Claire Speaks: Le métier infirmier aux Etats-Unis, à quoi ressemble-t-il vraiment ? Et surtout, qu'est-ce que ça implique concrètement quand on est infirmier formé en France ou ailleurs ? Tu écoutes Imported Nurse, je m'appelle Claire Spix, je suis infirmière française installée aux USA depuis plus d'une décennie et depuis 2013, j'accompagne des infirmiers internationaux dans leurs démarches de reconnaissance de diplôme. Dans ce podcast, je donne la parole à des infirmiers francophones, souvent d'anciens clients, qui ont choisi d'exercer aux États-Unis. À travers des témoignages parfois similaires, parfois très différents, on parle des démarches, de l'adaptation et surtout de la réalité du métier infirmier ici. Bonne écoute ! Dans cet épisode, je reçois Sophie, infirmière anesthésiste française, qui a choisi de s'installer aux États-Unis après avoir remporté la Loterie de la carte verte avec son mari. Elle nous raconte les différentes étapes de cette aventure, leur arrivée en Floride, mais aussi ce que représente le fait de ne pas pouvoir exercer sa spécialité d'infirmière anesthésiste aux USA, le diplôme français n'y étant pas reconnu. Nous parlons également de recherche d'emploi, de salaire, de reconnaissance de l'expérience professionnelle acquise à l'étranger. ainsi que des premiers mois, parfois bien plus difficiles qu'on imagine. Comme toujours, c'est un témoignage sincère qui rappelle que derrière chaque projet d'expatriation se cachent aussi des doutes, des défis et de belles réussites. Bonjour Sophie. Bonjour Claire. Parle-nous un petit peu de toi pour commencer. Où est-ce que tu as fait tes études ? J'ai fait mes études dans ma ville d'origine qui est Nantes. D'accord. J'ai fait l'école d'infirmière donc à Nantes de promotion 2011 à 2014. Diplômée de mon école d'infirmière en 2014. D'accord. Et ensuite tu as continué tes études ? J'ai d'abord exercé quelques années. En réanimation, j'ai exercé 4 ans et demi, 5 ans en réanimation, donc de la réanimation chirurgicale principalement. Et ensuite, j'ai fait la formation à l'école d'infirmière anesthésiste pour devenir IAD. Donc j'ai repris deux ans de formation pour avoir un diplôme d'infirmière anesthésiste qui correspond à un un grade master. D'accord. Et donc ça, c'était... entre 2019 et 2021. Ok. Et du coup, raconte-nous un petit peu. Comment est-ce que tu es arrivée aux États-Unis ? Alors j'ai envie de dire par hasard, mais le hasard, l'a un petit peu provoqué quand même. Je dis on parce que c'était un projet à deux avec mon mari. On a toujours été fan des États-Unis. C'était un peu... voilà, un peu tueux de dire ça, mais on a toujours adoré voyager aux États-Unis. et on avait des amis qui vivaient là-bas depuis quelques années et on s'amusait à s'inscrire à la loterie de la green card tous les ans en même temps que nos amis. Et donc le hasard nous a fait chanceux et mon mari a été tiré au sort à la loterie de la green card en 2022. Et donc ça nous est tombé dessus comme ça, on n'y croyait vraiment pas du tout. on a processé un petit peu le... l'info et on a décidé de saisir de saisir cette chance même si on était déjà bien établi en France on avait chacun et ben un travail un travail bien bien installé une maison on avait nos petites vies déjà assez bien tracées en France et puis finalement on a décidé de saisir cette opportunité et puis on est parti en 2023 aux Etats-Unis donc avec avec cette green card Il s'est passé quand même quasiment un an de process administratif avec l'immigration, période pendant laquelle j'ai également pu préparer mes équivalences de diplôme infirmier. Et donc on est arrivés aux États-Unis en 2023 avec cette connequinade. Et du coup, j'allais te demander justement par rapport à tout ce qui est paperasse pour la Loterie de la carte verte, s'est passé comment exactement au niveau au niveau timeline, etc. à partir du moment où vous avez su que ton mari avait été tiré au sort ? Il s'est passé une bonne année, c'était beaucoup plus long que ce qu'on pensait. Déjà, quand tu es tiré au sort, tu as un numéro de dossier et ton numéro de dossier correspond à une position dans une liste d'attente, dans une file d'attente. Et ils appellent les numéros, ils donnent des rendez-vous à l'ambassade. à l'ambassade de ton pays, donc nous c'était l'ambassade à Paris, ils t'appellent et ils te convoquent pour un rendez-vous en fonction de ton numéro de dossier. Donc nous on était 20 000 et quelques si je me souviens bien. Donc on n'était même pas sûrs que dans l'année entre le moment où on a été tiré au sort et la noterie suivante, est-ce qu'ils nous appelleraient pour nous donner un rendez-vous, on en était pas certain, certain. Donc on était vraiment dans l'attente. Finalement, on a été appelé pour un rendez-vous à l'ambassade au mois d'avril suivant, donc de l'année suivante. On a eu la réponse au mois de mai et on a eu notre rendez-vous à l'ambassade de Paris. Donc 11 mois après. D'accord. Et donc rendez-vous à l'ambassade, il faut apporter tous les justificatifs, d'identité, de casier judiciaire, d'éducation, tous les diplômes. vraiment avoir tout fait traduire. On a eu le temps de préparer notre dossier, c'est l'avantage d'avoir eu à attendre 11 mois. Il faut également passer une visite avec un médecin agréé par l'ambassade. Donc il y en a deux à Paris qui sont juste à côté de l'ambassade, ils font que ça. Il faut passer une visite avec passer une radio des poumons, une prise de sang, des choses comme ça. C'est historique dans les procédures d'immigration. américaine c'est pour être sûr que tu rapporte pas au pays la tuberculose ou des choses comme ça. Donc on a tout fait la même journée. On s'était organisé pour faire une journée à Paris où on avait fait la visite médicale et ensuite le rendez-vous à l'ambassade avec les compte rendus de visite médicale. Et ensuite, suite à ça, on a eu notre notre green card temporaire qui un visa en fait sur le passeport de délivrer au mois de juin. de cette même année, 2023, donc un peu plus d'un mois après. Et il a fallu aller physiquement aux États-Unis pour activer ce visa émigration, cette green card. Et ensuite, on a reçu par la poste la vraie green card. Je par la poste, c'était par un système sécurisé par FedEx via notre avocate en émigration et tout ça. On l'a reçu dans le courant de l'été. Et on est venu s'installer aux États-Unis ensuite, après avoir passé la frontière une première fois pour activer la Cranguard. On avait encore pas mal de choses à régler en France par rapport à nos boulots, par rapport à la maison et tout ça. Donc on a fait un petit voyage l'été 2023 et puis on est vraiment parti le 1er décembre 2023. Et on est allé à Miami. Ok, donc en fait vous étiez sûre vraiment... que ce projet allait se mettre en place qu'à partir du moment où vous aviez une date d'interview ? Oui, pour la partie migration. Après, on a toujours fonctionné par étape parce qu'au-delà de la partie migration, il y avait la partie équivalence professionnelle. Et donc, on a toujours avancé par étape en se disant, déjà, va... essayer d'avoir nos équivalences, va y passer quelques temps, va voir si ça nous plaît. donc on s'est jamais dit au moment où on est parti, on part pour toujours, on va faire notre vie là-bas. On voyait ça plutôt comme une expérience à durée indéterminée sans qu'il ait rien de gravé dans le mar, sans qu'il ait rien de vraiment définitif. Et je pense que cette façon qu'on a eu et qu'on a toujours... de considérer les choses, c'est un peu pour se protéger peut-être quelque part parce que ça donne le vertige sinon de prendre des décisions de vie comme ça pour de tels changements. Aussi bien pour nous que pour nos proches, c'est presque difficile à accepter, c'est super engageant. Donc on s'est toujours dit, on y va par étape et ce qui vaut pour aujourd'hui et les semaines à venir, peut-être que dans cinq ans ou dans dix ans, ce sera... ce sera plus d'actualité, ce sera autre chose. Donc voilà, pour ne se mettre trop de pression, on s'est toujours dit qu'on naviguait un petit peu à vue et c'est comme ça qu'on entreprend le plus de choses au final. Donc du coup, si je me rappelle bien, vous êtes arrivé à passer ton NCLEX une fois aux USA, on est d'accord ? Oui. J'étais déjà aux États-Unis, je m'étais laissée les deux premiers mois en arrivant aux États-Unis pour passer le Henklex, pour le préparer et le passer. Et grâce aux ressources très précieuses que tu m'avais fournies, j'ai révisé de façon assez intensive pendant un mois, peut-être un mois et demi. Mais moins que ça, je crois, parce que moi je me rappelle que tu m'as dit que je vais passer mon Henklex après trois semaines. Oui c'est vrai. C'est ça, ouais. Non mais t'as raison, c'est mon mari qui m'a dit sur les examens blancs, tu fais des bons résultats, vas-y tente-le même si t'es pas arrivé au bout du temps que tu t'es prévu. Tu peux tout à fait essayer un coup comme ça pour du beurre. Et l'avantage c'est que j'étais à Miami donc il y avait plein de centres d'examens avec des dates un peu tous les jours. Et oui, ça me revient maintenant. Et un soir à 22 heures, je vais terminer mon examen blanc. Et donc à 22 heures, j'ai regardé le lendemain s'il y avait des créneaux pour passer l'examen autour de chez moi. J'ai trouvé un rendez-vous à 9 heures le lendemain matin et donc on est allé avec mon mari. Il m'a déposé. J'ai passé l'examen et puis voilà, c'est ça. Finalement, je l'ai eu. plus rapidement que plus... Oui, plus rapidement. Mais c'est rigolo parce que... ça fait aussi sens. c'est vrai que tous mes clients qui sont infirmiers à NES, ils le passent plus rapidement. Ouais bah l'école d'Iode, elle était pas si loin que ça pour moi parce que je suis sortie en 2021 donc au final ça faisait peut-être un peu plus de deux ans que j'étais sortie de l'école donc les mécanismes d'apprentissage étaient peut-être encore un petit peu frais. Il y a une base en socle de connaissance, en physiologie et en pharmacologie aussi qui aide indéniablement et donc ça a été assez assez rapidement. Je pense que tu as battu le record de la langue le plus rapide entre le moment que tu as démarré tes études. Mais j'ai bien aimé. Oui c'est intéressant. Je pas si t'as beaucoup de clients qui te disent ça. Moi j'ai adoré cette période-là, j'aimais bien. Ouais c'est très stressant mais réviser le NCLEX en général les gens préfèrent plutôt que réviser le test d'anglais et moi c'était pareil le test d'anglais ça me sauvait. Ouais c'est vrai. Mais le NCLEX... et ça nous intéresse forcément. C'est intéressant et puis sous forme de questions-réponses et tout, c'est intéressant. C'est du concret, c'est challengeant, c'est stimulant et à tous ceux avec qui ça peut faire peur, au final j'ai envie de dire, allez-y, c'est pas infaisable du tout. Ou j'allais te dire finalement, tu ne l'as pas du tout trouvé compliqué le texte. Non, ça va. Alors il y avait quand même des choses, des questions, des choses qu'on demanderait jamais en France, des questions qui sont très redondantes, qui reviennent vraiment très souvent, auxquelles je n'ai jamais été confrontée dans un seul examen, que ce soit à l'école d'infirmière ou à l'école d'anesthésie après. Énormément de questions types, mais quand on les a fait une fois, deux fois, dix fois, on comprend un peu la mécanique et ce qu'ils veulent essayer de nous faire dire. qui veulent nous amener à penser. C'est très souvent en termes de sécurité du patient, priorisation des urgences, des tâches qu'on a à faire en tant qu'infirmière dans un service. Et il suffit de comprendre comment ils pensent. Et sur ces questions-là, après, on se fait plus avoir. Et c'est assez déterminant, parce qu'il a quand même beaucoup de questions qui sont construites comme ça au NCLEX. Et du coup, une fois que tu eu ton NCLEX, comment ça s'est passé pour ta recherche de travail ? Tu as commencé tout de suite à chercher du travail ? Oui. On a déménagé, on avait passé les deux premiers mois de notre aventure à Miami pour que je puisse passer le NCLEX. Et ensuite, notre idée, c'était de s'éloigner un peu de Miami pour aller dans un coin un peu plus calme. Donc on est parti à à peu près une heure de Miami, dans le comté de Palm Beach. Et là, il y avait plein d'hôpitaux. population assez âgée dans le sud de la Floride, donc beaucoup d'hôpitaux, beaucoup de besoins en personnel soignant. Donc j'ai postulé un petit peu partout autour de chez nous dans le comté de Palm Beach, principalement pour des postes en salle de réveil, ce qu'ils appellent Pachew ici. C'est l'équivalent de la salle de réveil française. post-anesthesia care unit et je me disais que c'est ce qui allait se rapprocher un peu plus de ce que je connaissais en France parce que c'est dans le contexte de l'anesthésie, restait un peu dans le parcours patient-anesthésie. J'ai hésité aussi avec la réanimation, retourner en réanimation mais en fait je me sentais pas encore assez en confiance pour travailler en réanimation, pas par rapport à mes capacités cliniques et tout ça, c'était plus par rapport à la barrière de la langue. Parce que, en réanimation, on a affaire à des situations qui peuvent être dramatiques pour les patients, pour leur famille. Et on a quand même un rôle en tant qu'infirmière de réassurance, d'explication, d'accompagnement des familles. Et je me sentais pas encore assez... assez bonne en anglais pour avoir ce rôle-là auprès des patients et de leur famille. Maintenant avec du recul, c'est peut-être complètement une barrière que je me suis mise. Je pense que ça se serait tout à fait fait, surtout qu'au final, en paquiu, en salle de réveil, j'avais aussi énormément, énormément de choses à expliquer aux patients et à leur famille, énormément d'éducation à faire. Alors même si c'était pas dans la réassurance... tout ça comme c'était pas des situations difficiles et dramatiques comme en réanimation, il y a quand même une énorme responsabilité d'éducation thérapeutique en salle de réveil, enfin en PACU aux États-Unis. les deux ça se serait très bien fait. Voilà, j'ai été assez rapide à trouver du travail aussi. Il s'était peut-être passé trois semaines, quelque chose comme ça. Entre le moment où j'ai envoyé mon CV à plusieurs hôpitaux, où j'ai répondu à plusieurs annonces sur Indeed, j'ai eu trois ou quatre entretiens et au final c'est le premier que j'ai passé, celui auquel j'étais allée en me disant non mais ils sont à une demi-heure de chez moi, j'ai des entretiens pour des hôpitaux bien plus proches, lui j'y vais ça va être un échauffement un coup pour... un coup pour du beurre et puis mais j'en ferais rien du tout. Et au final, c'est eux qui m'ont fait une offre directement à la fin de l'entretien avec un salaire tout à fait correct. Ils prenaient en compte mon ancienneté en France, mes années d'expérience en France. D'accord. Ils m'ont proposé même un meilleur salaire, meilleur salaire que les suivants que j'ai passés. Suivants que j'ai passés, d'ailleurs, qui m'ont pas vraiment respecté, qui m'ont dit oui, mais votre expérience... votre expérience de 10 ans, n'était pas aux États-Unis, donc ça compte pas vraiment, donc on vous propose un salaire d'infirmière débutante ici. Donc au final, j'ai préféré faire un petit peu plus de route et accepter la proposition que j'avais eue au premier entretien. Donc plutôt rapide pour trouver du travail. Après, qui a prié encore quelques semaines, c'est toute la procédure d'embauche, de on-boarding, comme ils appellent ça, qui est très très rigoureuse aux États-Unis. J'avais jamais fait ça parce que je travaillais en France dans l'hôpital de ma ville, où j'avais fait mes études, où j'avais fait mes stages. Donc j'avais, pour ainsi dire, jamais eu à passer d'entretien d'embauche. Et même la procédure après, en France, c'est assez... Il n'y a pas trop de vérification des antécédents, tout ça. Ici, j'ai été assez surprise. de la rigueur, ils vérifient tous les antécédents judiciaires, ils ont contacté mes cadres, mes anciennes cadres en France pour s'assurer de mes références, de mes compétences, de savoir si ce que j'affirmais sur mon CV était vrai. Et aussi, j'ai dû passer un test, un dépistage de drogue dans un laboratoire partenaire de l'hôpital agréé et ça c'est obligatoire pour tous les professionnels. de santé aux États-Unis mais j'avais jamais eu à faire ça en France. un petit peu surprise mais c'était le process pour pouvoir venir travailler dans un hôpital américain. D'accord. Et du coup par rapport à la différence de salaire qu'ils t'ont proposé entre ceux qui reprenaient ton ancienneté et ceux qui prenaient pas. Qu'est-ce qu'on te proposait là où on reprenait tes 10 ans et qu'est-ce qu'on te proposait là où on ne les reprenait pas Il y avait une différence de 25 % au tarif horaire. Ah oui, la vache ? 25 % au tarif horaire, oui. Disons, je peux même te donner les chiffres. J'ai bien compris qu'ici aux États-Unis, les chiffres, quand on parle d'argent, ce n'est pas un tabou contrairement à C'est pas un tabou. Et c'est à mettre en perspective parce que c'est dans l'état de Floride, dans un certain hôpital et tout, ce serait complètement différent ailleurs en Floride et ailleurs aux États-Unis. ils me proposaient 43 dollars de l'heure, là où j'ai été, l'offre que j'ai acceptée. D'accord. Les autres hôpitaux, ils étaient plutôt entre 30 et 33 dollars de l'heure. 32 dollars de l'heure. fait quand même une sacrée différence. Moi, 35 dollars de l'heure, donc oui, il y avait 25 % de différence quand même. Et pareil au niveau des gardes, parce qu'il y a un système d'astreinte en salle de réveil pour les urgences sur les... les patients qui doivent se faire opérer les nuits et les week-ends et pareil les heures supplémentaires étaient moins bien payées donc voilà j'ai été au plus au franc tout simplement. Et du coup en termes de qualité de vie parce que bon c'est en fonction de l'état outé les salaires sont différents aussi parce que la vie est plus ou moins chère. La outé j'imagine que la coûte quand même assez coûte cher. Chère. Donc par rapport à la qualité de vie Là où t'es versus en France avec le salaire que t'avais en France ? Quelle est la différence ? Est-ce que tu es quand même dans une meilleure qualité là où tu es maintenant ? Ou est-ce que ça s'équivaut à peu près ? Je trouve que j'ai une meilleure qualité de vie ici aux États-Unis qu'en France. Quand bien même en France, j'étais infirmière à anesthésie, j'étais dans le public, donc avec des salaires très... qui rentrent dans des grilles de la fonction publique. je trouve que même si la vie est plus chère aux États-Unis, j'étais mieux payée. Après, c'est à mettre en perspective aussi parce que déjà, on est deux, que ce soit en France ou aux États-Unis. Donc on fonctionne à deux avec mon mari. bien sûr, être seule sur un salaire, que ce soit en France ou aux États-Unis, n'est pas du tout pareil. Et puis il y a tous les avantages sociaux qu'il en France qu'il a pas aux États-Unis. C'est-à-dire que mon salaire d'infirmière de soins généraux aux États-Unis était quasiment à temps plein, trois fois supérieur au salaire que j'avais comme infirmière anesthésiste en France dans le public. Mais ça s'inscrit dans un système social qui est profondément différent. C'est-à-dire qu'aux États-Unis, on n'a pas autant de congés payés qu'en France. Il n'y a quasiment aucune protection sociale. Le concept d'arrêt de travail quand on est malade, on ne pas venir travailler, ça n'existe pas. C'est à l'employé, à toi de poser ce qui s'appelle un sick day, enfin de poser en gros un jour de congé si tu veux être payé. en sachant que les jours de congé, en général, les jours de congé payés, c'est trois semaines à peu près, un peu plus quand on a de l'ancienneté, mais en général les premières années, c'est ça. Donc c'est à mettre en perspective parce que oui, le salaire est beaucoup plus important aux États-Unis qu'il ne l'est en France avec très peu de différences entre le brut et le net. Mais en France, il y a une énorme différence entre le brut et le net, des salaires qui sont moindres, mais parce qu'il y a un système social à financer, une protection sociale assez énorme et qui est même pour les Américains ici, c'est presque... Une fiction, c'est inconcevable pour eux quand je leur parle du nombre de semaines de jour de congé payé, du concept d'arrêt de travail signé par un médecin, quand tu peux pas venir travailler et tout, pour eux c'est un délire. Qu'est-ce qui était le plus difficile quand tu as pris ton premier poste ? Numéro un, le plus difficile, c'est sans aucun doute la barrière de la langue. Même si j'avais passé le TOEFL, réussie du premier coup avec un score pas si mauvais que ça par rapport à ce qui était exigé en fluoride. J'ai eu dans les... sais plus, 80... J'ai dû avoir 93 ou 94, quelque chose comme ça, et il fallait 75. C'est bien, Pour la fluoride. Oui. Voilà, donc c'était pas si mal que ça. J'avais choisi aussi la fluoride en me disant que 75, c'était un des états qui demandait le score le plus bas au TOEFL. je m'étais dit, bon ben on va... Cet état, c'est très bien, il a le soleil, pas trop de dégâts de genres avec la France, on connaissait déjà, et en plus des scores au TOEFL relativement exigés, relativement bas. Et au final, me suis quand pris une grosse claque quand j'ai commencé à travailler, parce que c'est beaucoup plus difficile dans la vraie vie que tout ce qu'on peut... Voir la lecture, quand on est exposé à l'anglais depuis la France en regardant des séries, en regardant des films, en lisant sur internet, en écoutant des podcasts, tout ça. Dans la vraie vie, déjà, il a pas de sous-titres. Il y a du jargon professionnel. Du jargon professionnel, les noms des dispositifs médicaux, les noms des médicaments, les abréviations, énormément d'abréviations. Tout ça, ne connaissais pas malgré les révisions du Enflex. Tout ce qui est propre à un service, les marques, tout ça, ça n'existe pas au NCLEX. Donc vraiment, je rencontrais des mots pour la première fois. Et en plus, j'étais en salle de réveil, un environnement très bruyant, tout monde avait un masque. Donc ça aussi, c'est des facteurs qui font que c'est difficile de comprendre les gens. Et la fleurie, c'est un état qui est très, très international. Déjà, c'est le sud des États-Unis, donc un accent assez... assez présent, assez marqué, et un état, un endroit qui est très cosmopolite, très international. Donc on est confronté à des accents qu'on n'a jamais entendus. Des gens tout comme moi qui parlent un anglais qui n'est pas du tout parfait. Et donc c'est pas l'anglais qu'on entend dans des séries ou dans des podcasts, où parfois on se retrouve à comprendre la moitié de ce qui se dit. Et du coup, au début, a été vraiment très, très dur parce que je me trouvais plutôt à l'aise en anglais et au final, pas du tout. Donc c'était difficile, la réalité du terrain, premières semaines, ça a été dur. Est-ce que tu as eu des moments de doute où tu t'es dit non, je n'ai pas envie, je ne pas continuer ? Oui, je crois honnêtement, bon, je n'en vois vraiment pas du tout du rêve, mais les premières semaines, je dirais, je crois les deux premiers mois, je crois que je rentrais avec l'idée de démissionner presque tous les soirs ou un soir sur deux, avec l'idée d'arrêter, de tout plaquer, de retourner en France, dans mon bloc, où j'étais en maîtrise, où j'avais pas la barrière de la langue, où j'avais pas 10 000 trucs à apprendre, où j'avais une forme d'insouciance dans mon exercice professionnel. Donc, les deux premiers mois, beaucoup de remises en question tous les jours. des larmes parfois parce que j'en pouvais plus quoi. me disais mais qu'est-ce que j'ai fait quoi ? Qu'est-ce qu'on a fait ? Et puis au final, on s'habitue à tout. Et puis ça s'est déverrouillé à force de pratiquer, d'y être tous les jours. Et aussi grâce à une équipe que j'avais, mon équipe était formidable. Même si c'était difficile, j'ai quand même été super bien accueilli et mon équipe de... de collègues en salle de réveil, elles n'ont jamais été jugeantes parce que je comprenais pas, elles n'ont jamais été surprises de devoir répéter parce que je les faisais répéter. Vraiment, j'ai eu un accueil très chaleureux, beaucoup de bienveillance et ça, a quand même largement facilité mon intégration. Hyper souvent, je me suis dit, mais si j'étais arrivée en France dans mon hôpital avec le niveau d'anglais que j'ai, j'aurais été regardée comme un alien, ce serait dit. mais c'est qui celle-là, alors que j'ai jamais eu aux États-Unis, j'ai jamais eu un regard de travers, jamais eu quelqu'un de dénigrant ou dédaigneux et en ça, j'ai été très agréablement surprise et ça m'a aidé à vraiment tenir le cap et au final à m'habituer. J'ai eu aussi beaucoup de doublures pour ces hôpitaux dans lesquels j'ai atterri. Ils m'ont payé en fonction de mon ancienneté, mais ils m'ont offert une période de doublure, ce qu'ils appellent orientation, comme si j'étais une novice, parce que ils faisaient confiance en mon expertise clinique et tout ça, mais ils étaient conscients que le système de santé américain est différent. ce qui se passe sur l'ordinateur, donc énormément de choses aux États-Unis, tout ce qui est les workflows, le charting, toute la... documentation qui est très exigeante et très rigoureuse aux États-Unis. Ils savaient que pour moi c'était complètement nouveau. ils m'ont doublée plusieurs semaines et je me dis heureusement. Heureusement parce que ça aurait été très difficile. J'ai eu six semaines de doublure. D'accord. Six semaines de doublure. en sachant que les dernières semaines, je m'occupais quand même des patients et tout ça évidemment, mais j'avais toujours quelqu'un à côté de moi. pour pouvoir poser mes questions sur l'administratif, sur l'ordinateur et tout ça, parce que c'était la majorité de mes questions, en fait, c'était à chaque fois, c'était ça. C'était toutes ces choses nouvelles, qu'un patient qui se réveille d'une chirurgie, ça, c'est la même chose, la physiologie est la même en France qu'aux États-Unis. Les cas des patients, les patients eux-mêmes, c'était pas trop ça le souci, c'était plutôt tout à côté, en fait. Donc t'avais en fait un peu ce filier de sécurité à côté de toi pour des questions ? Et ouais, c'était très rassurant. Et au final, elles l'ont même, je pense, j'ai toujours posé énormément de questions en me disant, dans le doute, pas de doute, je peux jamais rester avec un doute et ne pas faire les choses bien. peut-être qu'au final ça a été interprété. Alors au début, elles ont compris que vraiment je débarquais d'un autre pays et au fur et mesure mes questions ont peut-être été interprétées plus comme quelqu'un de rigoureux qui veut bien faire, tout ça. Donc ça se passait bien mais j'ai eu des retours très positifs de mes supérieurs au bout de quelques semaines, des managers, des charge-nerves. Donc ça aussi, ça m'a donné confiance et je me suis dit, bon, en fait, je passe peut-être pas complètement pour... Pour une débile, mes questions sont justifiées et visiblement, elles préfèrent que je pose des questions plutôt que je fasse les choses pas complètement bien ou de manière un peu approximative. c'est aussi ça qui m'a aidé à prendre confiance en moi et me sentir mieux. Au bout de quelques semaines, quelques mois, j'avais des retours hyper positifs aux évaluations de parcours avec les managers. Donc après, roulait. On a fait des allers-retours entre la France et les États-Unis. J'ai dû quitter mon poste après quasiment un an pour repasser quelques mois en France. Et là, je retourne travailler dans le même hôpital, dans la même équipe. voulaient me reprendre. Déjà quand je suis partie, elle disait « si tu reviens, recontacte-nous, on sera toujours heureux de te reprendre ». Ce que j'ai fait quand on est revenu aux États-Unis assez récemment, je les ai… recontacter, et elles m'ont direct repris en disant on est trop content que tu reviennes », donc ça fait plaisir. Je repense aux premières semaines où j'étais au fond du saut, où je ne comprenais rien, je me disais « mais je vais jamais m'en sortir ». Au final, si, j'ai réussi à m'en sortir et ils étaient chauds pour me reprendre, ça fait plaisir. Ouais, c'est clair. Non mais c'est vrai. J'ai fait le job. c'est que j'ai fait le job au final. Donc du coup, tu disais en soi, bon, la prise en charge des patients, ça on sait. les soins infirmiers, c'est des soins infirmiers un peu partout, de toute façon. L'administratif a été très différent pour toi et au niveau de ta relation avec les médecins. Est-ce que tu as vu des différences ? Est-ce que, pareil, ils t'ont bien accueilli ? Oui, j'ai vu des différences. Alors, est-ce que des différences que je nuancerais quand même, que je pondererais parce qu'en France, j'étais dans le public et là, c'est un hôpital privé. Donc il y a peut-être un petit peu de ça. Je n'ai jamais travaillé dans le privé en France, mais ici, les médecins aux États-Unis, ne les appelle pas par leur prénom, c'est docteur. Alors qu'en France, les médecins du service, on est une équipe. Et je trouve qu'il a beaucoup plus de distance aux États-Unis, les médecins. Alors tu vois, moi, je n'ai travaillé que dans le privé en France. Je n'ai jamais appelé un médecin par son prénom, par contre. Ouais donc c'est donc une différence qui est peut-être due aussi privée versus publique et pas que France versus États-Unis. Peut-être ouais, peut-être. Ouais dans l'hôpital où j'étais, les services où j'étais, les réas et blocs, les médecins on les tutoie et on les appelle par leur prénom, on est une équipe alors que en anglais il n'y a pas le vouvoiement ou tutoiement mais du fait qu'on les appelle docteurs... Je suis sûre que s'il y avait vouvoiement ou tutoiement, on les vouvoirait. Et ils sont aussi moins présents, beaucoup moins présents que dans les services en France. On les a souvent par téléphone et ils se déplacent au final assez rarement. Ils vont se déplacer quand vraiment on leur demande de voir le patient, quand vraiment ça ne pas. Sinon c'est un appel téléphonique, une prescription par téléphone. voilà. occupés au bloc opératoire, ils nous font les prescriptions par téléphone quand on leur demande des choses et ils se déplacent que vraiment aussi le patient va pas bien. Est-ce qu'il quelque chose à l'inverse où tu as été tout de suite à l'aise, des choses qui t'ont vraiment pas du tout parues différentes, qui étaient presque naturelles, où tu n'as pas eu besoin de t'adapter ? Je dirais... Le premier truc qui me vient à l'esprit, c'est la prise en charge des patients vraiment sur le plan de l'analgésie. ce qui est l'analgésie, le réveil après anesthésie, après une chirurgie, tout ça, c'était très naturel pour moi, être capable d'évaluer un patient, savoir s'il est grave ou pas. Heureusement que j'avais ce socle de... connaissances et de jugements cliniques, on va dire, pour me reposer et m'appuyer là-dessus parce que c'était le seul truc que je maîtrisais, le seul truc sur lequel je pouvais vraiment m'appuyer. ça, a été facilitateur et je dirais ça. Et en termes de ratio patients-infirmiers en salle de réveil, aux USA, France, est-ce que tu Très différent. Ouais. très différent de la France parce que quand je faisais du réveil en France, pouvait avoir 4 à 5 patients facilement, alors qu'ici c'est strictement 1 à 2 patients par infirmière. Du moins quand on est en phase 1, ce qu'ils appellent phase 1, c'est vraiment quand le patient sort, il se réveille tout juste, il peut avoir encore une canule de Guedel, il n'est pas encore parfaitement autonome au niveau des points respiratoires. Donc à ce moment-là, c'est vraiment un seul patient. Et quand le patient commence à être un petit peu plus réveillé, qu'il est capable de parler, tout ça, là, peut en avoir un deuxième, patient un peu plus léger d'ambulatoire. Donc c'est un à deux patients stricts. D'une part parce que ça peut paraître très léger. Du coup, se dit, venant de France, un à deux patients, mais c'est tranquille, du coup, la salle de réveil. Alors c'est à mettre en... en perspective parce que déjà il n'y avait pas d'aide soignante en salle de réveil. c'est vraiment à nous en tant qu'infirmières de gérer la surveillance clinique, la gestion de la douleur post-opératoire, les soins d'hygiène et de confort, les premières mobilisations seules, accompagner les patients aux toilettes, les aider à se réhabiller, les aider pour la réalimentation et faire toute l'éducation post-opératoire du patient et de sa famille. Tout ça sur un laps de temps assez court. Donc en fait, on est qu'avec un seul patient à la fois, mais heureusement, vu tout ce qu'on a à faire auprès du patient. Ce n'est pas du comme la salle de réveil en France où le patient, le réveille, on s'assure qu'il n'est pas mal, on s'assure qu'il est bien réveillé, qui répond bien aux critères d'autonomie des voies respiratoires et d'autres paramètres physiologiques avant de le renvoyer dans le service, soit dans le service d'hospitalisation, soit dans le service de chirurgie ambulatoire. Et c'est l'équipe de chirurgie ambulatoire qui va organiser. la sortie, la réalimentation, toutes ces choses-là. Aux Etats-Unis, c'est organisé vraiment en parcours patient, c'est-à-dire qu'il a une zone préopératoire où le patient est accueilli le matin, ensuite il passe au bloc et ensuite il passe en pack-you. Mais pack-you, fait, je dirais, deux en un. Ça fait salle de réveil et service ambulatoire en même temps. Le patient va être là jusqu'à ce qu'il rentre chez lui. ou jusqu'à ce qu'ils soient renvoyés dans un service de soins dans les étages. Ça, ce type de patient, ça ressemble un petit peu plus à ce que je connaissais de France. vraiment, devoir en salle de réveil faire rentrer la famille, aider le patient à se réhabiller, faire les papiers de sortie et tout ça, j'avais jamais fait ça en France. Parce qu'en France, dès que le patient est réveillé, il se sent à peu près bien, il retourne dans le service de chère ambulatoire. Donc ça, c'était très différent. J'ai eu l'impression d'apprendre un nouveau métier parce que c'est une approche beaucoup plus globale sur un temps court. donc, ça explique le fait qu'il y a tellement de choses à faire auprès de ce patient-là que ça explique qu'on seulement un à deux patients à la fois. Les exigences en termes de documentation. sont beaucoup plus rigoureuses qu'en France. mon sens, la traçabilité des surveillants, c'est un truc de fou, tout ce qu'il faut tracer. Et on passe énormément de temps dans notre journée sur l'ordinateur à tout tracer. Et même quand on a fini le shift à la fin de la journée, bien, ce n'était pas rare de faire des heures sup pour se mettre à jour dans la documentation. Il faut que vraiment tout soit documenté. Et pour un patient qui sort d'une chirurgie, d'une grosse chirurgie, par exemple, d'une neurochirurgie ou d'une chirurgie vasculaire, va falloir documenter la surveillance neurologique toutes les 5 minutes pendant 30 minutes, puis toutes les 15 minutes pendant 90 minutes, et c'est comme ça, pas autrement, c'est pas juste quand on a le temps, on va mettre, voilà, patient réveillable, score de Glasgow, ok ? C'était vraiment une surveillance neurologique complète et vraiment timée. Et on sait que bien souvent, les dossiers sont re-regardés derrière. Donc c'est dans notre intérêt de le faire pour se protéger en tant que soignant et aussi pour montrer qu'on a vraiment bien surveillé notre patient. Oui. Donc ça prend beaucoup de temps et ce serait pas pensable d'avoir 4 à 5 patients à la fois comme en salle de réveil en France, pour toutes ces raisons-là. J'imagine. Et du coup, donc toi qui avais fait cette spécialité inférieure esthésiste, Est-ce que t'envisages, parce que pour les gens qui nous écoutent et qui ne pas, aux USA, la formation d'IAD française n'est pas reconnue, donc il faut retourner à l'école. Est-ce que c'est quelque chose que t'envisages de refaire ? J'y pense. Je dois dire que ça reste une frustration pour moi de ne pouvoir exercer mon métier aux États-Unis. Je suis super contente d'avancer dans le projet États-Unis, expatriation. Pour moi, c'est vraiment un accomplissement. Sur le côté professionnel, j'ai l'impression d'avoir quand même dû sacrifier quelque chose. Après, on ne pas tout avoir. cette concession que j'ai dû faire, ça reste un peu en suspens dans un coin de ma tête. Mais honnêtement, entre devoir refaire les deux ans d'exercice en réanimation, minimum. et puis la procédure d'entrée en école, donc se battre pour avoir une place en école. Le coût de la formation aussi, qui est bien plus cher qu'en France, ça va chercher dans les, je pense, 000 dollars les trois ans et ensuite les trois ans d'école. Ça me paraît être un parcours du combattant insupportable à ce jour. Après, ne faut jamais dire jamais. Déjà, quand on a eu la green card, je m'étais dit jamais je me lancerais dans le parcours des équivalences infirmières. Si on part aux États-Unis, je ferais autre chose. Ouais, tu te dis complètement autre chose, hors de question. Ouais, ouais, ouais. Je pensais que ce serait infaisable. Ce que je disais sur Internet avec les équivalences, le hand-check, c'est tout ça. disais non mais c'est infaisable. Ok, on part aux États-Unis, on se fait une expérience, mais je ferais complètement autre chose. Je sais pas quoi, mais je ferais autre chose. Et puis finalement après, j'ai entendu parler de toi et voilà, tu as été très rassurante et au final, ça s'est très bien fait. Donc ne jamais dire jamais. Mais à ce jour, même, ça me paraît fortement compromis parce que c'est un processus très long. Je viens d'avoir un DV pour le côté perso, donc je n'ai pas trop la tête à ça pour le moment. En ce moment, on privilégie aussi les équivalences de mon mari qui, lui, est médecin. donc lui, pour le coup, le process de cinq ans pour ces équivalences, il est en plein dedans. Il a dû repasser les examens de médecine. Là, il va rentrer en interna, il a trois à quatre ans d'interna. Ne spoil pas trop parce qu'on va la voir dans le podcast. Bon, pardon. OK, d'accord. lui, il est dans un process hyper long. Donc les deux à la fois, être réaliste. Bien sûr. Même si on dit que rien n'est impossible. Bon, on ne veut pas trop se... On aime bien les challenges, mais il faut rester quand même réaliste. Il ne pas trop pousser. Voilà, peut-être quand lui, il aura terminé, je penserai à autre chose. Après, États-Unis, y a aussi... plein d'autres choses à faire, plein d'autres perspectives d'évolution. Ici, les nurse practitioners, qui est l'équivalent des IPA, infirmières en pratiques avancées en France, ici c'est beaucoup plus répandu, elles ont beaucoup d'autonomie les nurse practitioners, c'est une formation qui est plus courte, pourquoi pas, peut-être un jour. Mais en tout cas, c'est sûr, j'aime bien mon travail actuellement en salle de réveil, mais je... j'ai l'impression d'être en transition en fait. J'aurais envie de progresser, soit de faire autre chose, soit d'évoluer, mais je ne vois pas forcément faire tout le reste de ma carrière dans ce service. Et du coup, quel conseil est-ce que tu donnerais à quelqu'un qui veut venir travailler aux USA ? en termes de quand ils vont arriver, en sachant les challenges qui se sont présentés à toi, etc. Est-ce que tu as des choses en particulier que tu leur dirais ? Il faut être assez bien préparé, en s'étant bien renseigné au préalable pour éviter le genre de déconvenues que j'ai eues. Quand je suis arrivée, la claque que je me suis pris, il faut savoir que ça fait partie du... ça fait partie du process, que c'est normal de le ressentir au début, premières semaines, les premiers mois, que c'est le lot de tout expatrié probablement et donc ne pas vouloir abandonner quand on est dans la difficulté. Donc être bien préparé à ça et je dirais aussi avoir pas mal d'économies parce que la vie aux États-Unis, c'est très cher, il peut se passer du temps entre le moment, quelques semaines. voir quelques mois entre le moment où on arrive aux États-Unis, où on trouve du travail. Donc il faut pouvoir survivre pendant ces quelques temps avant d'être d'être effectif et que ça roule. Donc ça, il l'anticiper un peu aussi. C'est tout bête, c'est terre à terre, mais c'est important. Et voilà ce que je pourrais dire. Et puis d'ordre général sur le projet États-Unis, pouvoir partir. Ce que je dirais à n'importe qui, c'est de pas forcément écouter les gens en France qui peuvent être un peu décourageants, qui, soit par méconnaissance ou par, je sais pas, peut-être forme de... pas de jalousie, mais de dénigrer les États-Unis ou de dénigrer quelqu'un qui veut avoir des rêves, qui veut avoir de l'ambition. Je dirais, n'écoutez pas ces gens-là si... Si vous avez l'envie, si vous avez un rêve et si vous avez la motivation, il y a beaucoup de choses qui sont possibles quand on a la motivation et l'envie. Et ça, c'est le principal moteur, la motivation dans ce genre de projet. donc ne pas se laisser décourager par des gens qui sont... qui apporte une énergie qui n'est pas forcément très positive et qui peut décourager. Voilà, donc c'est votre projet et écoutez-vous, lancez-vous et voilà ce que je dirais. Et n'écoutez pas les autres si c'est ce qu'ils vous font envie. Du coup, ça m'amène à ma dernière question. Si tu devais choisir, si tu avais l'obligation de choisir en fonction, enfin pour le métier uniquement. Est-ce que tu choisirais les USA ou la France ? C'est une question qui difficile pour moi parce que mon métier n'est pas le même en France et aux USA. Donc si tu fais à partir de ton côté IAD, que tu essayes en tout cas parce que je sais que ça a été pendant des années ce que tu as fait, mais si tu compares juste infirmière aux USA, infirmière en France, infirmière basique entre guillemets. Ok, pour infirmière de soins généraux en France versus être infirmière de soins généraux aux États-Unis, je dirais aux États-Unis sans hésiter. Plus de reconnaissance, plus de respect, un meilleur salaire, plus de possibilités d'évolution dans le métier, plus d'autonomie quelque part aussi dans les services. Donc, pour toutes ces raisons, je dirais... être infirmière plutôt aux États-Unis que en France. Ce n'est que mon avis et encore une fois, je n'ai fait qu'un seul service, qu'un seul hôpital, mais je vois bien toutes les possibilités qu'il y a, toutes les possibilités d'évolution, même quand on veut rester à l'hôpital. Il y a un organigramme, une hiérarchie infirmière qui existe. qui existent aux États-Unis, qui n'y a pas du tout en France. En France, c'est être infirmière ou être cadre infirmier, ou alors infirmier spécialisé, genre infirmier anesthésiste ou infirmier de bloc. Ici, il a beaucoup de possibilités d'évolution, que soit nursing leader, c'est devenir charge nurse, puis manager, ou alors éducateur. Il a plein d'autres métiers en étant à l'hôpital en tant qu'infirmier. et puis aussi les formations complémentaires en pratique avancée qui sont très très répandues ici. sont des perspectives qui sont très intéressantes. voilà, le métier est intéressant et avec beaucoup de possibilités d'évolution aux États-Unis. Ouais. Merci Sophie. De rien. Ce fut un plaisir. Merci d'avoir écouté Imported Nurse. Si tu as aimé cet épisode, n'hésite pas à le partager autour de toi et à me le faire savoir en laissant en avis sur ta plateforme d'écoute. Pense aussi à t'abonner au podcast pour ne pas louper les témoignages de mes prochains invités. À très vite !