speaker-0: Le métier infirmier aux Etats-Unis, à quoi ressemble-t-il vraiment ? Et surtout, qu'est-ce que ça implique concrètement quand on est infirmier formé en France ou ailleurs ? Tu écoutes Imported Nurse, je m'appelle Claire Spix, je suis infirmière française installée aux USA depuis plus d'une décennie et depuis 2013, j'accompagne des infirmiers internationaux dans leurs démarches de reconnaissance de diplôme. Dans ce podcast, je donne la parole à des infirmiers francophones, souvent d'anciens clients, qui ont choisi d'exercer aux États-Unis. À travers des témoignages parfois similaires, parfois très différents, on parle des démarches, de l'adaptation et surtout de la réalité du métier infirmier ici. Bonne écoute ! Dans cet épisode, je reçois Nausicaa, infirmière française diplômée en région parisienne. Après des débuts en France entre urgence et soins intensifs, elle s'installe aux États-Unis en 2019 où elle entame un nouveau chapitre professionnel. On parle notamment de la formation continue aux USA, de l'organisation des soins et du travail en équipe et de ce qui peut surprendre lorsqu'on passe d'un hôpital français à un hôpital américain. Comme toujours, c'est un témoignage très intéressant qui met en lumière les réalités du métier infirmier de l'autre côté de l'Atlantique. Bonjour Nausicaa, où est-ce que tu as été diplômé en France ? speaker-1: Bonjour. J'ai été diplômée en région parisienne dans le 94 en 2012 à l'école Yvescy de Villeneuve-Saint-Georges qui était rattachée à un hôpital universitaire là-bas. speaker-0: Donc toi t'étais la toute première ? J'étais la... speaker-1: la toute première de la nouvelle réforme. C'était un peu les tests. C'était pas très très... Parce qu'en fait il avait une partie des cours qui devaient être faits par l'université et nous ça n'a pas vraiment été fait ou très peu. Ça a été vraiment mis en place à partir des années après. qu'on avait encore quand même beaucoup de cours à Lucie moi. speaker-0: Oui, le temps que tout se mette en place forcément. Et du coup, quand tu as été diplômée, t'as travaillé dans quel service en France ? speaker-1: J'ai pris un poste en pool soins intensifs et urgences. D'accord. Donc je faisais des soins intensifs de l'ARIA et des urgences. Je tournais à peu près tous les deux mois sur ces trois services. speaker-0: D'accord. En quelle année t'es arrivé aux États-Unis ? speaker-1: Je suis arrivée aux États-Unis en 2019. speaker-0: Qu'est-ce qui t'a emmené ici ? speaker-1: Mon mari est américain. speaker-0: et comment vous vous êtes rencontrés. speaker-1: J'ai fait un échange d'un an aux États-Unis en tant que jeune fille et père en 2015. D'accord. On s'est rencontrés pendant mon année et après je suis repartie en France et on a fait des allers-retours pendant trois ans entre ici et enfin les États-Unis et la France et on a décidé de se marier en 2019 pour que je puisse venir vivre ici en fait parce qu'à l'époque il avait pas vraiment d'autres solutions pour moi. pour venir m'installer ici. on s'est mariés en 2019 et du coup après j'ai entamé toutes les démarches pour devenir infirmière aux États-Unis. speaker-0: D'accord. Et du coup, t'es venue sur un visa fiancé ? Ou visa époux ? Parce que s'ils étaient pas légal, ne répond pas à cette question. speaker-1: Non je ne suis pas venue avec un visa fiancé parce qu'à l'époque il y avait plus d'un an de délai pour obtenir un visa fiancé et quand on a contacté un avocat d'immigration il m'a expliqué que si je venais avec un visa de tourisme et qu'on se marie à la fin de mes 90 jours donc 91 jours de visa après c'est un ajustement de statut donc il ne pouvait rien me dire donc je suis venue sur un visa de tourisme et on s'est marié et on a fait les papiers Pas du tout le problème. On a eu notre entretien de green card, il nous a dit. On lui a expliqué en fait que c'était pas prévu. Puis au final, s'est dit plutôt qu'attendre. On a qu'à le faire maintenant. s'est marié. Après, elle bien vu que c'était une vraie relation, qu'on a pu nous avoir vrai mariage. Ils étaient pas vraiment regardants. se sont bien rendu compte que c'était pas un truc, un mariage blanc. Mais oui, normalement, j'aurais dû faire un visa de tout, un visa fiancé à l'époque. speaker-0: Et du coup, donc t'as fait tes démarches en quelle année déjà, rappelle-moi speaker-1: Alors on les a fait pendant le Covid 2020. Et on a... que ça s'est terminé en 2020. J'ai eu mon autorisation de prendre le... passer le N-clex en 2021. Je crois que c'était en mai ou juin, quelque chose comme ça. Ou peut-être avril. Et je crois que je l'ai passé de mémoire en juin, quelque chose comme ça. Connecticut. Mais on a fait les démarches nous sur New York. speaker-0: Et tu dans quel état speaker-1: Après j'ai fait une transfert de licence sur l'état du connecticut. moi ce que j'avais trouvé intéressant c'est que quand on avait regardé pour le connecticut, ils avaient plein de, comment on dit, pas de requirements, d'exigences en fait sur le niveau d'onglet, sur prouver que j'avais fait des dehors en tant qu'infirmière. Et au final, j'ai fait les démarches sur l'État de New York, j'ai eu ma sur New York et après juste pour la transférer, fait, ils m'ont juste demandé ma licence que j'avais sur l'État de New York et ils ont validé ma licence sur Connecticut. speaker-0: Parce que c'était pour les obtentions de licence initiale, donc ta première licence que tu obtiens aux États-Unis, effectivement, ils vont te demander les deux tests d'anglais, l'évaluation de l'information, etc. Mais certains États, comme les Connecticut, si c'est juste un transfert d'un autre État, que tu as déjà une licence américaine, effectivement, ils te demandent quasiment rien. Et du coup, ta recherche d'emploi, s'est passé comment ? speaker-1: Alors moi j'ai eu la chance qu'en fait du coup j'ai commencé à travailler, c'était en gros encore durant le Covid, parce qu'on était 2021, on sortait encore durant le Covid. Et moi j'ai eu la deuxième vague de Covid, en fait énormément d'hôpitaux recherchés d'infirmières parce qu'il en avait beaucoup qui avaient démissionné après la première vague de Covid, elles étaient complètement épuisées ou en burn out, enfin voilà. Donc en fait j'ai un plan, envoyer un CV à tous les hôpitaux autour de chez moi, en candidature spontanée. en expliquant que je recherchais un poste aux urgences, que moi je voulais reprendre un poste aux urgences, et tous les hôpitaux m'ont recontacté en fait. Il a eu de la chance là-dessus. J'ai eu beaucoup de retours très rapidement. Donc après il y a des hôpitaux qui ne proposaient que des postes de nuit ou qui étaient un peu plus loin de chez moi, donc je n'ai pas trop donné de suite. J'ai fait plusieurs entretiens sur des hôpitaux autour de chez moi et après j'ai choisi celui qui était le plus proche parce qu'en plus c'était un poste de jour. et du coup voilà ! speaker-0: Et est-ce qu'il a des choses qui t'ont fait bizarre au début quand tu as commencé ? speaker-1: le nombre de personnes qui travaillent dans la série. J'aime beaucoup parce que moi mes collègues sont toujours en train de se plaindre que l'on est sous-effectif aux États-Unis. Je pense que s'ils viendraient en France, ils feraient une crise cardiaque. Je sortir d'un poste aux urgences à Marseille où on a à peu près le même nombre de patients à journée, tel un peu plus où je suis actuellement. on est deux fois plus infirmés où je travaille actuellement. speaker-0: Bonsoir. speaker-1: 3 fois plus de médecins parce qu'aux urgences en France on avait 2 médecins voire 3 max en fonction des horaires où on était. Là on est divisé en fait en ce qu'ils appellent en pods et des sections dans les urgences avec une dizaine de lits. Chaque pod a un médecin, deux infirmières voire trois, des aides-soignants, des secrétaires. Plus après, il tout ce qui est autre qui rentre en jeu. On a des « chargé-nurses qu'on n'a pas en France, c'est celle qui va rediriger toutes les ambulances et dire où est-ce que va telle patient à tel endroit. Et puis après, plus tout ce qui est spécialité quand il a des patients critiques qui arrivent. Quand ils doivent être intubés, a les « therapists qui arrivent. Il y a plein de choses en fait que nous on n'a pas. Donc moi, c'est ça qui m'a vraiment impressionnée. La première fois, je me suis dit, mais c'est qui ? Tous ces gens. speaker-0: Est-ce que tu une histoire un peu cocasse à nous raconter par rapport à ça ? speaker-1: Les premières fois en fait, quand on a des protocoles bien particuliers pour certains patients, les avécés, les traumas, les crises cardiaques et tout ce qui est aussi un farctus, et en fait ça se met en place, on appelle des codes et du coup il a des gens qui arrivent tout le temps. Et la première fois j'avais un trauma, un patient qui avait été inversé par une loitière, donc on a l'équipe de traumas qui arrivent, donc il a le chirurgien, Il y a tous les physiciens assistants qui sont dans l'équipe de traumatologie, les étudiants, enfin, et en fait, je ne savais plus quoi faire parce qu'il avait tellement de gens qui s'occupaient de ce patient que j'étais là. Et moi, suis censée faire quoi ? Des fois, croit vraiment, prennent le dessus sur nous. Alors après, avec le temps et l'expérience, on apprend à prendre sa place dans ce mécanisme qui est final très bien rodé et qui permet d'avoir des résultats qui sont... Moi je trouve vachement impressionnant par rapport à ce qu'on a en France. Après moi ça fait très longtemps maintenant que je travaille plus en fond, donc je ne pas comment ça a évolué. Mais nous on a des chiffres actuels où en 20-30 minutes vous êtes sur une table de cathéter si vous avez besoin de vous faire poser un stade ou que vous êtes en train de faire une crise cardiaque. Même pas 20 minutes entre le moment où vous arrivez à l'hôpital et où vous êtes sur la table de scanner si vous êtes en train de faire un AVC. Et on est à 45 minutes pour les médicaments pour s'y aider. speaker-0: Et vous êtes un gros... C'est un gros hôpital ? speaker-1: C'est un gros hôpital mais c'est pas le plus gros quoi. Par exemple, nous vraiment le très gros hôpital vers chez nous c'est Yel. On est un secteur de plus, un plus petit secteur. Oui, non, c'est vraiment... Ouais, je trouve que c'est vraiment impressionnant. Je trouve que c'est vachement mieux rodé qu'en France. speaker-0: En même temps, ⁓ c'est pas compliqué, je pense. speaker-1: Non, après je pense qu'il a les moyens financiers qui font que voilà, c'est pas comparable. Mais du coup, oui, quand on arrive, on fait... speaker-0: Et bien justement, est-ce que ça t'a pris du temps de te sentir à ta place au sein de l'équipe ou au sein du service en général ? speaker-1: Alors moi j'ai été très bien accueilli. Je pense que j'ai eu beaucoup de chance. Je pense que le bassin c'est vraiment, c'est toujours comme ça, surtout quand on vient d'un autre pays et qu'on n'a pas du tout la même culture. Mais moi j'ai été très bien accueilli. Ils étaient très curieux en fait de pourquoi j'étais là, comment c'était d'être enfermée dans un autre pays. Et puis il y a des choses que nous on fait, par exemple, que nous ne font pas. Par exemple tout ce qui est les gazométries. En France, on fait des gazométries, en États-Unis, nous ne les faisons pas. Il y a plein de petites choses comme ça où je lui dit, oh, je vais le faire. Et là, il me disait, non, c'est pas à toi de faire ça. Ou brancher les respirateurs, c'est à nous qui les branchons. il a plein de choses que nous, fait, qu'eux, ne pas. Donc c'est vrai qu'ils étaient vraiment intéressants. Ou alors quand j'avais des pas un truc un peu bizarre, me disait, ben, t'en penses quoi ? Qu'est-ce que toi, tu ferais ? nous c'est comme ça qu'on fait, donc non, ça a été intéressant. Moi, qui m'a mis un peu de temps, a été de trouver, comprendre en fait comment il fonctionne, parce que c'est vrai que c'est différent, il y a pas mal de protocoles qui sont mis en place et du coup, oui, c'était vraiment, qui est qui, qui fait quoi, qu'est-ce que moi je suis censée faire, comment je dois le faire. Et après, une fois que tu comprends un peu le système de fonctionnement, c'est assez facile. Parce qu'après, traiter les patients, c'est la même chose qu'en France. On va pas se mentir, une douleur abdominale, on la traite de la même façon partout dans le monde, pense. Quand on a les moyens nécessaires. Et puis après, ça a été un peu l'anglais au début, parce qu'il y a du coup tout le matériel médical, fait, ils ont des noms un peu varfelus, des fois. Mais on apprend et puis on rigole en fait. Après, ce qui est vachement aussi aidant, moi à l'hôpital où je suis, j'avais... il m'avait prévu, je plus si c'était 8 ou 12 semaines d'orientation en doublons avec une infirmière à plein temps pour m'expliquer le fonctionnement. J'ai pas fait tout ça parce que vu que j'avais déjà été... j'avais déjà travaillé aux urgences depuis... pas mal de temps avant ça, se sont bien, ils ont bien vu que j'avais pas besoin de douze semaines d'orientation, donc je crois à six ou sept semaines, moi j'ai dit c'est bon tu peux me débrouiller toute seule, mais oui c'est vraiment, c'est vachement plus encadré, enfin moi j'ai fait des postes en France, on a deux ou trois jours et puis après allez, speaker-0: Parfois, c'est beaucoup. speaker-1: ⁓ oui, moi quand j'ai commencé, j'ai pris mon premier poste en France après être diplômée, j'ai pas eu de formation, on m'a dit bien et puis ça fait le boulot et la collègue avec qui je travaillais ce jour-là, c'était des petites urgences, c'était ma collègue de promos en fait, donc on était deux jeunes diplômés à gérer des urgences. C'était une petite urgence, il y avait peut-être, crois qu'on avait 12 lits, mais ça restait des urgences, on a eu des patients graves. C'était assez rigolo quand même de voir la différence en fait. speaker-0: Et du coup, ce système de doublons, le font que pour les personnes, par exemple, comme toi, qui viennent d'un autre pays ? Ou est-ce que toute infirmière, même si elle vient d'un autre service qu'elle a travaillé déjà... speaker-1: infirmière est formé au moins, il prévoit au moins huit semaines et ça fait sept ans jusqu'à douze semaines. speaker-0: D'accord et peu importe de quel service tu viens de... speaker-1: J'ai changé de service du coup au printemps dernier. J'ai arrêté de travailler aux urgences et j'ai pris un poste en salle de réveil. J'en avais un peu marre des urgences et du stress et de tout ce qui va avec. du coup, pareil, là ils m'ont reformé et j'ai eu, j'ai eu un peu moins parce que c'était le même hôpital et puis bon, c'était pas... je venais des urgences, donc je... ouais, je connaissais pas mal de choses déjà. Je crois que j'ai eu 4 semaines ou 5 semaines d'orientation pareille où j'étais en doublon et on m'a expliqué comment ça se passait, comment accueillir un patient et puis après c'est aussi le logiciel, tout ce qui doit être documenté. Donc c'est assez différent que... Oui c'est vraiment différent pour ça de la France. speaker-0: C'est tout ce qui est organisation, traçabilité, tout ça. speaker-1: Oui je pense qu'ils sont beaucoup plus... les gens les... ils font beaucoup plus de procès donc ils sont vachement carrés et clairs sur ce qu'on doit documenter. Chaque mot, que tu emploies et comment tu documents. Si il y a un problème avec un patient, ils vont bien te dire oui oui il faut absolument tout documenter de A Z. puis oui c'est assez procédurier on va dire. speaker-0: Est-ce que tu trouves ta relation avec les médecins ici différente de celle que tu avais en France ? speaker-1: Alors moi non parce que en fait j'ai travaillé aux urgences donc aux urgences c'est un travail qui est très équipe et en fait je pense que du coup l'un ne se fait pas sans l'autre. Enfin on peut pas travailler dans des urgences sans infirmière et sans médecin donc c'est vraiment une collaboration et ça je pense que quel que soit le pays ça ça change rien parce que quand on a un patient qui est malade et qui a besoin d'aide, va falloir que les deux soient là. Donc c'est vraiment un travail d'équipe. Moi j'ai vraiment des relations très professionnelles mais aussi même amicales avec les médecins parce qu'en fait on travaille tellement ensemble et pendant tellement de temps et puis des horaires à rallonge que au final ça crée des liens. Donc non, je ne pas vraiment... Je trouve pas ça vraiment différent. Et même là, maintenant que je suis en salle de réveil, j'ai beaucoup de contacts avec les chirurgiens et je trouve qu'il quand même vachement un travail d'équipe, ils viennent revoir leurs patients, il y a vraiment une bonne communication et je trouve que moi je vois pas vraiment de différence. Je trouve qu'aux États-Unis, peut-être, l'infirmière a une position un peu plus respectue... Respectée ! ! Une position un peu plus respectée que... speaker-0: Respecter. speaker-1: en France. du coup, de rien, on vient souvent nous questionner et voir ce qu'on en pense. Est-ce que tu penses qu'il faut plus, que je lui donne plus de médicaments ? Il y a pas mal de choses, trouve qu'on est beaucoup plus intégré dans les décisions par rapport aux patients. Mais après, non, au niveau relationnel, moi je vois pas une grosse différence. Après, je n'ai jamais travaillé dans des services de type chirurgie ou médecine, où tu vois beaucoup moins les médecins. Je sais pas. speaker-0: Et ta relation avec les patients, est-ce que tu la trouves différente speaker-1: Non, je pense que c'est à peu près pareil. On a des patients qui sont très sympas et d'autres qui sont horribles. Voilà après... Je pense qu'aux Etats-Unis peut-être l'infirmière a une place un peu plus importante qu'en France. Mais ça je... Je fais attention parce que je pense qu'en France il y a quand même des gens qui se rendent compte quand ils ont beaucoup de problèmes médicaux du rôle d'infirmière. C'est à dire que... speaker-0: Ça c'est universel. speaker-1: Moi je sais que j'ai fait des stages quand j'étais à l'école infirmière en cancérologie ou sur des longs séjours. Les patients ils sont hyper reconnaissants parce qu'ils se rendent bien compte que le médecin il le voit 10 minutes dans la journée et le reste de la journée c'est l'infirmière qui fait tout. oui après aux États-Unis je pense qu'on a un statut qui est quand même plus élevé qu'en France. Donc les gens sont quand même peut-être plus attentionnés dans la façon dont ils nous parlent ou comment ils nous approchent. Mais après... pense que c'est comme partout, moi je pars du principe que tu reçois ce que tu donnes. Donc si tu es gentil avec tes patients et respectueux et les traites correctement, ils sont pas méchants avec toi. speaker-0: C'est vrai. Je trouve quand même que les patients sont... Je sais pas. Et c'est sûrement parce que aussi le ratio patient-infirmier est beaucoup plus... Comment dire ? Beaucoup plus bas, comme on disait tout à l'heure. Il y a quand même cette mentalité de satisfaction. Tu ce que je dire ? speaker-1: Mais... Oui, c'est sûr qu'ils sont très dans l'évaluation post-soin. après que j'ai accouché, par exemple, on reçoit énormément d'emails, donnez-nous votre avis sur votre séjour à l'hôpital. Il y a des gens qui vous appellent après savoir comment vous allez et est-ce que vous avez été content des soins que vous avez reçus à l'hôpital. Et en fait, moi, je le sais parce que... Je suis de l'autre côté aussi en fait. Tout ça s'est renvoyé au chef de service, au médecin et nous quand on a des réunions d'équipes, ces commentaires sont lus à haute voix, que ce soit des points positifs mais aussi des points négatifs. Et ils sont vachement là-dedans parce qu'en fait c'est tout démétriques et après ça les classe au niveau de l'État, même au niveau du pays, dans les top 10 des meilleurs hôpitaux, pour telle et telle raison. Donc oui, ils sont vachement dans le retour de leurs patients. on a intérêt à faire attention à ce qu'on fait. Mais même, c'est pas... Tu vois, je te disais, moi je suis impressionnée de comme à la vitesse où on prend en charge certains patients, c'est pareil, on a des chiffres à maintenir. Si on met trop de temps à traiter nos patients, on se fait pas engueuler, mais on va dire qu'on va nous dire gentiment et... Sur les deux derniers mois, tu mets trop de temps à décharger, à renvoyer tes passures à la maison par exemple. Il faudra être à faire plus attention à ça. Il y a plein de petites choses comme ça. Quand on est en charge de... après, quand moi j'étais aux urgences, après deux ans peut-être là-bas, te... tu es pas trop mauvaise en gros, il te forme et tu deviens potentiellement être en charge certains jours. Donc c'est toi qui aiguille... qui reçoit les appels des ambulances, qui les aiguille, qui va leur dire quand tu arrives, tu es dans telle chambre. Pareil les patients qui arrivent à pied. pareil, là ils te disent, tu mets trop de temps à ramener les patients de la salle d'attente en chambre, il faut que tu sois plus attentive. Ils sont toujours en train un peu à t'évaluer en fait. speaker-0: Ça met un peu la pression speaker-1: Mais après ça t'oblige à faire ton travail correctement. Et de... enfin des fois je me dis en France on est un peu lax sur ce qu'on fait. speaker-0: C'est de toute façon aux États-Unis en règle générale, c'est une généralité que je fais, mais c'est très compétitif. speaker-1: après il a aussi pas mal de... c'est pas vraiment de la compétition mais ils vous mettent vachement à l'honneur c'est à dire qu'il aussi des prix par exemple nous aux urgences on a plein de petits pins c'est ridicule mais c'est un peu comme les bons points à l'école speaker-0: Oui mais ça motive, ça fait plaisir. speaker-1: C'est un motif, c'est à dire que voilà, a ce qu'on appelle le TPA, c'est le médicament qu'on donne sur les AVC avec occlusion pour en gros défaire les... speaker-0: qui se dissoudre dans les cailloux. speaker-1: les cailloux, voilà, je cherchais le mot en français, ils les cailloux et en gros si on donne, on administre ce médicament en dessous de 45 minutes entre le moment où le patient arrive et voilà, et ben on a un petit pin qui ressemble à un cerveau et ça veut dire parce qu'on a sauvé un cerveau et après quand on en a cinq on a un gros cerveau. Du coup c'est un peu comme voilà, ça dit bon poids, tu as une petite... speaker-0: T'as une image. speaker-1: Et puis après, a aussi tous les ans, il y a le nurse de l'année pour chaque service, médecin de l'année. Et puis au moment de la semaine de l'infirmière, au mois de mai, on peut être nominé pour les Nightingales et le nursing of excellence. Et pareil, du coup, là, il a une cérémonie avec un repas, avec les têtes hautes de l'hôpital. Et la personne qui vous a nominé a écrit une lettre qui est lue à haute voix, donc vous emmenez votre conjoint. Vous recevez un petit pot, des fleurs et un petit pinch pour vous dire que vous avez été nominé ! speaker-0: C'est chouette moi je trouve. Et alors, t'en as reçu les prix ? speaker-1: Oui, j'ai été nominée, j'ai eu ma 9 Ingle en 2024, donc deux ans. D'accord. Aux urgences. Et en fait, pour recevoir une mail, et si tu trouves ça rigolo, parce que moi j'avais aucune idée de ce que c'était, donc j'ai envoyé un screenshot à une de mes collègues, je lui disais, c'est quoi ça ? Elle me dit, oh mon Dieu ! C'est génial ! Je lui dis, ah ouais, d'accord. Donc là, je vais sur mon ordinateur, je regarde ce que c'est. Ça vient de Florence Nankingale qui était une pionnière au niveau du son infirmier et du coup ça a été écrit comme ça. Mais oui donc c'est très valorisant et en fait je trouve que c'est motivant pour ta carrière en fait parce que tu dis au final oui c'est dur, c'est pas évident tous les jours mais au final je fais pas trop de mauvais travail et en plus des gens s'en rendent compte quoi. C'est ça. speaker-0: On te voit quoi. speaker-1: C'est beaucoup, on te voit et on est... comment dire ça ? speaker-0: T'es reconnu. speaker-1: Tu as reconnu pour ce que tu fais. Oui, donc ça et puis après tu vois là maintenant ils sont... Depuis moi j'ai quitté les urgences, maintenant il a même des pins pour les traumas. tu rentres bien la documentation pour quand on des traumas qui arrivent, et ben après tu reçois des petits pins pour... qui correspondent aux organes que tu as sauvés de ton patient. Donc si c'était un trauma avec un trauma de la rate, tu vas... speaker-0: Une petite hâte, c'est... speaker-1: Et après quand t'en as un certain nombre tu retrouves un lameau sur le visant des trucs. speaker-0: Pas mal, pas mal. Et du coup, est-ce que tu envisages une spécialisation ou une évolution de carrière ? speaker-1: Sur le long terme j'aimerais bien reprendre sur quoi je ne sais pas mais du coup j'aimerais au moins récupérer un... ce qui équivaut à un bachelors de gré ici et après comme ça le jour où j'ai envie de me lancer dans quelque chose, j'ai ce qu'il faut, j'ai le bagage qu'il faut pour m'inscrire. Alors est-ce que c'est pour aller sur Nurse Practitioner et être plus autonome dans ce que je fais ? J'ai toujours été intéressée moi par être sage femme aussi. D'accord. Donc je me suis renseignée pour les écoles de sages-femmes. Après je pense que si je me lance là-dedans, faut que j'essaierais avant de faire ça, de prendre peut-être un poste en salle de naissance pour être un peu dans le milieu et je pense faciliter la transition sur une école de sages-femmes. Mais voilà, pour le moment on vient d'avoir un bébé, je pense que les deux prochaines années vont être consacrées à elle et puis après on verra sur quoi on va se lancer professionnellement. Pour le moment on va profiter un peu de bébé. speaker-0: ça passe tellement vite. ⁓ speaker-1: Peut-être que l'accès aux soins soit gratuit pour les gens. Des fois, je trouve que les gens se soignent mal parce qu'en fait, ils n'ont pas les moyens financiers pour le faire. ça, oui, enfin moi je le vois, des fois on a des diabétiques qui arrivent avec des pieds diabétiques dans des états et on leur dit mais pourquoi vous n'êtes pas venu le vendre et ils nous disent bah oui mais moi je n'ai pas les moyens d'aller voir le médecin. ça c'est peut-être une chose qui manque. Après je pense qu'on a quand même évolué là-dessus et je pense qu'il quand même un accès aux soins qui ont une fin de se faciliter et qui est couvert par... speaker-0: Il y a beaucoup d'aides qui se sont mises en place. speaker-1: Par les hôpitaux, des dons de gens qui sont faits à l'hôpital qui couvrent, bah du coup, les gens qui viennent et qui ont pas d'assurance santé. puis après, il a aussi tout ce qui est community health center où ils ont accès. Après, plus dans le rapport aux soins, je pense que moi, c'est ce qui m'interpelle tout le temps, c'est le coût en fait. Même quand tu as une assurance, il y a quelque chose de ta poche et on parle pas de... 15-20 dollars en fait, ça chiffre toujours très très vite. speaker-0: Quel conseil donnerais-tu à quelqu'un qui veut se lancer dans ces démarches et venir travailler aux États-Unis speaker-1: Ne pas baisser les bras. C'est énormément de papras, ça prend énormément de temps. C'est très frustrant parce que, des fois, ça va pas aussi vite qu'on voudrait et ça prend énormément de temps. Ça peut être vite décourageant, mais il pas baisser les bras parce qu'au final, ça fini par marcher. Et une fois que ça a marché, c'est derrière vous et c'est fini en fait. speaker-0: et par rapport au boulot en lui-même, choses auxquelles se préparer ou auxquelles s'attendre, qui peuvent peut-être, je ne pas, être compliquées au début. speaker-1: Je pense qu'il faut être préparé à dire voilà je vais être dans quelque chose de nouveau, j'oublie un peu ce que j'ai connu avant et je me prépare à reprendre plein les yeux et être prêt à me dire bah voilà je travaille comme ça, je vais apprendre à travailler en fait parce qu'on ne travaille pas de la même façon. Il y a des fois où ça va me choquer peut-être parce que du coup c'est complètement différent. Mais on s'y adapte et oui, il faut juste dire, c'est un peu à prendre un certain temps, mais il a un moment où je me sentirais confortable et dans mon élément. Parce qu'au final, de la médecine, reste déjà médecine. Et tout ce qu'on a appris en France, c'est pas pour rien. Donc oui, on travaille pas de la même façon, mais quand même, ce que je disais avant, on traite les patients de la même façon. C'est juste l'organisation qui est vraiment différente. Mais on finit par faire sa place et une fois qu'on l'a fait, c'est pour toujours en fait. Moi j'ai changé de service, ça a été hyper facile. C'était pas aussi dur de quand j'ai commencé à prendre mon premier poste aux États-Unis. Il faut vraiment pas se démotiver, il faut s'accrocher, c'est ce que j'en serrais. Ça un peu de temps, mais on finit par y arriver et une fois qu'on y est, on y est bien. speaker-0: du coup ça m'amène à ma dernière question. Si tu devais choisir uniquement pour le métier France ou USA ? speaker-1: pour métier ? Les Etats-Unis. Ce sera toujours les Etats-Unis parce que je pense que j'ai évolué professionnellement en cinq ans plus que ce que j'ai fait au fil des cinq années que j'ai travaillé en France, même un peu plus que ce c'est en France parce qu'on est... sont vachement dans la formation continue, ils essaient toujours de pousser au maximum à te former sur une nouvelle chose. ils nous forment sur plein de choses essentielles à notre travail au quotidien. Quand j'ai pris mon poste en salle de réveil, j'ai eu une formation de 18 heures sur les patients en post-op, les complications et ces formations, doit les maintenir. C'est-à-dire qu'on les a, mais elles sont valables 2, 3 ans, on doit se remettre au bout de jour et je trouve que c'est important parce qu'en fait, même s'il a des choses qu'on fait au quotidien, il a des choses qu'on oublie. et se rafraîchir en la mémoire et se remettre au goût du jour et aux nouvelles recommandations c'est important et je trouve que ça en France on fait pas assez. Même les gestes de premier secours, moi aux urgences des massages cardiaques, vais pas dire qu'on en fait toutes les semaines mais pas loin, ⁓ ben on est formé tous les deux ans on doit refaire une formation sur gestes de premier secours et après, gestes de premier secours. avancées, adultes et pédiatriques. Et à chaque fois, c'est une journée entière de formation. Et on revoit tout. Et en plus de ça, on fait régulièrement des... ce qu'ils appellent mode code, c'est des faux codes et on fait des fausses présentations de patients et après on en rediscute qu'est-ce qui été bien, qu'est-ce qui n'a pas été bien. Ça, moi, je ne l'ai jamais vu en France. non, sur ça, vraiment, ils nous forment et ils nous poussent. Et puis je trouve que l'environnement est quand même peut-être un peu plus sain. Parce que on est plus valorisé, plus tiré vers le haut et puis après on va pas se mentir, le salaire qu'on gagne aux Etats-Unis est quand même nettement plus élevé qu'en France et du coup je pense qu'on est quand même payé plus à notre juste valeur. Donc oui, le boulot d'infirmière c'est dur mais quand vous avez un salaire qui suit derrière... que c'est quand même plus facile à vivre au quotidien que se dire... ben moi quand j'ai quitté la France ça faisait quand même sept ans que j'étais infirmière. gagnais pas tout à fait deux mille euros. Actuellement je fais deux fois ça toutes les deux semaines. Oui. speaker-0: y a un mauvais côté à ce système de santé cher, mais en même temps c'est le bon côté aussi, c'est qu'il a les moyens et du coup il a les moyens non seulement de payer le personnel de santé, il y a les moyens du coup de reconnaître comme il faut le personnel de santé et de leur donner envie en fait d'être meilleur. speaker-1: Mais même là tu vois, moi, il a des prix, des sortes de... Ils appellent ça une clinical ladder. En fait, tu dois justifier d'une éducation continue tout au long de ton année. Et à la fin, tu dois justifier les incertaines heures de ce que tu as fait. Tu fais une sorte de petite présentation. C'est vérifier. Ici, c'est validé par... ou gradé, on va dire. Tu reçois un prix et de l'argent. speaker-0: D'accord. speaker-1: Et en gros, on te paye pour te former en fait. On te donne une prime pour te former sur quelque chose qui va t'intéresser. Après, il faut avoir un minimum d'expérience à l'hôpital, au minimum d'un an. Et après, faut juste, voilà, tu justifies de j'ai fait 20 heures de formation sur ça. Ce n'est pas obligatoire pour mon service, c'est un plus pour le service. Et tu mets tous tes titres de documents qui prouvent que tu bien fait la formation. puis après, tu te dis oui, vous avez... la semaine prochaine on est convoqué, a un petit cérémonie et puis on a encore un pins et puis là par contre ils vous donnent un chèque speaker-0: dans cette logique de motivés. speaker-1: Ça motive à faire des formations. Moi j'ai fait une formation là l'année dernière, il y a deux ans, c'était pour former sur l'équipe pour les agressions sexuelles. C'est les infirmières qui les font aux États-Unis. j'ai fait ça. C'était hyper intéressant. C'était six semaines de formation, pas tous les jours, mais j'y allais une à deux fois par semaine. Et après l'année dernière, j'ai fait une autre formation. en plus de ça, la plupart du temps, il doit rembourser les formations. speaker-0: Ils te remboursent et ils te payent. speaker-1: Donc après voilà, même si j'enlève mon mari, mes enfants, je pense que le fait que d'avoir un salaire à cette hauteur, ça te permet aussi d'avoir un train de vie qui est différent et d'une qualité de vie qui est différente. Donc même si on enlève... il y a plein de choses en fait qui rentrent dans le fait que être infirmaire aux États-Unis, oui c'est l'hôpital mais après c'est aussi tout ce que ça vous apporte. professionnellement et personnellement. speaker-0: Donc aucun regret. speaker-1: Non, pas du tout. speaker-0: Merci d'avoir écouté Imported Nurse. Si tu as aimé cet épisode, n'hésite pas à le partager autour de toi et à me le faire savoir en laissant en avis sur ta plateforme d'écoute. Pense aussi à t'abonner au podcast pour ne pas louper les témoignages de mes prochains invités. À très vite !