speaker-0: Le métier infirmier aux Etats-Unis, à quoi ressemble-t-il vraiment ? Et surtout, qu'est-ce que ça implique concrètement quand on est infirmier formé en France ou ailleurs ? Tu écoutes Imported Nurse, je m'appelle Claire Spix, je suis infirmière française installée aux USA depuis plus d'une décennie et depuis 2013, j'accompagne des infirmiers internationaux dans leurs démarches de reconnaissance de diplôme. Dans ce podcast, je donne la parole à des infirmiers francophones, souvent d'anciens clients, qui ont choisi d'exercer aux États-Unis. À travers des témoignages parfois similaires, parfois très différents, on parle des démarches, de l'adaptation et surtout de la réalité du métier infirmier ici. Bonne écoute ! Dans cet épisode, contrairement aux épisodes précédents consacrés aux infirmières, je reçois François, médecin généraliste français installé aux États-Unis. François nous explique les différentes étapes pour faire reconnaître son diplôme, de la réussite des examens de médecine américain à l'intégration d'une residency, l'équivalent de l'internat que tout médecin diplômé à l'étranger doit refaire pour pouvoir exercer aux USA. Il partage également son expérience du processus de sélection. les défis rencontrés et les différences entre les études de médecine françaises et américaines. Cet épisode hors série clôture la première saison d'Imported Nurse et comme toujours, c'est un échange concret qui permet cette fois de mieux comprendre le parcours des médecins diplômés à l'étranger souhaitant exercer aux États-Unis. Bonjour François, comment ça va ? Très Merci d'avoir accepté. Alors pour commencer, présente-toi un petit peu, raconte-nous, est-ce que tu as été, où est-ce que tu as fait tes études, dans quelle spécialité, est-ce que tu as travaillé, etc. speaker-1: Bonjour Claire. Bien-être. Merci de me recevoir. Je suis français. Je m'appelle François, je suis médecin généraliste. J'ai bossé pendant sept ans en France. Je suis diplômé de l'Université de Nantes où j'ai fait mon externa et mon interna. J'ai diplômé en 2018, j'ai travaillé pendant deux ans à l'hôpital dans un service de médecine polyvalente et puis ensuite je me suis orienté vers SOS médecin où j'ai travaillé chez SOS. entre 2020 et 2025. J'ai adoré ça. speaker-0: D'accord. Oui. C'était le côté urgence qui te plaisait ou... speaker-1: C'était le côté vraiment couteau suisse où tu vois de tout et tu arrives avec ton petit sac à dos et tu vas régler des problèmes. C'est la courbe d'évolution qui est superbe où au début tu es un peu nul en tout, surtout quand tu es jeune, tu n'es jamais sorti de l'hôpital. Et puis avec l'expérience, tu as vu tellement de choses qu'à la fin tu n'as plus peur de rien. et c'est hyper stimulant parce que tu passes du cocalane, tu vas faire de la psychiatrie, puis tu vas enchaîner voir une rhinopharyngite, tu vas voir un petit avec une otite et puis tu vas faire une suspicion d'ALSC, donc c'est super varié. Donc vraiment une bonne expérience. speaker-0: Et du coup, j'ai interrogé ton épouse Sophie, enfin j'ai interviewé et je la connais bien puisque je l'ai accompagnée dans ses démarches. Donc vous avez gagné la carte verte. Pour toi, qu'est-ce qui t'a emmené à vouloir tenter même de gagner cette carte verte, de jouer à la loterie ? speaker-1: Alors, ça a toujours été un rêve, les États-Unis. J'ai été très jeune. Je me souviens du premier moment où j'ai mis les pieds aux États-Unis. En quatrième, j'ai encore le souvenir de la sortie du métro à Chelsea, à New York City. J'ai trouvé ça magnifique. j'ai toujours eu un attrait pour les États-Unis et j'ai toujours eu envie pendant mes études. Tu vois, je me souviens regarder sur Internet à l'époque comment faire pour être médecin aux États-Unis. D'accord. Et à l'époque, ça remonte en 2010, donc il y avait très très peu d'informations sur Internet. Tu pouvais pas en fait, c'était l'anébuleuse complète. Donc j'ai toujours été attiré par les États-Unis. Et puis je dirais qu'avec le temps, la vie fait que tu t'éloignes un peu. J'étais quand même bien appris par les études de médecine et puis j'adorais ce que je faisais en France. Donc on a laissé un peu ça de côté, sachant que plus le temps passait, j'ai gardé ça dans un coin de ma tête, mais c'était difficile, notamment au niveau des visas. Et donc on s'était dit que c'est un rêve qui ne se fera pas. Mais on a quand même beaucoup d'amis aux États-Unis et tous les ans on jouait à la loterie. Ça prenait cinq minutes, tu mets ton nom, ton prénom. Alors je crois que maintenant il le passeport et puis tu veux sans trop y croire, mais tu joues. Et donc on s'est rendu compte qu'on avait été sélectionné. On avait même pas regardé les résultats parce qu'on n'y croyait pas. C'est nos copains qui nous ont dit est-ce que vous avez regardé les résultats ? On a découvert qu'on était sélectionné. Ce qui finalement nous arrangeait pas trop parce qu'on avait un peu fait le deuil de ce... projet américain et on se... voilà, moi je venais de m'associer chez SOS Médecins, on se mariait trois semaines après, on venait d'acheter une maison. Mais bon, on a quand même foncé. speaker-0: Finalement, c'était la vie qui vous disait, et vous avez un peu oublié, c'est cet attiré qu'il faut continuer à explorer. speaker-1: C'est vrai que je ne pas du genre à trop croire aux signes, aux destins, mais ça fait quand même beaucoup. Mais on a beaucoup hésité et on s'est dit que non, on n'avait pas le droit de laisser passer cette opportunité, surtout que comme je te disais, on avait des amis aux États-Unis pour qui la green card est chose de vitale et nous, ça nous tombe dessus comme ça et il y avait un côté un peu injuste. de ne foncer. on s'est dit, allez, on tente. Tout en sachant qu'on se mettait dans une situation difficile parce qu'avec nos diplômes médecin-infirmière, à mon sens, c'est plus difficile une immigration aux États-Unis quand on travaille irrégulé au niveau des diplômes. Donc ça a été un long parcours. speaker-0: Donc du coup quand toi tu fait cette démarche, enfin quand vous l'avez fait ensemble, et toi dans ta tête en fait, le fait de potentiellement venir aux Etats-Unis, pour toi ça a toujours été très clair que si tu venais de toute façon tu ferais tes équivalences pour pouvoir continuer à être médecin ici. speaker-1: Oui, ou dans la recherche. On s'est fait des contacts et on avait bien conscience que les équivalences de médecine, prend du temps et c'est dur. C'est vraiment très dur. C'est faisable, mais il de la motivation et de l'envie. Donc, on a exploré la recherche clinique dans un premier temps pour pouvoir payer les factures quand elle arrive. speaker-0: D'accord. speaker-1: Et puis tu te rends compte qu'au bout d'un moment, ça te manque, médecine. y a un côté, tu vois, quand tu as été médecin dans ton pays, c'est difficile d'être autre chose après. vis des choses, c'est un métier qui difficile, mais tu vis des choses tellement excellentes, tellement incroyables, tu rencontres tellement de monde que c'est difficile de plus être médecin. Donc oui, ça a été le deal au bout d'un moment. Le projet américain, en tout cas pour nous, est lié au fait que je puisse obtenir mes équivalences, sinon effectivement je pense qu'on serait rentrés en France. speaker-0: D'accord. Et du coup, explique-nous un petit peu justement quelles sont les étapes pour pouvoir travailler en tant que médecin ici. speaker-1: C'est dur, mais c'est faisable, comme je te disais. Il faut beaucoup de motivation, c'est surtout ça le moteur, c'est l'envie, je pense. Il faut savoir que notre diplôme est reconnu aux États-Unis. speaker-0: Oui, c'est comme les infirmières parce que souvent on les lit ça sur les groupes Facebook, non, non, vous pouvez pas travailler, le diplôme n'est pas reconnu. Il l'est reconnu mais il faut passer par des étapes pour prouver qu'il est reconnu, qu'il est équivalent. speaker-1: Exactement. On peut commencer par expliquer le système américain qui est différent du système français. Le système français, c'est simple. Tu passes ton bac et tu vas à l'école de médecine et tu as le concours. Alors il y eu des réformes, c'est plus complètement pareil, mais le système est globalement le même. Tu passes ton concours et si tu passes ton concours et tu travailles bien, tu vas à l'école de médecine et tu sortiras de là tes médecins. C'est un processus qui prend 9 ans pour un médecin généraliste un peu plus, si tu es spécialiste. Et dans ce parcours, tu vas avoir 6 ans d'école où tu vas en salle et puis tu vas, moi en tant que médecin généraliste, 3 ans d'internat. Mais tu n'es pas médecin avant d'avoir fini tout ça, avant d'avoir fini ton internat. Aux États-Unis, c'est différent. Ils font d'abord des bachelors, des choses comme ça. Puis ensuite le baschelope c'est l'équivalent je crois de trois ans tu sais peut-être mieux que moi. speaker-0: Le bachelors en général c'est qu'à 30 tunes. speaker-1: Exactement, c'est quatre ans d'études après le niveau bac et ensuite ils vont à l'école de médecine. C'est la med school qui dure quatre ans. Et en fait ils sont médecins, ils sont considérés comme médecins, donc MD, medical degree, à la fin de cette école. Et puis ils entrent dans un processus pour match et trouver l'internat. C'est vraiment différent. Et donc, pour revenir à nous, nous ce qui est reconnu c'est... la fin de notre école en tant que français, la fin des six premières années. Donc le diplôme français est reconnu aux États-Unis. Ce qui n'est pas reconnu, en revanche, c'est la partie interna. Et donc, la première chose à faire quand tu veux te lancer dans le projet, c'est de faire reconnaître ton diplôme de médecine comme quoi tu es allé six ans en école de médecine, donc entre l'école de médecine et l'interna. on te délivre le diplôme de fin de deuxième cycle qui doit avoir un nouveau nom maintenant, mais c'est ce diplôme-là qui est reconnu par les États-Unis. Donc c'est la première démarche à faire. donc pour ça, il faut rentrer en contact avec un organisme qui s'appelle l'ICFNG, qui est basé à Philadelphie et ça va être ton correspondant principal en tant que médecin étranger. Donc tu as un dossier à faire. C'est pas très long. Mais c'est difficile parce qu'ils sont répliqués, enfin tu vois ils sont... Exactement et donc tu as besoin de mettre les bons sauts de l'école. Donc il a beaucoup de back and forth, il a beaucoup d'aller-retour avec ton école parce que tu dois récupérer tous tes bulletins de notes, des trucs auxquels tu pensais même plus, tu vois ton bulletin de deuxième année avec tes appréciations. Et donc c'est la première étape, l'étape administrative. Et donc quand tu as fait ça, tu peux te présenter aux examens. speaker-0: Très méticuleux. speaker-1: et en fait tu vas passer les mêmes examens que les américains. speaker-0: D'accord, fait... Excuse-moi, je te coupe. Donc en fait, les Américains, quand ils ont fait ces six premières années, ensuite ils ont une série d'examens. Et toi, tu démarres à ce moment-là. speaker-1: Exactement. En fait, j'ai commencé en comme en fin de med school américaine. Et eux, les Américains, avant de pouvoir postuler pour l'internat, ils doivent avoir passé ces deux examens. Les deux examens, ça s'appelle USMLE pour US Medical License Examination. Tu as deux examens, as le step one and step two, étape un et étape trois. On pourra en parler plus tard, il a le step trois. mais qui est un peu plus... T'as pas besoin de le faire tout de suite. Par exemple, je l'ai pas encore passé, tu peux le faire pendant ton interne. Donc le step 1 et le step 2, c'est deux examens qui sont essentiels pour pouvoir prétendre à rentrer en residency. Historiquement, c'était le step 1 le plus important. Le step 1, pour faire simple, c'est des sciences fondamentales. C'est horrible. Tu retournes en première année de médecine où tu réapprends la génétique, tu réapprends... speaker-0: ... speaker-1: la biologie cellulaire, la biologie moléculaire. C'est compliqué, surtout quand tu es un peu plus vieux comme moi. il faut t'y remettre. Historiquement, c'était le plus important puisqu'en fait, il te délivrait un score et c'est ce score qui détermine un peu si tu es marketable, tu as ta désirabilité sur le marché de l'internat. Et donc il y a eu une réforme et donc maintenant ce score, et c'est tant mieux pour moi, c'est la step 2. La step 2. speaker-0: d'accord. speaker-1: c'est le deuxième examen que tu dois passer. donc ça, c'est clinical knowledge, c'est les connaissances de médecin. Et je t'avoue qu'en ayant travaillé chez SOS Médecins, c'était une grande aide. Et puis en ayant fait de la médecine polyvalente après, c'est de la médecine. C'est l'équivalent du cours de l'internat en France. Donc c'est de la clinique. C'est beaucoup plus facile quand t'as de l'expérience. Et donc il faut avoir un bon score maintenant à cet examen. Et c'est un score qui est reflété dans ton dossier. et que les programmes d'internat vont recevoir. J'ai eu la chance, je pense, d'avoir un bon score à cet examen qui a fait que j'ai eu pas mal de choix pour l'internat. speaker-0: Et ces examens ils sont sous quelle forme ? speaker-1: du QCM. speaker-0: D'accord, donc c'est sur ordinateur comme le NCLEX pour les infirmières. speaker-1: Exactement. Il y a plusieurs méthodes pour le faire. Moi, la méthode que je recommande, c'est de faire des bases de données, des bases de questions, un peu comme tu recommandes aux infirmières. Exactement. fait, il faut savoir que le step 1, c'est toutes les sciences d'inventaire. Tu es vieux comme moi. La première année de médecine, remonte à il 15 ans. Donc, fait, as deux ans pour tout revoir. speaker-0: s'entraîner quoi. speaker-1: soit tu apprends le contour, tu apprends la base de données et en fait tu entraînes ton cerveau à répondre aux questions et tu développes un espèce de... déjà tu apprends des choses et mais tu développes une espèce d'intuition parce que tu as déjà vu cette question quelque... speaker-0: Oui, c'est ça, c'est des automatismes un peu qui se mettent en place. C'est pareil pour les infirmiers. speaker-1: Exactement. Et le concours est tellement difficile que le meilleur conseil que j'ai eu, c'est à part d'une collègue qui est passée avant moi, qui fait ses examens, elle m'a dit, tu apprends la base de données, il a 3000 questions. C'est You World, je pense que c'est la même chose pour les infirmières. Et elle me dit, tu fais la base de données et tu l'apprends par cœur. Et ce sera les mêmes questions à l'examen. Et donc tu apprends, alors tu ne l'apprends pas par cœur, mais tu les fais, tu les fais, tu les fais. Et le jour de l'examen, c'est effectivement la même chose. Sachant que ce qui est super avec le système américain, c'est qu'il fonctionne vachement en probabilité, en stats. Et donc tu as le moyen de t'auto-évaluer. Tu as des concours blancs, des tests blancs. Et tu sais qu'en fonction de ton sort, de ton pourcentage sur certains concours blancs, tu as X chances de réussir le jour de l'examen. Tu fais des questions et quand tu estimes avoir suffisamment de pourcentage de chance, moi pour la step 1 j'étais à 80%, c'est pas énorme. C'est pas mal mais on n'était pas du dans la zone de sécurité quoi. speaker-0: À moi ! Fallait que t'aies combien en pourcentage ? que par exemple, les infirmières, crois qu'elles soient dans la moyenne. Donc au moins 50 % de bonnes réponses. speaker-1: Pour la step 1, change un peu tout le temps, mais historiquement c'est 55 à 60%. Historiquement c'est 57%, je crois. Ce qui n'est pas facile sur la step 1 parce que c'est vraiment dur. Pour la step 2, fait, c'est un peu pareil, tu dois être à 55 % pour l'avoir, mais ce qu'il faut savoir, c'est que l'avoir, ne pas. Pour la step 2, comme je te disais, le score est plus important. speaker-0: D'accord. Oui. speaker-1: Et donc tu veux, surtout en tant qu'étranger, avoir un score au moins dans la moyenne. Donc je sais pas, ça doit être à 65-70 % si tu veux avoir un dossier compétitif. Puisqu'en tant qu'étranger, forcément tu as moins de chances que les diplômés américains qui ont des références et des de recommandation qui sont allés dans des universités que tout monde connaît. Donc tu dois un peu sortir du lot avec un bon score. speaker-0: D'accord. D'accord. Du coup, as réussi ces deux examens. Qu'est-ce que tu fait ensuite ? Quelle a été l'étape suivante speaker-1: Ça va vite, tu as quelques trucs à faire sur le point administratif. alors ça, pense que c'est plus facile de regarder sur YouTube le processus. Il y a toujours d'autres choses à faire. Il faut ensuite te tourner vers ce qu'on appelle le match. Une fois que tu as passé ta step 1, ta step 2, il te manque un dernier truc à faire. s'appelle l'OET, c'est un test d'anglais. speaker-0: C'est que l'OET speaker-1: Oui, c'est un test qui doit évaluer quatre sphères. speaker-0: Oui, c'est un peu comme le teufel ou la yel, ça speaking, listening, et reading. Mais l'OIT en fait, il y a certains boards of nursing qui l'acceptent aussi. C'est très spécifique à la santé en fait. speaker-1: Oui, c'est ultra médical et c'est pas mal puisque tu as un entretien où tu dois jouer le médecin, donc tu poses des questions. C'est hyper clinique, c'est assez facile parce que finalement c'est comme tout, c'est une méthode. Une fois que as la méthodologie, c'est un peu tout temps pareil, tu le passes en deux semaines. Une fois que fait ça, tu as step 1, tu step 2 et ton Know-It-All, tu ce qu'on appelle certifié. Ici FMG certified. ça veut dire que tu es au même niveau que les Américains qui sont sortis de la med school, qui ont passé les steps, step 1, step 2. Et donc, tout ce beau monde va se présenter à ce qu'on appelle le match. Le match, c'est un algorithme qui va te permettre de matcher quelque part dans un programme de residency où tu choisis ta spécialité et tout le monde y va. speaker-0: Et donc la residency, c'est l'équivalent de l'internat en France. speaker-1: C'est la même chose, c'est exactement la même chose. Tu vas te faire mini-médecine qui est comme la médecine générale, c'est trois ans. Ils ont internal médecine. Internal médecine, c'est pas comme en France. La médecine interne, c'est une spécialité en tant que telle. Ici, internal médecine, c'est un peu la chambre avant la spécialité. Donc tu vas en intonation de médecine et puis après tu vas faire de la cardiologie à la fin de ton internat ou tu vas faire de l'aggravation en théologie. Donc voilà, c'est le match qui va déterminer exactement comme en France où tu vas faire ton internat et dans quelles spécialités. Et donc ça se prépare. Ça se prépare parce que pour le coup, c'est pas du tout comme en France. En France, tu passes le concours de l'internat à la fin de la sixième année et en fonction de ton classement, il va t'avoir un ordre. Et donc le premier de France a choisi la spécialité et le lieu qu'il veut. Tu vas comme ça. Là, t'as beau avoir des bons scores, ils te font un dossier. Et c'est là où c'est assez différent pour nous, français, et qu'on n'est pas du tout dans cette culture, c'est que je dirais que ton réseau compte, tes lettres de recommandation comptent autant que ton score. Les gens vont vouloir te rencontrer, donc tu as des entretiens. Moi, je fais des entretiens un peu partout aux États-Unis, donc tu dois travailler ça. Ce qui est painful, c'est quand t'es pas habitué. Je pense qu'en France, que ce soit les médecins, les infirmières ou le personnel de santé, on n'est pas habitué à avoir des entretiens. C'est plutôt nous qui faisons les entretiens sur est-ce qu'on veut bien aller travailler dans tel ou tel endroit. Donc là, il faut apprendre à te vendre auprès des Américains. Donc c'est quelque chose qui n'est pas inné. speaker-0: ... speaker-1: Donc c'est un processus qui est assez long. Tu vois, j'ai été certifié en septembre 2025 et tout le processus de match, c'était entre septembre et mars, donc 2026. Donc je dirais que c'est six mois et pendant six mois, tu dois travailler ton réseau. Et je dois dire que je remercie ma femme Sophie parce que c'est vraiment elle qui m'a sorti un réseau où moi, j'étais habitué à... de vous en demander, mais c'est vrai que c'est un des conseils que je donnerais à quelqu'un qui veut se penser là-dedans, c'est avoir un réseau, et notamment le réseau français. On est peu, mais moi je sais que j'ai matché en neurologie, qui est un programme compétitif, mais je le dois à un contact qui devenu un ami que ma femme a trouvé sur Facebook. Et donc c'est ces gens-là qui vont aider à trouver des stages d'observation puisque... speaker-0: D'accord. speaker-1: il faut savoir que c'est très important aux États-Unis d'avoir des références, que c'est un système différent. Donc il faut savoir où tu mets les pieds et puis c'est rassurant pour les programmes. voilà, c'était tout le processus de avoir une candidature qui donne envie au programme de te recruter parce que finalement si t'es le gars qui a eu un super bon score mais que tu n'as aucune référence américaine, tu n'as jamais mis les pieds dans un service américain parce que il faut savoir que c'est très différent. Il n'y a pas d'ancrage aux États-Unis parce qu'il faut savoir aussi qu'une émigration c'est difficile. Ils veulent des gens qui restent. Donc il faut montrer des signaux qui font que tu es quelqu'un qui va rester, tu quelqu'un qui va t'intéresser, tu es quelqu'un qui va s'intégrer. Et donc voilà, c'est un peu la course pendant six mois à rechoper des lettres de recommandation. très stimulant, en tant que médecin français qui a toujours un peu tout eu, où tu cherches rien, il faut se trouver du courage. Ça change, c'est difficile, ça te prend la résilience. speaker-0: Ouais. Et du coup, comment t'as choisi les endroits où tu as postulé pour ton match ? speaker-1: Tu choisis en fonction de là où tu habites. Généralement, il y a deux profils. Moi, j'ai un profil un peu stratégique. Généralement, historiquement, ce que font les médecins étrangers, appliquent partout. Donc il faut savoir que tu as le droit d'envoyer ton dossier absolument partout. Historiquement, c'est la médecine interne, Internal Medicine, qui recrute le plus de médecins étrangers. Ne me demande pas pourquoi. souvent les ING postulent en médecine interne partout. Ça coûte un petit peu d'argent parce que je crois que ça doit être 10 dollars les 30 premiers programmes. Tu vois, ça te coûte 300 dollars pour appliquer à 30 programmes, mais à partir du 30e, c'est 30 dollars. en fait, peut être des centaines et des centaines de programmes. Moi, j'ai plutôt ciblé... speaker-0: D'accord. speaker-1: Est-ce je savais que j'avais un bon dossier ? puis donc j'ai ciblé dans les endroits qui font sens. Donc j'habite en Floride et donc ça fait plus de sens pour un directeur de programme de recevoir une candidature de quelqu'un qui habite en Floride. J'ai postulé aussi dans le Sud. On aime beaucoup le Sud des États-Unis, donc en Alabama, en Louisiane. speaker-0: Marc-Antoine Sass, j'ai entendu dire... speaker-1: En Arkansas, oui, à Fayetteville. Oui. Oui, parce que c'est des endroits qui en aident bien. Et puis on avait quand même un peu envie au fond de nous de quitter la folie de la Floride. Mais il s'est avéré que bon, on va y rester encore quelques années. Je parle notamment du sud de la Floride, parce que la Floride, c'est grand et on habite dans la région de Miami où c'est quand même assez dense. Mais c'est, je pense, là où j'avais la meilleure opportunité et le meilleur programme pour moi. speaker-0: Et là j'habite. speaker-1: On a décidé, voilà donc au final, en neurologie, j'ai dû envoyer 30 dossiers. J'ai envoyé un petit peu en médecine de famille aussi parce que j'adore ça. C'est un truc plutôt historiquement orienté pour les Américains, la médecine de famille. Mais voilà, j'adorais ça. Donc, ça été un dilemme jusqu'au bout de savoir si je... Parce qu'après, tu fais ton classement, tu postules et puis t'attends de recevoir les interviews, de savoir qui est intéressé par ton dossier. speaker-0: D'accord. Ouais, c'est ça que j'avais te demandé en fait. T'envoies ton dossier, on te dit oui, on est intéressé et ensuite on te fait une interview. speaker-1: Exactement. En fait, tu es invité à l'interview. Ils reçoivent des milliers et des milliers de candidatures. J'imagine, Et donc tu es, en fait, ils lisent, je sais pas ce qu'ils font d'ailleurs des dossiers, parce que quand tu regardes, tu accesses tous tes publics, tu vois les probabilités. Souvent un proband reçoit 2000, environ 2000 candidatures et puis ils vont envoyer peut-être 100 ou 150 invitations. Donc tu reçois une notification, tu as une application et tu... speaker-0: D'accord. speaker-1: tu reçois une notification comme quoi tu es invité à l'interview. Tu as deux choix, ça dépend de la philosophie du programme, soit c'est plutôt en physique, soit c'est plutôt en visio, soit c'est hybride. tu choisis quand c'est hybride, c'est un peu toi qui choisis. Moi, j'avais aussi, j'avais Target, j'avais ciblé des programmes avec des entretiens en physique parce que c'est important pour moi. Je pense que... J'espère qu'on me mieux quand je vois les gens. Je me sens plus à l'aise en physique, à rencontrer les gens. Je trouve aussi que tu vas plus facilement te lier avec les gens quand tu les vois en physique. Donc voilà, j'avais privilégié. Donc j'ai quand même pas mal va drouiller pendant 2-3 mois. suis allé en Californie, suis allé en Louisiane, en Alabama. Je suis allé au nord de la Floride. C'était super d'ailleurs. Une drôle de G où tu leur as l'hôtel. ouais, c'est ça. Tu te balades dans les aéroports avec ton costume. C'est une drôle de G, mais c'était une bonne période. speaker-0: Et du coup tu en as fait combien des interviews ? speaker-1: J'ai fait 16 interviews. C'était bien. Généralement, on dit qu'avec sept interviews, tu es quasiment sûr de matcher. Statistiquement, veut... Il en a qui matchent avec une seule interview et il en a qui ne matchent pas avec dix interviews. Moi, j'y allais un peu... J'y allais un peu confiant parce que je m'étais bien préparé. Les interviews, j'avais pris des cours. J'avais pris conscience que c'était une vraie faiblesse, les entretiens, parce que j'avais fait des stages d'observation. Avant, je suis allé à l'Aymory, à Atlanta, en euro. tu vois, quand les gens me demandaient, mais qu'est-ce que tu fais ? D'où tu viens ? Je n'étais pas bon, je ne savais pas. Donc, j'ai pris des cours. Et une fois que tu prends des cours, c'est toujours pareil. Ils te vendent un truc informel. Ils veulent ça. En fait, c'est un date. C'est un date et donc ça va dans les deux sens. Donc il veut l'apprendre à te connaître et puis savoir ce que tu fais. Et c'est tout le temps les mêmes questions. Il n'y a pas d'entretiens techniques puisqu'en fait tu as déjà fait tes preuves en ayant les examens. Donc il a pas besoin de te poser des questions sur... speaker-0: qu'est-ce que vous faites dans telle ou telle situation ? speaker-1: Exactement. Là où tu peux être challengeé, c'est sur des situations un peu plus éthiques. veulent s'assurer que tu ne pas un psychopathe. Mais c'est là où notre expérience, ayant de l'expérience, tu as plein de trucs à dire. Tu as des interviews aussi, ce qu'ils appellent ça, comment ça s'appelle, la veille des interviews, tu avec tout le monde en fait. fais les visios et puis en fait ils te jugent un peu tes social skills, comment tu te comportes, comment tu... Ouais. Et donc, pas vite j'ai pris conscience que j'étais avec des plus jeunes, tu vois, des jeunes de 25 ans. Et donc j'ai eu 25 ans. Mais à 25 ans, t'as rien fait professionnellement, donc t'as pas grand chose à raconter. Et donc j'ai vite pris conscience que les interviews, toi t'as plein de trucs. Quand tu viens surtout avec SOS Médecin, quand on te pose des questions sur qu'est-ce que tu ferais dans ces cas de figure, il y a beaucoup questions d'éthique, il y a beaucoup questions sur la résolution des conflits, c'est toujours pareil. Mais des exemples, t'en as plein. Et t'es plus mature et donc je pense que les interviews m'ont permis de nous distinguer. Mais c'est vraiment quelque chose à pas négliger. Et le conseil que je dirais, c'est d'avoir son style, d'être toi-même. et c'est le conseil de mon prof, il être soi-même. On a tendance à oublier quand on est aux États-Unis où je trouve que les gens sont prêts un peu tous, pareil, il a une façon d'être. Je pense que c'est probablement vrai dans le business, vois, où je suis travaillé en recherche clinique où tu as une façon de parler, as une façon d'être, il faut pas trop sortir du moule. Dans la médecine, c'est encore, peux être toi-même et tu peux... avoir ton style et l'assumer et ça je pense que c'est très très apprécié et très valorisé aux Etats-Unis, en tout cas dans le monde médical. speaker-0: C'est vrai qu'il a beaucoup de codes sociaux aux États-Unis à respecter en fait. speaker-1: Oui, oui, oui, speaker-0: Oui, mais même moi après 11 ans je les apprends toujours. C'est un apprentissage continu. Donc du coup finalement, être médecin étranger, ça t'a pas pénalisé. speaker-1: Non, je pas. Je pense pas parce que je suis nu. Voilà, je vais commencer un internat de neurologie qui est compétitif, surtout cette année. Ça a été un match très difficile. tu vois, sur le papier, normalement, les étrangers ne filment pas en neurologie ou du moins très peu. Le diplôme européen, je pense, énormément dans le sens où le système européen est très respecté. Effectivement, je sûr que j'ai bénéficié de ça. Le fait que tu viennes de France, ou le fait que tu viennes d'Irlande, ou le fait que tu viennes, je ne pas moi, d'Allemagne, forcément aura un impact supérieur que si tu viens d'ailleurs. Tu vois, on a des standards au niveau médical. J'ai pu me rendre compte, en passant les stages 1 2, que le niveau français est excellent. Tu vois, je pense pas qu'un Américain pourrait... passer ce qu'on a fait en si peu de temps. speaker-0: D'accord, ouais. C'était une question aussi que j'avais, c'est que, par exemple, tu vois, pour les infirmières, la façon d'apprendre aux USA est très différente, est beaucoup plus technique. On apprend les mêmes choses, mais la façon d'appréhender les connaissances est très différente. c'est vrai que souvent, c'est un truc, c'est pour ça aussi qu'il faut centrer nos questions, c'est que c'est souvent ce qui pose souci aux infirmiers. Dans le cas de Sophie, qui elle était infirmière anesthésiste, clairement, les doigts dans le nez. Mais c'est vrai que... Sinon, c'est un peu difficile. Et j'ai demandé, est-ce qu'au niveau études et au niveau niveau d'études entre la France et les USA, il y avait une différence Mais dans ton cas, du coup, pour toi, c'est plutôt l'inverse, c'est plutôt en France, un niveau plus élevé ? speaker-1: J'ai trouvé les études françaises plus difficiles parce qu'on te demande pas de savoir, enfin on te demande de savoir, mais on te demande de comprendre. Donc tu vois, alors les choses ont changé depuis ma première année de médecine, alors c'était quand même du QCM, mais tu pouvais pas apprendre le concours, comme j'ai fait. T'étais obligé de comprendre ce qui se passe dans une interaction, dans une cellule, t'étais obligé de comprendre. Tu ne pouvais pas te présenter aux examens et avoir la moyenne sans avoir compris. Moi, j'estime que je n'ai pas compris ce qui s'est passé sur la STEP 1. Le QCN, tu as une méthode, tu as l'élimination. Tu te fonctionnes par élimination, puis après tu as ton intuition quand il te reste que deux questions. Et donc ça, c'était clairement impossible en France. Et pour la STEP 2, est la clinique pure, à mon époque, n'était pas des QCN, c'est que... on te donnait des cas, on te posait des questions et tu rédigais en fait, tu écrivais et tu... c'était pas des QCN, tu te devais de comprendre ce qui se passe et tu te devais de l'expliquer et c'est pas... ils sont très pragmatiques les américains, c'est les doses, la quantité d'adnés, et ce truc là en fait, tu l'as, si tu viens de France clairement, tu l'as. C'est pour ça que finalement c'est beaucoup de travail mais... quand tu prends du recul sur la durée, la step 1, je l'ai passée en quatre mois, et la step 2, je l'ai passée en deux mois et demi, trois mois. On en fait, on en sait, c'est pas si long. Faut t'y mettre, faut vraiment t'y mettre. Mais oui, tu vois, tu vois pas d'Américains qui font les équivalences européennes, bon, ils en ont probablement pas besoin, mais je pense que c'est beaucoup plus difficile dans l'autre sens. speaker-0: C'est un peu le contraire par contre, je trouve que pour les infirmières, quand tu disais qu'en France il faut que tu comprennes, et aux USA c'est un petit peu à force de... un peu automatique, je trouve que pour les infirmières c'est l'inverse presque, dans le sens où à l'école d'infirmière t'apprends beaucoup du par cœur, des symptômes par cœur, des listes de symptômes par cœur, des listes d'effets secondaires par cœur, alors qu'ici tu vois quand tu revises pour le NCLEX, tu t'aperçois que... il faut que tu comprennes le système, comment il fonctionne. Moi quand je me suis préparée, j'ai l'impression de refaire l'école d'infirmière du début. Je savais que j'avais appris ces choses-là, mais pas de la bonne façon. speaker-1: que c'est court, trois ans en post-bac pour être infirmière. J'ai donné les cours à l'IFSI et j'ai exactement le même constat que toi. Pourtant, je donnais les cours au troisième année et beaucoup qui ne connaissaient pas, en fait, choses qui sont fondamentales parce que je pense que tu te prends tellement de données en tellement peu de temps que tu as du mal à... tu as du mal à savoir, à mettre en... à comprendre en fait. Tu te prends trop d'informations peut-être. Je me souviens de demander au troisième année pourquoi on anticoagulait des patients qui avaient une fibrillation auriculaire et la moitié qui savait pas. C'est des trucs qui sont pourtant de base, du moins qui me semblent de base, savoir pourquoi tu fais ça, tu vois. ou pourquoi tu vas faire une anticoagulation préventive à un patient qui a alité, pourquoi tu le fais ? Des choses où je donnais un cours sur les escars aussi et donc reconnaître une escar et en fait c'était difficile. Et en fait je pense que c'est un peu pareil pour les médecins aussi, mais tu apprends beaucoup en fait quand tu es sur le terrain. Et je pense que le niveau quand même... des écoles d'infirmières. Alors je connais pas le processus pour être infirmière aux États-Unis, mais je ne pas si tu dois faire un bachelor avant, ensuite aller en... Je ne pas comment ça se passe, mais je pense que la formation est peut-être plus solide aux États-Unis dans le sens où c'est vraiment très court. Trois ans pour être infirmière en France. speaker-0: aux Etats-Unis en fait il y a plusieurs, c'est à l'université mais c'est vraiment un programme infirmier et il a plusieurs niveaux entre guillemets. Les deux principaux c'est effectivement le bachelor's degree qui en quatre ans ou l'associé de degree qui est en deux ans. En fait la grosse différence c'est que, et c'est là aussi où c'est un peu l'opposé de ce qu'on disait, c'est qu'en fait les infirmières américaines quand elles finissent leurs études en fait elles ont pas tant d'expériences cliniques que ça. Parce que leur stage, contrairement en France où les étudiants suivent les infirmiers, ils sont sur le « schedule » comme on dit en français, sur les horaires des infirmières normales, tu vois ce que je veux dire ? À l'inverse ici, leur stage c'est une ou deux matinées pendant une semaine où elles vont aller dans un service mais en fait elles font pas vraiment de soins. quand elles sortent des études, pense que leurs connaissances sont effectivement très solides parce qu'encore une fois elles ont une façon différente d'apprendre. Mais par contre, au niveau clinique, les infirmières françaises, pense, sont plus des brouillards dans certains des écoles, sont plus capables de prendre en charge un service qu'aux États-Unis. Et en même temps, aux États-Unis, et du coup c'est logique, nouvelle infirmière, elle est encadrée plus de deux semaines quand elle prend un nouveau poste. Elle est encadrée trois ou quatre mois, même parfois plus. Donc voilà, tout se balance un peu. Mais voilà, tout à fait. speaker-1: l'éducation finalement. Mais c'est vrai que ça peut pour le coup être plus difficile pour une infirmière je pense de passer le NCLEX. Si t'es moins exposé, si t'es moins une bête de concours finalement. On en revient là, nous en tant que médecins on est des bêtes de concours en France c'est vraiment assez extrême et peut-être qu'effectivement la formation elle est plus pratique que théorique. C'est vrai qu'ils passent beaucoup beaucoup de temps en stage. speaker-0: qui est bien parce qu'après quand tu démarres ton premier poste, t'es pas perdu par le côté technique mais quand tu dois passer l'UNX... speaker-1: bien oui et non, j'aime beaucoup les infirmières aux États-Unis parce que j'adore les infirmiers en France aussi, mais je trouve que le niveau peut-être, la rigueur est plus importante. Je pense que c'est une très bonne idée d'avoir développé les IPA en France, tu vois. Et on voit que ces années en plus, j'ai lu des compte rendus d'infirmières de pratiques avancées et pour le coup c'est excellent. Je préférerais, pense, sur une pathologie chronique en France, être pris en charge par une IPA, car un médecin généraliste n'a pas le temps. Je trouve ça vraiment excellent. Mais voilà, les trois années, j'ai passé beaucoup de temps dans mon hôpital, quand t'es appelé en garde par une infirmière, un peu de rigueur sur la prise de constante, la prise de... Est-ce que c'est un manque de confiance ? Est-ce que c'est un manque de... Le statut peut-être de l'infirmière qui n'est pas assez valorisé en France, où les infirmiers ont peut-être tendance à ne avoir assez de confiance en eux. Moi je trouve que c'est incroyable d'être infirmier. il faut se mettre au niveau. Après c'est un métier difficile en France quand tu vois la rémunération pour le calendrier, travailler la nuit, les week-ends. C'était la lutte de tous les jours quand j'ai un infirmier qui m'appelle pour me garder. Est-ce que tu as pris de l'attention ? Est-ce que tu as regardé le dossier médical avant de m'appeler ? Est-ce que tu regardé les constantes ? Qu'est-ce que tu en penses ? Essayer travailler en collaboration, et ça aux États-Unis, c'est obligé. Et en France, faut pousser un peu. Je sais que je ne ferais pas que des années en disant ça, mais je pense qu'il a un truc à faire quand même. Et je pense que les ITA, en tout cas, c'est pas mal. et puis voilà, prendre des responsabilités. Les infirmiers, je pense que ça va dans le bon sens. Ils font de plus en plus de choses, de plus en plus d'actes et ça va aller en s'améliorant. speaker-0: Mais je pense qu'effectivement, a aussi un rapport avec le statut de l'infirmière en France. C'est vrai que tous les infirmières et les infirmiers que j'interroge, que j'interviewe, ils le disent ici, ils sont beaucoup mieux reconnus au-delà de la paye. Même s'il a quand même pas mal de choses qu'ils ne pas ici, qu'ils feraient en France. le système est très différent, l'organisation est différente. a aussi ce côté de tout, de voir. noter... voilà, les américains ils sont très faciles sur le procès, donc t'as pas trop envie de te lancer là dedans mais donc je pense que ouais c'est juste un système qui est très différent et du coup... speaker-1: à côté de la solitude, un côté de pré-burnout et puis aussi peut-être de relation avec les médecins parce que je sais que beaucoup de médecins ne pas forcément sympas et tu vois que dès que tu investis les infirmiers dans le dossier, ils sont super contents et ça fait progresser tout le monde. speaker-0: Et c'est ce que j'allais dire, c'est que tous les médecins ne pas comme toi. Tous les médecins n'ont pas envie, en France, de passer du temps avec l'infirmière ou d'essayer de comprendre même ce qu'elle dit, ou de prendre en compte même des fois ce qu'il dit. Moi je me rappelle de médecins qui s'en fichaient un peu en fait. speaker-1: Oui, alors que tu vois, je repense à mon travail en médecine polyvalente, la visite est quasiment faite après les transmissions. Parce que c'est les infirmiers qui passé 20 heures sur 24 avec le patient. Et globalement, quand tu arrives le matin pour les transmissions avec les infirmiers, tu as toutes les infos qu'il te faut. On va quand voir les patients, on les questionne, on les examine. Mais c'est les infirmiers qui font tourner les services. Mais ça demande... Voilà, moi c'était au début, il a fallu changer les habitudes, qu'on t'appelle en disant le patient il est pas bien. Alors ça veut dire quoi pas bien ? Voilà, on est soignant, on a un diplôme, on a passé beaucoup d'heures à travailler, ça veut dire quoi ? C'est quoi pas bien pour toi ? Et tu vois que tu peux travailler en collaboration, ça marche encore, mais je pense effectivement qu'il a un côté fatigué. Moi je vois bien ma femme quand elle travaillait en réa, elle était fatiguée, c'était... Et pourtant, l'Area, c'est considéré comme des bonnes conditions. vois, tu que trois patients pour une infirmière. n'est pas les infirmières de maisons de retraite où tu as 80 résidents et tu dois distribuer les médicaments entre les chutes et les appels des familles. C'est ça. ne suis pas spécialiste pour les infirmières, mais je pense qu'il a quand même des choses à changer et faire évoluer un peu le statut d'infirmier, qui je pense, c'est... méritent d'évoluer en soutien des médecins, justement leur donner plus de responsabilités parce que je pense que les infirmiers ne demandent que ça. speaker-0: Et oui, c'est sûr. Et donc du coup, pour en revenir à ton match, tu as dizaine d'eurologies. Pourquoi neurologie ? speaker-1: Parce que ça faisait sens avec les lettres de recommandation que j'ai eues. Et puis ça faisait sens aussi avec mon background. Tu vois, quand je travaillais en médecine polyvalente, je faisais beaucoup de gériatrie. Et donc, on s'était rendu compte qu'on nul en fait en cognitif. Quand j'y étais, les patients, j'étais pas bon. Donc on avait décidé de se former. Donc j'avais passé un diplôme universitaire en... en diagnostic pour les troubles cognitifs. Et Management, avait un hôpital de jour où on recevait des patients de surpli, faisait des ponctions lombaires, on prescrivait les IRM et donc on diagnostiquait de la pathologie cognitive, de l'Alzheimer, du Parkinson et donc tout type de démence. Donc c'était notre truc et ça m'a toujours bien plu. Et Sophie m'a déniché un super contact qui est médecin, qui est neurologue aux États-Unis et qui m'a invité à faire un stage d'observation. Et pendant ce stage d'observation, j'ai adoré, fait, j'ai trouvé ça vachement bien. Le fait de ne pas refaire la même chose, le fait de toujours être dans la position d'apprendre un nouveau truc, c'est hyper cool. Tu retournes un peu. Je pense que si j'étais allé en médecine de famille, ça aurait un peu tourné, tu vois. Ça roule. Parce que tu connais, tu as effectivement des nouvelles choses à apprendre. Mais là, tu pars de zéro. Donc c'était hyper intéressant et puis en discutant avec les internes, tu te rends compte que ton expérience, c'est assez satisfaisant parce que tu te retrouves aux urgences avec les internes de neurose, alors le premier jour tu captes rien, tu comprends pas le système, puis en fait à la fin, tu vois que les internes, commencent à te demander ton avis parce que t'as déjà vu, tu Donc t'as un stroke alert, t'as un alert AVC qui arrive avec un scan normal, puis tu vas l'examiner et puis tu... Tu vois que le patient, il a un peu de l'équilibre, une petite déviation et puis du coup tu l'interne qui te demande et toi tu as déjà vu ça. Et en fait tu te rends compte que même en étant médecin généraliste tu faisais de la neuro tous les jours. Moi mon travail c'était tel patient à une séphalée brutale. Donc en fait tu vas avec ton sac à dos comme je te disais. pas de l'IRM sous le clou, t'as pas de scan, fait, tu vas faire ton examen neuro et puis ça va être à toi de dire ce patient-là, c'est pas une cphd normale, ce patient-là, c'est pas un vertig normal. Et donc tu te rends compte que tu faisais de la neuro tous les jours. Et les internes m'ont dit ça. Et je me souviens de patients où je disais à l'interne, tu vois, moi je fais bien une IRM quand même. Elle parle bien, elle bougeait quatre membres, mais quand même elle déjait à gauche et ça c'est pas normal, tu vois. Et donc... Parce que tu t'es planté avant toi aussi. Malheureusement, tu as acquéris de l'expérience. j'ai eu des cas de figure où heureusement que j'avais des collègues pour rattraper. Et donc ça, c'est vachement bien. Tu te rends compte que tu fais de la neuro tous les jours. Ça t'intéresse. Et puis tu te dis pourquoi pas, parce que les gens, c'est ça qui est trop bien aux États-Unis. Et mieux qu'en France, c'est que tu peux t'inventer neurologue. Enfin, tu peux te découvrir une carrière de neurologue alors que étais médecin généraliste. Ça se prépare en France. speaker-0: Tu peux évoluer, peux changer de carrière, effectivement, c'est beaucoup plus facile. speaker-1: Ouais, c'est assez fou. C'est assez fou parce qu'ils sont habitués, je pense, à ce genre de truc et qu'ils, si tu veux travailler, ils sont hyper contents. Donc voilà pourquoi la neuro, et j'ai hâte de commencer. J'ai un peu peur, mais j'ai hâte de commencer. speaker-0: Et du coup c'est où exactement ? speaker-1: C'est à Pink Brook Pines, c'est dans les banlieues nord de Miami, dans un système hospitalier qui s'appelle Memorial. Et je suis content parce que c'était mon premier choix, c'est ce que je voulais faire. speaker-0: oui, me semble que Sophie m'avait dit oui, il a eu son premier choix. speaker-1: Oui, bah oui, puisque finalement t'as 16 interviews et après c'est à toi de faire ta liste de choix. C'est pas parce que tu mets un truc en numéro un qui vaudront de toi. Surtout en neurologie, c'est compétitif. Donc écoute, j'ai eu mon premier choix. C'est toujours une petite fierté, tu vois. Ça veut dire que les gens que tu... Là où tu voulais finir, les gens ont voulu de toi. quel choix. Maintenant, il va falloir prouver parce que c'est pas facile l'internet. C'est beaucoup de travail, beaucoup d'heures passées à l'hôpital. un nouveau système à apprendre, se remettre le cerveau à l'endroit. speaker-0: Et du coup t'as matché dans d'autres endroits ? speaker-1: En fait, tu sais qu'en parcours sup, t'as qu'un seul match. Tu sais pas en fait. Alors, je sais, normalement tu devrais pas, mais j'avais eu des retours en off de programme qu'il me voulait. Donc, je sais que, dans tous les cas, sur mes 16 choix, j'étais accepté à mon choix numéro 2, 3, 4, 5. Ah oui. Il m'avait dit en fait, il voulait que je vienne, que ça avait bien matché. Donc, même s'il faut jamais, voilà, prendre ça... Pour une certitude, c'est plutôt rassurant. Par contre, je ne savais pas pour mon premier choix, donc c'était la bonne surprise. Bonne et mauvaise parce que tu te dis, ça le dire commence. speaker-0: C'est pour du bien plus tard. speaker-1: Oui, non, c'est super, c'est excellent. Tu vois, les internats sont bien structurés, tu vas découvrir plein de monde. Moi, j'ai adoré mon internet en France, c'est dur. Tu fais des 24 heures en France en fin de semaine. Tu fais deux gardes de 24 heures plus une semaine complète. Tu fais les choses... J'ai pas peur du temps que je vais passer à l'hôpital aux États-Unis. J'ai plus peur de mon niveau d'anglais et de l'organisation. Oui. speaker-0: J'allais te demander, qu'est-ce qui le plus difficile pour toi jusqu'ici ? Qu'est-ce qui a été le plus difficile pour toi speaker-1: Le plus difficile, je pense, c'est de garder le cap. Parce qu'en fait, c'est une montagne. Avant de t'y mettre, il faut être motivé. Tu gères une immigration, et en même temps, donc immigration, tu passes un peu par toutes les phases. Tu vois, t'as la lune de miel au début où tout est super, puis après tout est dur, puis après tu t'habitues. Et puis après, t'as des événements familiaux qui sont que tu dois rentrer en France et tu te demandes, qu'est-ce que je fais ? Tu vois Pendant tous ces questionnements personnels, tu dois continuer d'avancer. Et à certains moments, tu es là, pourquoi je fais ça ? C'est garder le cap, il faut y aller étape par étape, clairement, parce que si tu vois la montagne et si tu te dis, tu dois tout faire d'un coup, tu ne pas, parce que c'est trop difficile. voilà, tu vas étape par étape. Je pense, malgré tout, que le plus dur est à venir, parce qu'en fait, passer des concours... On est habitué, si t'es médecin français, t'as repassé des concours la première année de médecine, t'es 1 500 dans l'amphithéâtre, il en a 100 qui sont pris. Donc en fait, t'es déjà une belle de concours. Ça prend du temps, ça demande de la ressource, surtout quand t'as un travail à côté. C'est dur, mais c'est faisable. Ce qui va être dur, là, je pense pour moi, c'est d'arriver à l'hôpital dans un système complètement différent, avec peu d'expérience aux États-Unis. Et donc tu arrives et ça fonctionne tout simplement pas pareil. Et donc je trouve que le langage, ton arme principale, pense quand t'es médecin avec de l'expérience, t'as appris à parler aux gens, vois. T'as appris à annoncer des mauvaises nouvelles, tu as appris à te comporter avec les patients, t'as appris à expliquer ce que tu fais en français. et bien t'as beau être bon en anglais tous les jours à te débrouiller pour aller faire des courses, et bien arriver à expliquer dans un anglais satisfaisant ce que tu fais, ce que tu vas faire, pourquoi tu le fais, je pense que ça va être très difficile pour moi. Tu vois quand t'as de l'expérience, t'es assez fier, tu commences à te sentir confiant dans ce que tu vas dire, t'as de l'expérience et donc tu retournes un peu à zéro, tu parles comme un élève de troisième. Et c'est très très frustrant, pense. La communication qui était mon fort en France, bien là, tu retournes en arrière, donc ça va prendre du temps. Et c'est vraiment, je pense que c'est vraiment la plus grande difficulté qu'il à venir où forcément tu vas perdre confiance en toi. Il y aura des moments d'remise en question. Mais voilà, si tu es motivé, en fait c'est... Un parcours aux États-Unis, c'est la motivation. Il faut être motivé, il faut s'accrocher. Je trouve que c'est ton outil, la façon dont tu parles. La façon dont tu parles, c'est comment les gens vont te vider. Parce qu'on le veuille ou non, la vie fait le moine. Et ne plus perdre ce skill, c'est assez difficile. Mais ça prend du temps. Ça prend du temps et puis, je pense qu'au bout de quelques années, ça roule. Mais il l'accepter. speaker-0: Je perçois, oui, tout à fait. Oui, c'est vrai. Mais même dans la vie de tous les jours, je lisais un truc l'autre jour qui m'a fait tellement rire où il disait « j'aimerais tellement que mes amis américains ou mes amis étrangers sachent à quel point je suis drôle et intelligente dans ma langue natale ». Et en fait, c'est vrai, c'est tout à fait ça. Et même moi, quand je parle parfois, mes déconversations de tous les jours... J'ai l'impression qu'on comprend pas, qu'on veut que je ne pas bête, j'ai juste un accent et j'ai juste parfois du mal à former mes idées mais tu vois, c'est vrai, c'est frustrant. speaker-1: J'ai un copain qui m'avait dit ça, pourtant ça fait sept ans qu'il travaille, il bosse dans la tech, il disait à ses collègues, vous savez que je suis drôle en France. C'est ça. l'humour en France. Je ne pas pourquoi, moi j'arrive encore à l'humour, j'arrive à faire rire, je ne pas pourquoi. Parce que je n'ai pas peur, je dis beaucoup de bêtises. J'ai un anglais où je me lance et donc c'est un peu ridicule et j'arrive encore à faire rire, à trouver. Mais par contre, j'arrive... En en blicapan, j'ai du mal à être bon en anglais, être précis et à me faire comprendre. C'est notamment quand tu es sur un sujet de pointe. Donc ça, ça prend du temps. puis, vrai que, bon, t'as raison, le truc de l'expatrier, le small talk, quand tu vas parler à quelqu'un dans la rue, pense qu'il y toujours un moment où même si tu parles en bon anglais, il a toujours un peu le choc de l'accent. Quand c'est des gens que tu connais, ils sont habitués à ton accent. ou des plus jeunes, sont habitués à ton accent, mais je vois que voilà, quand tu parles, t'es au parc à chien avec ton chien et puis tu commences à parler, il y a toujours un moment d'adaptation, genre « ah oui, lui, il est français », tu vois. Tu vois, un peu comme si t'étais en France et que t'avais un mec avec un accent russe, tu vois, il faut un peu de temps avant de capter qu'il un accent russe, donc, mais c'est… partie du jeu, c'est un peu chiant, je pense que… je pense que ça met du temps. Ça met du temps. speaker-0: Du coup, pas de regrets jusqu'ici. speaker-1: Non, forcément tu choisis de renoncer. On est en train de vendre notre maison et puis c'est dur, je dirais, ce que tous les expats m'ont dit, les événements familiaux. J'ai l'impression que plus tu géis, plus c'est difficile. speaker-0: il y aura des événements familiaux parce que tout le monde vie. speaker-1: Ouais. Et tu te rends pas compte quand t'es jeune. Tu vois quand tu pars jeune, tu fonces. Tu vois les gens sont pas censés avoir des... même si ça arrive tu vois les gens sont pas censés avoir des problèmes de santé mais tu vieilles. vois moi je viens d'avoir 37 ans, tes parents ils sont plus âgés. Il se passe des choses tu vois on a eu un événement récent de mon cousin qui va bien mais... Mais en fait, tu te remets en question avec la maturité. T'as passé cette phase de développement personnel parce que t'as plus 20 ans. À 20 ans, tu veux construire ta carrière, tu veux prouver. Et t'arrives à 30 ans et en fait, à 30 ans, tu te rends compte que t'arrives au milieu de ta vie ou au milieu de ta vie en bonne santé et tu ne t'as plus le même sens. Tu t'as envie de créer quelque chose, t'as envie de substance. Et éloigné de sa famille, tu vois, c'est assez difficile. Même encore maintenant. Donc c'est le regret parce que quand tu es expatrié, c'est du temps que tu ne plus avec tes parents, du temps que tu ne plus avec ta soeur, du temps que tu passes plus avec tes cousins. Tu ne passes différemment quand tu rentres en France et tu passes en FaceTime. Mais bon, on pourrait en parler une heure de ça. speaker-0: Non mais c'est vrai, quand on me demande parfois ce qui te manque de la France, c'est toujours la question que les américains demandent. Ou est-ce que ça te manque de vivre en France ? Ce pas vraiment de vivre en France ce qui manque, trouve, c'est ce qu'on a laissé en partant. ce qu'on réalise, moi je suis arrivée, je n'avais pas encore 30 ans, pareil, je n'ai pas du tout pensé à tout ça, mais de réaliser en fait ce à quoi on renonce, en ayant des enfants qui sont nés aux États-Unis, se dire que... ils vont pas passer autant de temps avec leurs grands-parents que leurs cousins. C'est vraiment des choses auxquelles on renonce. Mais sans s'en rendre compte sur le coup. speaker-1: Moi, tu vois, on a eu un enfant, il ne pas encore la France. Tu vois ? Et c'est dur. Et tu te dis, enfin, tu moi, j'ai perdu mon grand-père pendant... Et en fait, tu fais le point. Tu sais, une immigration qui est choisie, c'est différent. J'ai des amis immigrés irakiens en France, qu'on fuit la guerre. Donc, tu vois, c'est des bonnes raisons. Il n'y a pas de mauvaises raisons d'immigrer, mais... speaker-0: Mmh. speaker-1: c'est le moment de remise en question où tu te dis pourquoi je fais ça. Je suis en train de me priver de moment avec ma famille. Quel but ! Parce qu'en fait, ce projet-là, est hyper excitant. Tu le fais pour toi. C'est génial. Tu as 35 ans de pouvoir se remettre là-dedans. Tu te remets le cerveau à l'endroit d'une façon. Tu t'adaptes à un nouveau pays, une nouvelle langue, à une nouvelle façon de se faire. apprends des codes. Tu es stimulé sur ton intellectuel. Quand je vois, malheureusement à notre âge, se passe des grandes choses. C'est plus calme, on est plutôt centré sur la famille, c'est génial. On est plutôt dans un moment de ta vie où tu butais sur les enfants, mais t'as moins de projets. Donc dans un sens, hyper stimulant. Mais voilà, c'est le deuil de moments avec ta famille, de ton enfant qui américain. Qui est américain, il est français oui, mais lui son monde c'est les États-Unis. les valeurs que tu veux lui donner, que tu ne pourras pas lui donner. Il n'aura pas les mêmes références que toi. Il ne pas grandir avec les mêmes dessins animés. Enfin tu peux toujours, mais il ne pas... Enfin toi je pense que tu as plus d'expérience parce que tes enfants sont plus grands. Mais je pense que tes enfants, voilà ton enfant, il va être américain. Il n'est pas français. Et il a une grande différence entre les américains et les français. On est très très différents. speaker-0: C'est c'est vrai et ça je crois qu'on ne s'en rend pas compte jusqu'à ce qu'on vive ici en fait. speaker-1: Oui, et c'est ce que je disais pendant mes entretiens. Parce que pendant mes entretiens, les interviews, les gens te disent, voilà, qu'est-ce qui différent ici ? Enfin, et je leur disais, on est hyper différents, en fait, de la culture. speaker-0: La culture est très très différente. speaker-1: Tu vois, on se ressemble sur le papier, on a les mêmes codes, mais on est tellement différents. donc ça, c'est quelque chose que les Français, pense, les Européens, tu peux pas l'imaginer avant d'être venu ici. Je pense qu'il y a autant de différences entre un Français et un Américain qu'il y a entre un Français et un Indien, et des codes qui sont différents. Et ce n'est pas quelque chose... tu en as grandi avec les mêmes séries, les mêmes films, mais en fait, faut vraiment être sur place pour te rendre compte. Donc ça, c'est difficile. Mais en même temps, t'es un peu dans l'ambivalence parce que quand tu rentres en France, ça te manque aussi. C'est en fait toutes tes questions de balance. C'est difficile parce que tu te retrouves au bout de... ton immigration est plus longue, mais t'es ni complètement français, ni complètement américain, t'es un peu entre deux, tu vois. mais c'est riche, c'est hyper intéressant, t'apprends tous les jours. speaker-0: C'est ça, on apprend tous les jours. Et bien écoute François, ce que je te propose, c'est qu'une fois que tu auras commencé à travailler, on peut se refaire une autre interview, puis tu nous racontes un peu plus la vie d'un médecin aux USA. speaker-1: Avec plaisir, il faudra que tu me laisses quelques mois parce que je vais avoir quelques mois difficiles et je m'y attends justement pour les raisons que je t'ai dit, se mettre au niveau qui sera satisfaisant pour moi et puis prendre le rythme mais avec plaisir. speaker-0: Merci d'avoir écouté Imported Nurse. Si tu as aimé cet épisode, n'hésite pas à le partager autour de toi et à me le faire savoir en laissant en avis sur ta plateforme d'écoute. 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