. Alors à l'époque, ça me... J'aimais pas trop. Mais en fait, une fois sur le terrain, je me rends compte que les gens, ils sont pas habitués à faire aucun calcul. L'autre fois, je parlais avec un pharmacien et le débit était pas bon par rapport au volume, mais un truc tellement simple. Et donc il corrige, il me donne une autre étiquette pour le traitement. Il enlève le débit, me donne juste le volume et je dis, bah c'est bon, comme ça je ferai juste les maths. Et il dit, mais t'as la pompe qui va le faire pour toi ? Et là je regarde, dis, oui, bien sûr que là je vais rentrer le médicament dans une machine qui va délivrer aux patients. Mais bon, je peux faire quand ce calcul. Enfin, j'ai pas besoin d'une pompe pour le faire. Ils sont moins habitués aux calculs de doses, moins habitués, pense. Ils sont juste moins informés, la formation est différente. Après je pense qu'ils sont moins formés parce que c'est le système, le système qui est toujours un peu flou pour moi, universitaire est quand même très différent aux Etats-Unis. Tu peux avoir un bachelor dans un autre domaine et après faire une formation accélérée pour être infirmière. tu avoir un bachelor en infirmière juste en quelques mois parce que tu as déjà un bachelor, as déjà une formation. Donc en fait le système aussi universitaire est un peu différent en France. faut juste que tu fasses ton école pendant trois ans, n'y pas trop d'autres voies. speaker-0: C'est speaker-1: Si tu as un peu beaucoup de voix quand même, tu peux avoir déjà un diplôme et juste vouloir changer de voix. Et vu que tu as déjà acquis des crédits au niveau universitaire, tu n'as pas besoin de tout refaire. voilà, le système, pense, c'est juste différent. speaker-0: qui pas mal parce que du coup ça permet à n'importe qui de pouvoir changer de carrière. speaker-1: Tu pourras changer. vrai que tu peux plus changer facilement. speaker-0: Est-ce que tu as eu à un moment donné des moments de doute ou des regrets quand tu as commencé à travailler ici speaker-1: des regrets de faire ce métier ici speaker-0: Ouais, de ta décision de faire reconnaître ton diplôme et de continuer à travailler quand même, firmes-mire. speaker-1: Alors, tes regrets, non. J'en ai jamais eu. Le regret que j'aurais eu, c'était de dire, peut-être qu'on va pas rester longtemps là, ça vaut pas le coup de le faire. Peut-être que si j'étais venue un peu plus âgée, ou déjà avec des enfants, j'imagine que aurait été beaucoup plus dur, et peut-être que je me serais dit, ça vaut peut-être pas le coup si on reste pas longtemps, pour finir, on est toujours là. Je suis contente de l'avoir fait quand j'avais pas d'enfant, et que moi, à gérer. Je me suis posé la question quand... Quand on est venu ici, c'était l'occasion aussi pour moi de totalement changer si je voulais changer. Moi, j'aime vraiment ce que je fais. Tous les jours, c'est pas rose tous les jours, c'est pas parfait. Si vous demandez à mon mari, je crois qu'il n'aura pas la même version. Mais voilà, j'aime vraiment ce que je fais. Je suis vraiment contente de l'avoir fait tant qu'il n'y avait que moi à gérer et que maintenant, j'ai position un peu stable. Je suis contente aussi du métier d'infirmière qui m'apporte énormément de flexibilité. travaille en temps partiel. qui est... Bien sûr, il a peu de travail où tu peux être comme ça, autant flexible. Donc là, tant que jeune maman, ça me va très bien dans ma vie de tous les jours et je suis très heureuse d'avoir ce travail qui me permet aussi d'avoir ma vie privée actuelle que j'ai aujourd'hui. Pas de regrets. speaker-0: Et du coup, si tu avais des conseils à donner à d'autres infirmières ou infirmiers qui se préparent à venir travailler ici, qu'est-ce que tu leur dirais speaker-1: Alors le premier conseil que je leur dis toujours, c'est que dis, est-ce que vous connaissez Claire ? Alors c'est rigolo. Alors c'est vrai que c'est vraiment le premier conseil. Et c'est rigolo parce que c'est quand même un petit monde, je connais pas tous les infirmiers qui sont venus aux États-Unis. Mais en tout cas en Californie, je suis contact avec pas mal d'infirmières qui me font leur licence et je sais que beaucoup sont aussi en contact avec toi, donc c'est rigolo. speaker-0: Ouais, vous conseille de faire une audition. speaker-1: Moi, quand je suis arrivée ici, j'avais fait tous les papiers de l'immigration toute seule. énormément de papiers, énormément de dossiers. Et en fait, quand il a fallu que je fasse tous les papiers, que je reparte sur d'autres papiers pour faire... Faut avoir mon diplôme. J'avais vraiment besoin d'aide. J'avais plus la force. J'avais vraiment besoin d'aide guidée. Et voilà, tu arrivé au parfait moment. Je sais que toi, tu commencais aussi un peu... Tu commencais pas d'apratique, mais tu commencais par rapport en Californie. speaker-0: J'avais officialisé, on va dire. speaker-1: mais avais déjà beaucoup d'expériences, mais t'offizialiser ta compagnie. Donc ça, ça a été vraiment très aidant pour moi d'avoir quelqu'un, parce qu'en même temps, je faisais l'immigration toute seule, en même temps, je changeais de vie, t'es dans un autre pays, et d'avoir quelqu'un qui est français, qui connaît aussi qu'est-ce qu'une infirmière en France, qu'est-ce qu'un MFC, qu'est-ce qu'une école du père, tout ça. tu m'as guidé dans les documents avec qu'est-ce que l'ordre d'infirmier voulait, toutes les ressources par rapport au TOEFL ou INCLEX. Donc tout ce parcours a été très aidant. moi, le premier conseil, ce serait ça d'être accompagné. Quand on change de pays, quand on change de langue, quand on change... Voilà, on quitte souvent sa famille, on est quand même tout seul, c'est toute une autre dynamique. Donc se faire aider dans ce qu'on peut être aidé, en tout cas. C'est important. Et après, être en contact aussi avec d'autres infirmières... Voilà, j'ai pas mal de petits contacts par-ci par-là avec d'autres infirmières qui sont venus en Californie. C'est très aidant aussi. d'avoir le ressenti, expérience. J'avais des gens qui, quand j'étais en train de faire reconnaître mon diplôme, elles travaillaient déjà, donc j'avais déjà un peu des idées de... Voilà, ce à quoi m'attendre, que postuler pour un hôpital, je savais que ça allait être dur. Au tout début, sans expérience. fait, savoir tout ça, ça m'a aussi aidé à moi cheminer et grandir professionnellement. Voilà, je pense être accompagnée dans toutes ces étapes, c'est le meilleur conseil que je peux donner. speaker-0: à quoi t'attendre. Et dernière question qui est la même pour tout le monde, je me doute un petit peu de ta réponse mais cela pousse quand même. Si tu devais choisir uniquement pour le métier France ou USA ? speaker-1: Bye ! Alors uniquement pour le métier, de loin. De très loin, De très loin. Alors, encore une fois, pense que je suis privilégiée là où je travaille. J'ai conscience d'avoir des très bonnes conditions de travail. des fois, je me dis, je ne pas si en France, j'aurais pu être à mi-temps et tu vois, avoir autant de temps avec mes enfants des jours dans la semaine et des week-ends, tout ça. En tant qu'achirmière, ne pas si financièrement ça aurait été possible avec mon mari que je fasse ça. Et en fait, rien que ça, la flexibilité que ça m'apporte avec mes enfants qui sont petits et qui grandissent, rien que pour ça, je suis très reconnaissante et je suis contente de travailler ici. speaker-0: Donc aucun ralenti. speaker-1: D'où quand on le greme. speaker-0: Et est-ce que vous prévoyez de rester pour de bon ? speaker-1: Alors on prévoit de... Pour l'instant on est bien ici. C'est vrai que mon mari aussi a un très spécifique et si on rentrait en France, il n'y a pas vraiment l'équivalent de ce travail en France, donc il faudrait qu'il fasse quelque chose d'autre. Moi c'est sûr que les conditions travail, le fait que je suis à mi-temps et tout ça, ça participe au fait que pour l'instant on est bien resté ici. Après voilà, on est loin de la famille, la famille nous manque. speaker-0: Surtout quand on a des enfants jeunes, c'est tout. speaker-1: Quand on des enfants, c'est plus difficile. On est aussi très loin. C'est vrai qu'en Californie, des fois, on se dit « ah si on était à New York, ça serait juste 6, 7 heures de... », bon, on se fait une idée que si c'était à New York, tout serait plus simple. En fait, c'est quand même aussi long, il faut quand même du temps. Et bon, c'est vrai que chaque fois que... c'est 12 heures pour rentrer, c'est tout un parcours à chaque fois, surtout avec les enfants. Mais pour l'instant, on est bien ici. On verra... On sait pas trop encore. speaker-0: vivra vera. speaker-1: Voilà, on verra avec les enfants tout ça, mais pour l'instant on en effet. speaker-0: Bon, mais ça Merci d'avoir écouté Imported Nurse. Si tu as aimé cet épisode, n'hésite pas à le partager autour de toi et à me le faire savoir en laissant en avis sur ta plateforme d'écoute. Pense aussi à t'abonner au podcast pour ne pas louper les témoignages de mes prochains invités. À très vite !