Claire Speaks: Le métier infirmier aux Etats-Unis, à quoi ressemble-t-il vraiment ? Et surtout, qu'est-ce que ça implique concrètement quand on est infirmier formé en France ou ailleurs ? Tu écoutes Imported Nurse, je m'appelle Claire Spix, je suis infirmière française installée aux USA depuis plus d'une décennie et depuis 2013, j'accompagne des infirmiers internationaux dans leurs démarches de reconnaissance de diplôme. Dans ce podcast, je donne la parole à des infirmiers francophones, souvent d'anciens clients, qui ont choisi d'exercer aux États-Unis. À travers des témoignages parfois similaires, parfois très différents, on parle des démarches, de l'adaptation et surtout de la réalité du métier infirmier ici. Bonne écoute ! Dans cet épisode, je reçois Florine, infirmière française, aujourd'hui installée en Floride. Après avoir exercé en France puis en Suisse, dans le domaine de la santé ou travail, elle a choisi de poursuivre sa carrière aux États-Unis. Florine nous explique en quoi consiste son rôle au quotidien et les spécificités de cette spécialité aux USA. Nous échangeons également sur un autre sujet important de son parcours, la reprise d'études aux États-Unis et l'obtention d'un master, une étape pas toujours simple à concilier avec une vie de famille, mais qui lui a permis d'élargir ses perspectives professionnelles. Comme toujours, c'est un témoignage concret qui permet de découvrir un autre visage du métier infirmier aux États-Unis. Bonjour Florine. Bonjour. Comment vas-tu ? Avec le soleil de la Floride. Oui, forcément, ça va toujours bien. Alors Florine, je commence toujours... Par donner un petit peu de contexte, dis-nous où est-ce que tu as été diplômée, où est-ce que tu as fait tes études. Alors j'ai fait mes études à Annecy, donc en Haute-Savoie en France. Études d'infirmière, donc à l'époque c'était trois ans et demi et puis je suis spécialisée en Suisse en santé au travail et ça c'était encore une année d'école pour se spécialiser. D'accord. Donc une fois que tu as été diplômée, tu as travaillé dans quel service ? J'ai travaillé en France en médecine et chirurgie pendant six mois. Et puis après, j'ai été transférée en Suisse. Et là, c'était beaucoup plus compliqué en tant que française de trouver un poste. Donc, j'ai commencé par de l'intérim, fait un petit peu tous les services psychiatrie, réhabilitation, médecine et chirurgie. Et puis assez rapidement quand même, je me suis orientée vers tout ce qui était extérieur à l'hôpital et j'ai travaillé en laboratoire en Suisse. D'accord. Et qu'est-ce qui t'a amenée aux USA ? Alors après le laboratoire, j'ai commencé à travailler au H.U.G. à Genève en santé au travail. Et puis j'ai rencontré mon mari en en Hongrie dans un aéroport, totalement par hasard. Et il m'a dit, peut-être deux semaines après qu'on se soit rencontré, est-ce que tu veux venir aux États-Unis ? Donc là, j'ai dit non, initialement, et je lui ai dit, est-ce que toi tu veux venir... responsable, tu es responsable. Est-ce que toi tu veux venir en Europe ? Mais voilà, lui il était militaire et il s'approchait de la retraite et il avait envie de retrouver sa famille en Floride. Donc après 22 ans d'armée, il avait vraiment envie de retourner aux États-Unis. Alors attends, parce qu'il t'a demandé si tu veux venir aux USA pour vivre aux USA après deux semaines ? Oui. Ah oui ! Les Américains ne perdent pas de temps. Non, c'est vrai, c'est vrai. D'accord. Et donc du coup, donc tu as accepté de le rejoindre. Si je me rappelle bien, as commencé tes démarches, étais toujours en Suisse ? Oui, parce que du coup on a tout fait légalement au niveau des papiers d'immigration. Donc on a déjà commencé par se marier, on s'est mariés en France et puis après on a fait le visa d'épouse qui donc donne lieu à l'obtention de la green card. C'est à ce moment-là que j'étais contactée. Oui. C'est à ce moment-là que j'ai eu une montée d'angoisse. quand tu m'as tout expliqué, pourtant tu étais très rassurante. Mais je me souviens, maître dit, est-ce que je fais une erreur ? Parce que ça paraît être une montagne, en fait. C'est C'est beaucoup de choses, c'est surtout beaucoup de papras, et puis... Mais la preuve en est, tu as réussi. Donc, quelle année tu as obtenu ton Inkex ? Tu étais déjà arrivée aux USA quand tu l'as passée ? Non, alors c'était pendant le Covid. Du coup, à l'époque, il n'y avait pas de centre de test en France, donc j'ai dû voyager à Londres, qui était en quarantaine, donc ça a été vraiment compliqué, mais j'ai fait le NCLEX en Europe et j'ai déménagé aux États-Unis cinq ou six mois après. D'accord. Donc le visa a été obtenu du coup. D'accord, donc tu avais déjà ta licence américaine. Tu as commencé à chercher du travail dès que tu es arrivée Non, parce qu'il m'a fallu attendre le Social Security Number, le numéro de sécurité sociale. Et il y a eu énormément de délais puisque évidemment les administrations étaient beaucoup fermées pendant le Covid. Très difficile à avoir au téléphone. Ça m'a pris, je crois, un mois ou un mois et demi pour avoir un rendez-vous. Et puis à l'époque, on était dans le Maryland. Donc lui a pris sa retraite entre temps. On a déménagé en Floride. Et en fait, j'avais fait... toute ma reconnaissance avec le Board of Nursing de Floride. Donc je ne pouvais pas travailler dans le Maryland avant d'être en Floride physiquement et de pouvoir commencer là où j'avais fait ma demande. D'accord. c'est vrai que pour expliquer un peu aux gens qui nous écoutent, c'est qu'il y a beaucoup d'états aux États-Unis qui ne laissent pas faire les démarches équivalentes sans SSL. Et il a des états qui s'en fichent. Et il a des états comme la Floride qui vont laisser faire les équivalences. mais ils ne te donneront pas une licence avant que tu un SSN. Donc même si tu avais été directement en Floride, de toute façon, effectivement, tu n'aurais pas pu travailler sans ton SSN. C'est ça. Et il faut vraiment faire toutes les démarches dans l'ordre. Et encore une fois, tu as été un guide formidable. Je te l'ai dit souvent et je l'aurais dit encore, jamais, je n'aurais pu faire toutes ces démarches sans toi. Je travaillais beaucoup à l'époque en Suisse. Et puis voilà, quand t'es noyé en plus avec l'idée d'un déménagement, de quitter ta famille, de quitter tes racines, de faire tous ces papiers-là, l'immigration, clôturer tous les comptes. En fait, moi, j'avais vraiment besoin de ton support et des services de ton agence. Et sans ça, j'y serais jamais arrivée, clairement. Si, ça t'aurait pris un peu plus longtemps, mais tu serais arrivée quand même. Donc du coup... Vous déménagez en Floride, t'obtiens ton SSN. Comment ça s'est passé au niveau de ta recherche d'emploi ? T'as commencé où ? Est-ce que c'était compliqué ? Alors, ça n'a pas été tellement compliqué, mais je ne savais pas trop ce que je voulais faire parce que pour moi, tout était nouveau. Et quand tu arrives aux États-Unis, tu te rends pas vraiment compte des conditions de travail, de comment ton expérience et tes diplômes sont reconnus aux États-Unis. Donc j'ai commencé à chercher en médecine chirurgie, j'ai eu des réponses négatives et puis un jour j'ai vu un poste de santé au travail et je me suis dit bon après tout c'est mon domaine il faut que j'essaye même si c'est pas les mêmes lois, j'avais tout à réapprendre mais voilà les principes du corps humain, d'ergonomie sont les mêmes donc je me suis dit ça doit quand même ressembler à l'Europe à part tout ce qui est lois et puis évidemment restrictions. après une blessure au travail et tout ça. Et puis ils m'ont rappelé, je crois, deux jours après ma candidature et ils m'ont fait une belle offre, sachant qu'en plus à l'époque, il y avait énormément d'infirmières qui voyageaient aux États-Unis parce que c'était Covid, parce qu'il n'y avait pas assez d'infirmières, donc il manquait des infirmières partout. Et du coup, quand toi tu postulais pour un poste fixe, ils avaient tendance à faire monter les salaires pour essayer de te garder. sachant que tu pouvais toujours voyager et qu'eux, il leur fallait quelqu'un de fixe. Donc non, ça a été plutôt facile. En tout cas, jusqu'à cette étape-là, de recevoir l'offre d'emploi en papier. Et du coup, sans fin d'excrétion, ils t'ont fait quel genre d'offre ? Alors, c'était donc 100%, donc full time, 40 heures par semaine, 85 000 dollars. Ce qui pour la Floride est très bien, sachant que moi je fais des horaires de bureau, pas de nuit, pas de week-end. Et puis j'avais à l'époque, je pense en tout cas, 10 ans d'ancienneté. Dans la médecine du travail ? 10 ans d'ancienneté en tant qu'infirmière et je crois que je devais avoir en tout cas 5 ou 6 ans en santé et travail. D'accord. Après, vous ne pas comparer les salaires entre les États parce qu'il y a tellement de différences. Mais en tout cas pour la Floride, c'était vraiment bien s'ennuyer sans week-end. Là où ça c'est vraiment compliqué, c'était le background check. Donc toutes les vérifications d'usage avant de commencer à travailler. Où ils appellent l'école d'infirmière, où ils appellent les anciens Mais t'as pas eu de bol toi, parce que je crois t'es la première qui me dit que les employeurs ont appelé l'école d'infirmière, qu'ils anciens employeurs. Ouais, ça a été difficile puisqu'ils les appelaient en anglais. Et l'école d'infirmière, ceux qui répondaient au téléphone, je crois que ce n'était même pas le directeur, ça devait être l'adjoint et le secrétariat, ne parlaient pas du tout anglais en fait. Donc ça a été vraiment difficile. Et puis ça a duré à peu près un mois et demi à deux mois où j'ai dû renvoyer des papiers pour prouver que j'avais travaillé à tel ou tel endroit, donc tout ce qui était fiche d'impôt. Et j'ai fini par appeler l'ARA, vu que nous en tant que infirmière de santé au travail, on est directement en dessous de l'ARA. J'ai fini par l'appeler et lui dire, écoutez, moi j'ai vraiment besoin de travailler. Donc je comprends que vous avez des vérifications à faire, à un moment donné, il faut que vous me disiez oui ou non, fait. Soit vous me prenez... J'ai donné tous les papiers, j'ai vraiment essayé d'appeler l'école d'infirmière pour le demander. de répondre correctement aux questions, de valider que oui, j'étais bien une étudiante là-bas à l'époque. Et puis je lui dit, voilà, j'ai besoin d'une réponse quoi. Donc ça c'était le vendredi et le lundi je commençais à travailler. Elle a dit, bon ok, je sais que vous êtes honnête et on vous donne une chance quoi. Donc j'ai eu quand même beaucoup de chance. Mais c'est vrai que tous les hôpitaux ne fonctionnent pas comme ça. Après cette expérience-là, j'ai... plus de problèmes avec d'autres employeurs, mais en tout cas, ce groupe hospitalier-là qui s'appelle HCA, ils mettent vraiment l'accent sur le background check pour s'assurer qu'on ait des vrais diplômes, qu'on ait fait les choses en ordre et que tout soit légal, ce qui est normal. fait sens. Et en plus, j'ai entendu parler justement d'un problème comme ça en Floride où il y avait des infirmières qui avaient fait des études dans des universités qui n'étaient pas accréditées. Donc je me demande si ça a pas aussi peut-être fait en sorte qu'ils accentuent leur background check. Bien sûr. Alors j'ai entendu parler de fraude, pas spécifiquement en Floride, mais il y a eu effectivement des fraudes aux États-Unis. Il faut vraiment comprendre que les employeurs, sont dans une position où il faut vraiment qu'ils vérifient les crédits et les diplômes. Donc il faut être patient en tant qu'étranger, il faut être préparé à ça. Et puis, si ils vous demandent des renseignements complémentaires, les fiches d'impôt, faut tout donner. Et du coup, quand tu as commencé, comment est-ce que c'était par rapport à, justement, tu disais, tu avais déjà de l'expérience en médecine du travail. Est-ce que tu as vu des très grosses différences dès le départ entre la médecine du travail en France ou en Suisse et aux États-Unis ? Alors oui, du côté de la loi, clairement, puisque en fait, ce qui régit... à la santé au travail aux États-Unis, c'est OSHA. C'est une entité gouvernementale. C'est eux qui donnent les grandes lignes directrices de quelles mesures on doit appliquer en tant qu'employeurs pour protéger les collaborateurs et pour faciliter aussi la réinsertion après des blessures au travail. Donc il faut savoir qu'aux États-Unis, tout ce qui est maladie en général, ce pas pris en charge par l'employeur, au contraire de l'Europe. Parce qu'en France ou en Suisse, vous pouvez vous mettre en arrêt de travail pour une maladie. Et puis, a le service de santé qui va vous contacter. Aux États-Unis, ce vraiment que les cas d'accident qui sont liés au travail dont on s'occupe. Donc ça, c'était une partie. Et puis voilà, pense que j'ai fait l'erreur. de comparer un petit peu les pays parce que je crois que c'est humain. Mais du coup, il y a des choses qui ressortent négativement et il faut savoir quand même qu'aux États-Unis, les droits des employés sont moindres, les droits sociaux par rapport à l'Europe. Et il faut vraiment switcher le cerveau et se dire bon, voilà, je ne pas dans le même pays et il faut accepter en fait les us et coutumes. Alors il y a des choses que moi je peux faire pour améliorer un peu la condition des employés. Mais voilà, ça doit toujours rester dans ce contexte de loi et aussi de culture, puisque vous êtes dans un autre pays. Donc je conseille toujours aux gens de ne trop comparer. Sinon vous allez vous enfermer dans une spirale négative. Et ça, c'est un petit peu dommage. Il faut essayer d'avoir une ardoise blanche, autant possible. C'est vrai, c'est un très bon conseil. Je pense que c'est sur tous les points, même pas juste au travail, même socialement. En fait, pas s'attendre à ce que les gens aient les mêmes réactions qu'en France ou en Suisse, c'est culture complètement différente, dirais. Exact. Est-ce que tu as vu des différences ? Est-ce que déjà, est-ce que tu es en relation beaucoup avec les médecins ? Pas vraiment, fait, puisque nous, a nos propres protocoles. On a quand même un médecin au cas où on est vraiment besoin. Je crois qu'en six mois que j'ai eu ce poste-là, pardon, que j'ai été dans ce poste-là, J'ai eu peut-être à la contacter une fois. Après, c'est vrai que je n'ai pas énormément de contacts avec les médecins puisque eux, font partie d'une autre entité. On a très peu de médecins, en tout cas en Floride, qui appartiennent directement à l'hôpital. Souvent, ils offrent leurs services de manière individuelle, donc ils sont en contrat direct avec l'hôpital, mais ils n'ont pas les mêmes droits que notre staff. D'accord. qu'ils ont un statut différent. Ou alors ils travaillent pour des sociétés qui sont en contrat avec notre hôpital et qui utilisent leurs services mais par le biais de leur société. Et ça aussi c'est différent de l'Europe puisque moi tout ce que j'ai connu en Europe c'est des médecins qui étaient directement engagés par les centres hospitaliers et ils en contrat. Par contre ce que j'ai pu voir quand même Alors moi je suis diplômée en France de 2010 donc j'espère quand même que les mentalités ont changé. Je trouve les médecins beaucoup plus respectueux qu'en Europe et beaucoup plus disponibles et approchables. Après ça peut être perçu différemment j'imagine en fonction des expériences de chacun. Mais moi dans ce que j'ai vu dans les trois ou quatre hôpitaux que j'ai fait depuis que je suis arrivée aux États-Unis. Oui, ils étaient vraiment agréables les médecins, la plupart du temps. C'est quelque chose qui revient beaucoup effectivement, c'est toujours cette notion de statut de l'infirmière ici qui est plus valorisée qu'en Europe, en tout cas en France. J'ai l'impression qu'en termes de culture, les Américains sont plus sensibles. Il faut faire très attention à ce qu'on dit ici parce qu'on peut parler de manière beaucoup plus franche en Europe. Aux États-Unis, il faut vraiment être diplomatique et mettre les formes. Et je crois que ça fait partie aussi de cette culture qu'ils essayent de maintenir en fait dans les hôpitaux et d'avoir du respect pour tout le personnel. Alors après, voilà, j'ai aussi entendu des histoires de médecins qui avaient insulté des infirmières ou qui étaient désagréables évidemment, mais je crois que ça reste beaucoup des cas isolés par rapport à ce que j'ai pu voir en Europe. Oui, il des abrutis partout en toute façon. Mais oui, pense que moi j'appelle ça la politesse américaine. Ils sont très très très très polis les Américains. Et c'est vrai que parfois pour des Européens, ça peut presque paraître comme de l'hypocrisie, mais finalement ça n'est pas du tout. C'est juste qu'ils sont comme ça. Ils sont comme ça, effectivement. Après ce que j'ai remarqué dans les relations, et ça c'est... Pour moi, des fois, c'est beaucoup plus difficile. C'est vraiment des travailleurs et c'est tout à leur honneur. Ils comptent très peu sur le système, mais du coup, n'y a pas de work-life balance. L'équilibre entre la vie familiale, la vie privée et la vie au travail, il n'y en a quasiment pas. Et pour eux, c'est vraiment normal. Et là aussi, j'ai dû faire attention à ce que je disais parce que sans dire de déclarer une révolution, au début, J'ai dit, écoutez, moi, je mets les limites, je ne veux pas de téléphone le week-end ou le soir et ça peut être très mal perçu. Donc il faut vraiment aussi s'ajuster par rapport à ça, sans tout accepter non plus. Donc c'est vraiment un exercice de trouver l'équilibre entre ce qu'on a connu avant en Europe et ce qu'on est capable d'accepter aux États-Unis. je crois que c'est... Vraiment une erreur de tout accepter juste parce qu'on arrive aux États-Unis et qu'on veut faire ses preuves. C'est vraiment un équilibre à trouver, c'est faisable, mais il faut le faire de manière diplomatique là encore. Ouais. Et du coup Florine, donc toi tu as repris tes études aux USA. Raconte-moi un petit peu, comment est-ce que tu as décidé de reprendre tes études déjà ? Alors moi j'ai beaucoup de chance, c'est d'avoir un mari qui est ancien militaire et qui avait des droits en fait par le VIER. Donc VIER c'est l'organisme qui s'occupe des retraités militaires. Et puis il a une loi qui est passée après le 11 septembre qui s'appelle la GI Bill et qui leur permet en fait de reprendre les études au moment où ils vont quitter l'armée, soit avant soit après. Et puis mon mari avait trois ans d'études payées par n'importe quelle université, donc par le biais du viais, et il pouvait transférer ses crédits à un dépendant, soit enfant, soit sa femme, donc c'était mon cas. Et mon mari, ne souhaitant pas continuer ses études, il a pu me transférer en fait ses crédits. Donc au début, j'ai eu droit qu'à un an. Donc je me suis dit, qu'est-ce que je peux faire avec une année ? Et au final, ⁓ bien, ça a été trois ans. Donc j'ai décidé de faire un master. Au début, je me suis orientée vers nurse practitioner. OK. Donc infirmière de pratique avancée. Et puis ils ont ouvert un poste de santé au travail à 20 minutes de chez moi, à 80%, ce qui est très rare aux États-Unis. Et puis, comme j'avais un bébé en bas âge, je me suis dit, il faut que je prenne ce poste-là, je mets ce master entre parenthèses et puis je prends le poste. Et du coup, j'ai décidé de changer la direction de ce master vers « Leadership and Management ». En fait, les six premières classes que j'avais faites pour le master étaient valables dans les deux branches. Donc, du coup, j'ai juste changé pour Leadership and Management ». Donc avais déjà commencé ton master pour nurse practitioner et tu as changé ? Oui, j'ai changé en cours de route. Qu'est-ce que du coup professionnellement ça t'apporte ce master ? Alors j'ai pas encore changé de poste pour l'instant puisque j'ai commencé il y a très peu de temps ce travail, c'était il six mois. Et puis je suis de nouveau enceinte. J'ai décidé de garder ce poste encore un moment, mais en tant que manager après on peut avoir des postes un petit peu plus leadership donc manager, directeur. On peut diriger des centres. Nous on a un service dans la division en fait Nord-Floride, donc je pourrais prétendre à un poste comme ça. il faudrait sûrement déménager puisque Orlando, c'est une grande ville, au niveau des possibilités, ça reste quand même assez limité. Mais voilà, ça ouvre énormément de portes. Et puis, au-delà des opportunités en elles-mêmes, c'est aussi le fait d'être plus reconnue dans mon poste actuel et d'avoir pu tisser des liens avec le leadership que je n'aurais pas pu comprendre ou appréhender de la même manière. Parce que dans un master, on apprend quand même tout ce qui est stratégie. Et même si moi, j'avais un petit peu des notions de quelle est la stratégie de l'hôpital et comment est-ce que je peux servir la population d'une meilleure manière tout en respectant la stratégie de l'hôpital, c'était que des notions. Tandis que là, du coup, ça a changé vraiment toute mon approche. C'est ça aussi qui est intéressant. Et puis voilà, on apprend plein de choses. C'est vrai que moi, j'ai beaucoup de mal à faire des études parce que ça prend du temps. Avec une vie de famille, c'est pas simple. Ça demande de la discipline aussi. Mais ça apporte tellement de choses. Et on apprend aussi tellement sur les États-Unis en parallèle. Moi, j'avais quand même cette ambition-là de pouvoir avancer. Maintenant que je suis aux États-Unis, il faut se donner les moyens. Du coup, tu as fait tes études tout en travaillant. C'est ça. Comment tu t'organises ? Comment les cours, le programme, le rythme, ça, comment ça s'est organisé ? Alors c'est beaucoup de universités online. Il faut faire le tri quand même parce qu'il différentes qualités dans les universités. Donc il faut faire beaucoup de recherches au préalable. Là où j'ai eu des difficultés, c'est au moment d'intégrer l'université encore une fois. Ils ne reconnaissaient pas toutes les études que j'avais faites à l'étranger. Et puis, aussi ce système de Credential Evaluation Agencies, donc des agences américaines qui évaluent vos crédits. Et c'est là aussi que j'avais fait appel de nouveau à tes services pour m'aider à compléter cette évaluation. Oui, alors juste, je te coupe juste une seconde parce qu'en fait, on fait les équivalences infirmières, évidemment, ils évaluent toute la formation infirmière, mais ils rentrent pas dans le détail des crédits, etc. Alors que les universités, quand tu veux refaire tes études, elles veulent savoir exactement combien de créditables. dans quelle matière, ton GPA, etc. Oui, alors en fait, le but de l'évaluation, c'est là que tu m'as guidé parce qu'il y a plein d'agences différentes aussi et qui évaluent avec différents degrés d'objectivité. Et c'est là où vraiment j'ai eu besoin de tes lumières pour déterminer la meilleure approche et la meilleure agence. pour ne être reconnue en dessous d'un bachelor. Donc déjà, ça, c'était difficile. Par contre, du coup, l'agence qu'on avait choisie, et ça, tu m'avais dit dès départ, elle ne pas partie d'une des plus reconnues aux États-Unis. Et de par ce fait, il a des universités qui ne voulaient pas travailler avec moi parce que je n'avais pas d'évaluation avec cette agence spécifiquement. C'est là qu'on se dit déjà... Oui, au niveau objectivité et puis business, il y a quelque chose. Mais bon, on ne peut rien faire par rapport à ce... Enfin, de ce point de vue-là, en tout cas. Donc, j'avais le choix entre deux universités et puis, donc voilà, quand c'est en ligne, il y a quand même des délais à respecter, des deadlines. S'il a des discussions, vous savez qu'il faut faire deux paragraphes par semaine et puis une dissertation. Donc, vous savez que vous allez y passer. pas mal de soirées et quand même une grosse partie du week-end. Donc j'ai la chance d'avoir un mari qui est même pas mal disponible et qui a pu s'occuper de la maison, s'occuper des enfants pendant le temps où je travaillais. Et ça c'est précieux, c'est d'avoir du soutien aussi et surtout dans la longueur parce qu'un master c'est quand même minimum deux ans. Oui, j'allais te demander ça t'a pris combien de temps du coup ? Parce que, combien d'heures à peu près tu travailles sur ton master dans la semaine ? Alors ça dépend des classes puisque il y en a qui étaient plus difficiles que d'autres. Il en a qui demandaient plus de lecture et de recherche que d'autres, mais je dirais entre 10 et 15 heures par semaine. Oui, quand même. Avec en plus ton boulot, tu disais que étais à 80 % à l'époque ? Oui, j'étais à 80 %, donc ça aidait quand même. Alors, je remplaçais à un autre hôpital en même temps, donc c'était plus du 100 % la plupart des semaines. Mais voilà. Ça va être un travail de longue haleine puisque deux ans, c'est quand même énorme de faire tout ce travail toutes les semaines, les soirs et les week-ends. Il faut vraiment avoir une famille qui vous soutient et qui ne pas dans le reproche quand vous n'êtes pas disponible. Il y a eu des moments où ça a été difficile puisque j'ai loupé des événements. Alors évidemment, pas tout ce qui était anniversaire. Mais voilà les petites sorties du quotidien. qui paraissent sans importance, mais quand vous avez des enfants qui grandissent, c'est tellement précieux en fait tous ces moments-là. Oui, je crois qu'il faut accepter que vous soyez pas disponible pour une partie. Oui, de louper des choses. Donc ça, c'était le plus difficile pour moi et aussi des douleurs physiques. J'ai eu un accident en 2022 avec beaucoup de douleurs cervicales et de maux de tête. Et ça c'est vrai que le travail sur ordinateur, rester assise des heures, regarder, lire les livres, donc regarder vers le bas, ça a été vraiment vraiment difficile. Et voilà, je l'ai fait parce que je n'avais pas le choix, moi je suis assez tenace, donc quand je commence quelque chose, il faut que je le termine. Mais ça, fait partie aussi de la réalité de ce qu'on peut tout à chacun vivre pendant... pendant des années d'études. Mais voilà, apparemment, ça ne pas vaccinée puisque pour ouvrir encore un petit peu plus de portes et avoir encore un peu ce côté business, management et stratégie, j'ai décidé de m'engager sur un MBA. Donc, je devrais commencer, je vais prendre une petite pause quand même là puisque j'ai terminé, il a seulement un mois et demi mon master et je devrais commencer au mois de juin. le MBA, qui sera beaucoup plus court. Oui, mais si je peux faire quelques classes avant l'arrivée du bébé, pour en avoir moins à faire après, ce serait l'idéal. Et du coup, c'est combien de temps, MBA ? Tu disais que plus court ? Alors oui, ça dépend des écoles, entre 9 et 11 mois, sachant que ça dépend aussi à quelle vitesse vous avancez. En fait, le système américain avec les écoles en ligne, Vous avez soit un cursus normal où toutes les semaines vous avez à rendre une dissertation, vous avez à participer à des discussions ou alors il a la modalité où vous avancez en fait à votre rythme et dans un laps de temps d'à peu près quatre mois vous pouvez prendre beaucoup plus de classe ou beaucoup moins. Donc en fait les études peuvent prendre beaucoup plus de temps ou beaucoup moins suivant le temps que vous avez à disposition pour travailler sur vos études. Mais il y a quand même toujours une limite de temps dans laquelle tu vas... Sachant que quand c'est self-paced, donc c'est toi en fait qui choisis combien de tu veux avoir dans ces quatre mois. Tu peux prendre quatre classes, donc tu as un mois par classe, mais tu dois terminer toutes les classes que tu as choisis avant ce terme du quatrième mois. C'est comme ça que ça marche. Donc vraiment différent. Alors ce que j'ai découvert moi, si j'avais su... j'aurais fait cette deuxième option depuis bien longtemps puisque ce qui me prenait le plus de temps, c'était d'écrire les dissertations. Moi j'ai un bac littéraire à l'époque en France donc j'ai l'habitude d'en écrire mais voilà, c'est pas la même chose d'écrire en français ou en anglais et mine de rien, me prenait plus de temps tandis que là, la modalité est un petit peu différente, il a un peu plus d'activités en ligne à faire. et un petit peu moins de dissertation. Donc ça m'a permis en fait de finir le master les six derniers mois de manière beaucoup plus rapide. D'accord. Et alors c'est ça que... Pardon, je voulais rebondir sur le fait aussi, si vous commencez à vouloir faire des études, il faut s'assurer d'avoir quand même un bon niveau d'anglais. Mais moi j'étais loin d'être parfaite. J'ai eu des doutes en commençant en me disant mais c'est vraiment académique, est-ce que je pourrais le faire ? et je demandais à mon mari quand même de relire à la fin pour s'assurer qu'il avait pas trop d'erreurs en fait. ce qui est bien quand même, la plupart des universités ont un service de grammaire en ligne où vous pouvez envoyer votre dissertation pour relecture et eux ils vous disent si le format est pas correct, la grammaire, le vocabulaire... Donc c'est une aide supplémentaire que vous pouvez avoir et qui est très précise. C'est chouette ça ! Et donc du coup maintenant... que tu as fait un master donc deux ans, c'est quand pas mal, que tu vas te remettre dans un MBA. Quel est ton regard sur les études aux Etats-Unis par rapport à ce que tu connais de la France ou de la Suisse ? Ça apporte toujours une plus-value, ça c'est sûr. Je pense qu'il ne pas non plus espérer être payé 10 dollars de plus par heure parce que vous avez un master mais ça doit quand même compter. J'ai vu depuis le Covid qu'il y a... de plus en plus d'infirmières qui font des master, que ce soit nurse practitioner ou d'autres. Moi, je vois toujours une valeur là-dedans, même si à la fin on entend des plaintes se dire « oui, mais ça ne pas vraiment un coût, je ne suis pas beaucoup plus payée ». Mais vous démarrez une nouvelle catégorie d'infirmières de pratique avancée. Donc forcément, c'est comme si vous aviez atteint le maximum en tant qu'infirmière. et vous repasser dans une nouvelle catégorie où vous êtes entre guillemets débutants. faut accepter pendant quelques années d'avoir un meilleur salaire, mais peut-être pas à ce que les gens avaient escompté. Et puis après, changer de position, de ne pas avoir peur de déménager, je pense aux États-Unis, pour trouver les opportunités. Mais voilà, c'est... Pour moi, les études, a évidemment servi ma cause au niveau du travail, mais aussi dans la vie personnelle puisque ça m'a permis, au travers de recherche, d'apprendre plein de choses sur les États-Unis, sur le CDC, sur les lois, la politique, le gouvernement, comment c'est construit. Et il y eu des moments aussi où tu te rends compte de l'ampleur des différences entre l'Europe et les États-Unis, où... aux États-Unis tout s'achète. Et ça c'est vrai que moi j'ai encore beaucoup de mal maintenant puisque en France ou en Europe on a l'habitude d'avoir des lois qui protègent beaucoup au niveau de la qualité alimentaire, des produits chimiques, des pesticides, de la qualité de l'eau, de l'environnement en général qu'il a pas aux États-Unis. Donc ça c'est aussi toute une partie que j'ai appris à travers le master. Et je crois que ça a été le point négatif, c'est de se rendre compte qu'il y avait tellement de choses à faire ici et la santé publique est beaucoup moins protégée qu'en Europe. Ça, c'était la mauvaise surprise de ce que j'ai pu apprendre pendant mes études. Je lisais il a pas longtemps justement que par exemple dans les produits de beauté, aux États-Unis, il a à peu près une soixantaine d'ingrédients qui sont interdits alors qu'en France, il en a plus de 1200. Rien que ça, tu vois. Il y a énormément de travail à faire ici au niveau santé publique. voilà, encore une fois, c'est dur de ne comparer entre les pays. Mais voilà, c'est la réalité. Voilà, ça fait partie de toutes ces choses que j'ai apprises aussi pendant et recherchées pendant le master et qui étaient toutes aussi intéressantes. ça m'a mis un coup, j'avoue. Du coup, pour en revenir un petit peu à l'organisation de ton master en ligne. Est-ce que tu étais en contact avec des profs ou pas du tout ? Est-ce que tout était en ligne ? Alors, ça dépend des écoles. Oui, pour la mienne, tout était en ligne. Ils sont toujours disponibles par e-mail. Ils ont aussi des moments, ils appellent ça « open hours », où ils peuvent faire des cours supplémentaires, y compris les samedis et les dimanches, pendant une à deux heures. Et vous avez le choix. d'assister à ces cours ou de ne pas assister. D'accord. En tout cas, ça c'était pour mon école. J'ai entendu parler d'écoles où il y avait des sessions obligatoires où vous deviez assister en fait pour valider le module. D'accord. Donc toi dans ton cas, tous les cours étaient préenregistrés ? Alors énormément de travail, de recherche personnelle. Oui, il des fois où il a des vidéos, y a des activités avec des programmes spécifiques sur Internet. Par exemple, j'ai eu un cours de santé publique et statistique où il y avait une carte interactive des États-Unis. Vous choisissez un hôpital et vous pouvez regarder les critères de qualité déterminés des axes d'amélioration des soins en fonction des données. Donc en fait, par exemple, ils vont vous dire, vous devez écrire une dissertation sur trois points à améliorer dans cet hôpital. Donc ça peut être entre cinq et dix pages, une dissertation. Donc vous allez avoir les critères d'hygiène des mains, leur compliance par rapport à la sécurité du personnel, la sécurité des patients. Combien ils ont eu de chutes de patients en une année, combien d'infections post-opératoires. Donc en fait, tout ça, c'est des critères de qualité et il faut extraire les informations, les synthétiser dans la dissertation et puis après, donner des idées ou alors un plan d'action sur comment corriger ces opportunités-là. Donc il faut quand même avoir un paquet d'idées et quand même faire pas mal de recherches sur comment tu diriges un hôpital et comment tu arrives à améliorer la qualité des soins en fait. Donc c'est là en fait que le côté management intervient. D'accord. D'accord. Mais énormément de travail personnel. Ouais, c'est juste en train de me dire, il chapeau Florine, chapeau, parce qu'il faut vraiment vouloir surtout avec ta puce du coup elle avait quel âge à cette époque ? C'était un bébé. En fait, j'ai accouché, je crois que j'avais commencé le master à peu près six mois avant. D'accord. Et puis, il y avait un gros examen à faire, énormément de révisions. C'était examen de pharmacologie, physiopathologie et anatomie. Donc, il fallait en fait passer cet examen-là avant de pouvoir continuer à faire mes études dans ce master. D'accord. Ça s'appelle le 3P. Et puis, en fait, j'ai appouché et j'ai passé l'examen en ligne trois jours après. Alors, je m'étais quand même arrangée pour faire toutes les révisions en avance. Et puis, c'est vrai que moi, j'ai vraiment poussé le bouchon parce que sinon, je m'étais dit, mais je n'ai jamais envie de le bout si je commence à faire une pause. Vous pouvez toujours faire une pause dans vos études et pour un événement comme ça de vie. les universités sont quand même compréhensibles. Oui, ils ne te poussent pas à... Ce n'est pas eux qui te poussent, c'est toi qui avez décidé que tu allais continuer. Exactement. Après, au moment où j'arrivais vers la date d'accouchement, ça par contre, ça m'avait vraiment surprise. Il y avait une professeure et je lui avais dit, écoutez, est-ce que je peux rendre mes dissertations en avance ? avant les dates prévues, parce que si vous rendez en avance, vous perdez des points pour certaines universités, c'est le cas avec la mienne. Tu veux dire, si tu rends en retard, tu perds des points ? Non, en avance. avant que je change d'option pour l'option où je choisis moi-même d'avancer à mon rythme, j'étais dans la première option, donc il a un laps de temps où tu dois rendre tes devoirs. si tu les rends trop en avance. Tu peux perdre des points si tu les rends trop en retard, tu perds des points aussi. D'accord. Ça, fait partie des règles de l'université. Et je lui avais dit, écoutez, est-ce que je vais vraiment accoucher, là, je suis à 37 semaines, donc ça peut être n'importe quand maintenant, est-ce que je peux rendre mes trois dernières dissertations en avance, toujours participer aux discussions chaque semaine, mais en tout cas, les dissertations, seraient finies, ça me permettrait quand même... de pouvoir souffler un peu avant l'arrivée du bébé. Et là, en fait, elle m'a dit non. Donc, ouais, là, ça a été difficile. Et mon mari, qui est très terre à terre, me dit mais il faut que tu les écrives en avance et tu les posteras pendant, entre ces dates. Donc, ce n'était pas l'idéal, mais c'est ce que j'ai fait. Mais voilà, encore une fois, le côté social. le côté famille est beaucoup moins reconnu aux États-Unis. Donc ils ont quand même des exigences bien supérieures à celles de l'Europe. Alors après, ce que je voulais dire pour répondre à ta question également, les universités en ligne, n'ont pas toujours bonne presse. Et notamment quand vous commencez à faire des études de nurse practitioner. infirmières de pratiques avancées. Les universités online, elles vont vous demander d'avoir des rotations cliniques, physiquement dans les hôpitaux, ça c'est sûr, mais il aussi d'autres universités qui font moitié en ligne, moitié en présentiel et qui, en général, sont un petit peu mieux cotées du point de vue d'un employeur quand vous allez avoir vos diplômes. Et c'est vrai que ce que j'ai perçu dans les discussions comme ça en ligne, dans les groupes, c'est que de plus en plus il y avait des grosses universités qui n'avaient pas bonne presse auprès des employeurs et si en tant qu'infirmière de pratiques avancées, de sortir d'une université comme ça, il des employeurs qui vont dire non, on n'embauche pas cette personne-là sachant qu'elle vient de cette université et que tout est en ligne avant les rotations cliniques évidemment. Mais on a l'impression qu'il a quelque chose qui commence à changer comme ça en termes de... de culture et de validité de ses diplômes en ligne. Ce qui est normal. Il a des universités qui font une partie en ligne avant même que vous arriviez aux rotations cliniques et qui font une partie aussi en présentiel où vous devez aller au campus et vous allez faire de la lecture de radio, des soins aux patients sur des mannequins, les lectures d'électrocardiogrammes et compagnie. Donc voilà, il bien choisir. Il faut vraiment, si quelqu'un veut reprendre des études et surtout un firmware de pratique avancé, il faut aussi regarder de ce côté-là. Et ce qui va changer aussi dans les dernières années, je ne pas si tu en as entendu parler, c'est Nurse Practitioner, donc MSN, un master. Et est-ce que vous choisissez de faire directement un doctorat, donc DNP ? Puisqu'en tant qu'une nurse practitioner, pouvez faire le côté master ou rajouter encore des années d'études, en général, c'est 18 mois à deux ans supplémentaires, et avoir un doctorat qui est de plus en plus demandé pour être infirmier de pratique avancée. Mais du coup là, on rallonge le temps d'étude. Il a aussi une thèse à faire et puis un coût supplémentaire évidemment associé. Et d'ailleurs, toi tu nous expliquais que tu as eu la chance de pouvoir ne pas payer puisque ton mari, de par le fait qu'il en retraité militaire, ce privilège-là. Est-ce que tu sais en moyenne, sans les aides dont ton mari bénéficiait, combien ça t'aurait coûté le master ? Je pense entre 18 000 et 30 000. à peu près suivant l'université. Et ça c'est pour le master de leadership and management où il n'y a pas de rotation clinique. Mais voilà ça va dépendre des universités, ça va dépendre aussi de l'employeur puisque dans la plupart des hôpitaux où les infirmières travaillent aux États-Unis, une à deux fois par an ils font une session où il a plein d'universités qui viennent dans l'hôpital essayer de vendre leurs services et de recruter des étudiants. Et puis, suivant le groupe hospitalier pour lequel vous travaillez, il a des réductions du pouls des études. Donc souvent, ça va entre 5 et 10 %. Donc c'est aussi quelque chose à prendre en compte. Et puis, quand vous travaillez en temps partiel ou en temps plein dans un hôpital, souvent, ils ont de l'assistance à l'éducation. Pour mon hôpital, c'est 5000 dollars par année qu'ils peuvent donner pour vous aider à avancer vos études. D'accord, oui, donc il y a quand même des aides, même sans être marié en militaire. Oui, ça la plupart du temps, les gens ne le savent pas, mais il faut demander à vos ressources humaines, et bien quelles aides y a-t-il disponibles, sachant que pour faire un master, sur à peu près deux ans, les universités peuvent laisser jusqu'à trois ans. Donc si vous étalez un petit peu les classes, potentiellement. Si l'hôpital vous paye 5 000 dollars par année d'aide à l'étude, ça vous couvre déjà 15 000. Ce qui est pas mal quand même. C'est pas mal du tout, oui, c'est clair. Après, pour un doctorat, donc DMP, moi j'ai vu des prix entre 30 et 60, 70 000 dollars. C'est énorme. Ça ne m'étonne pas. J'ai vu très très peu de Françaises continuer leurs études en arrivant aux États-Unis. Je vois beaucoup d'infirmières qui viennent de Porto Rico, d'Amérique latine au central ou d'Amérique du sud continuer à faire leurs études et s'engager dans des masters, mais je vois très très peu de Françaises. Moi j'ai eu des doutes aussi. Encore une fois mon anglais était très très loin d'être parfait quand j'ai commencé mes études, mais vraiment il faut pas que les gens aient peur. Il faut vraiment y aller parce que ça vaut tellement la peine. Ça m'amène à ma prochaine question. À qui est-ce que tu recommanderais ou pas de reprendre les études au USARS ? Moi, je recommanderais à tout le monde parce qu'en fait, vous apprenez pas seulement pour votre pratique d'infirmière, ni pour le côté professionnel, mais aussi le côté personnel. Et c'est vrai que moi, j'ai l'impression d'arriver à beaucoup plus comprendre des États-Unis et avoir un esprit critique beaucoup plus développé. parce que j'ai fait tellement de recherches, j'ai lu tellement d'articles. Et en plus, nous, en tant qu'Européens, on est bons dans l'esprit critique. En tout cas... Pas toujours de la bonne façon, mais... Et c'est normal, je parle pas d'un côté négatif, l'esprit critique. Vous avez un article où on vous apprend quelque chose et vous vous dites, à qui ça sert en fait cette politique ? où cette loi a été votée, en fait qui est-ce qu'on bénéficie vraiment ? Et je crois que ça s'est vraiment sorti dans mes dissertations. Moi j'avais énormément de bonnes notes. C'était aussi de pouvoir voir l'envers du décor et de pouvoir dire, quelles sont les nuances par rapport à ce problème-là ? Comment je peux approcher ça, sachant que ce pas juste ce petit problème actuel, mais c'est beaucoup plus grand en fait. Et je crois que c'est ça aussi le but de faire des études, parce qu'on a tendance à avoir des œillères beaucoup, et c'est d'agrandir un petit peu la vision et de se dire mais ouais, j'ai quand même un rôle à jouer en tant que porte-parole du patient, des infirmières, comment est-ce qu'on arrive à faire avancer les choses ? Ce que j'ai vu de très bien, et ce qui m'a quand même rassuré par rapport à ce que je disais précédemment sur le fait qu'aux États-Unis tout s'achète et qu'il énormément de d'opportunités d'amélioration en fait par rapport à tout ce qui est protection de la santé publique. Tu vois, moi quand j'ai dû faire des interviews dans mon hôpital dans le cadre de mon master, aller voir donc les managers, directeurs et leur demander, ok, comment est-ce que vous arrivez à construire une équipe qui fonctionne bien ensemble, tu vois, qui est performante ? Comment est-ce que vous gérez les conflits Comment est-ce que vous positionnez la stratégie de l'hôpital par rapport au bien-être et à l'intérêt du patient ? Et tous ils m'ont dit, on ne jamais passer l'intérêt de l'hôpital avant la santé, la sécurité et l'intérêt du patient. Et ils m'ont donné des exemples. Et ça, c'est vrai que ça m'a rassurée en me disant, fait, a quand même, même si la santé, change, que soit en Europe ou aux États-Unis, Pas forcément pour le meilleur des fois parce qu'il y a de plus en plus de ratios. En tant qu'infirmière, on a de en plus de patients aussi. Mais en fait, comment on arrive toujours à naviguer dans le système pour améliorer la condition des infirmières et des patients ? Il y a toujours des possibilités. Et justement, en termes de ratio, en tant qu'infirmière de santé au travail, tu as combien de patients ? se passe comment au niveau ratio infirmiers et patients ? Alors moi, en fait, mes patients, c'est les employés. Oui. Donc de la grande directrice à l'équipe de nettoyage, moi je m'occupe de tout le monde en fait. Après il a des différences évidemment de contrat, je parlais des médecins, c'est vrai que moi j'ai très peu à faire avec les médecins puisqu'ils ne pas reliés directement à moi. Mais moi dans mon hôpital il a à peu près 650 employés et puis après il des affiliés, des vendeurs dont je peux être amené à m'occuper mais en pointiller. Et donc tu es la seule infirmière en santé autraire ? D'accord, ok. Donc potentiellement tu peux avoir, évidemment tout monde ne vient pas te voir en même temps, mais potentiellement tu peux avoir toutes ces personnes-là dans ton bureau. Exactement. Et puis on a une collègue, alors le ratio est un peu différent pour d'autres raisons, mais elle, elle est à 950. Donc là ça devient vraiment compliqué. Faut juste espérer que tout le monde n'ait pas un problème en même temps quoi. C'est ça. Alors encore une fois, on ne s'occupe pas de tout ce qui est maladie, mais il a quand même pas mal d'accidents. Il y a régulièrement des infirmiers, des aides-soignants qui se blessent au travail, que ce soit une épaule, un doigt qui reste coincé, tu vois, quand tu remets les parties d'un lit. J'ai eu ça cette semaine, quelqu'un qui s'est coincé un doigt en voulant remonter les parties d'un lit après un accouchement. Donc après, voilà, il faut appliquer la loi, faut envoyer les gens à se faire soigner. Et puis après, il a le côté suivi accident où il y a vraiment la loi à respecter. Donc il faut apprendre tout ça, en tout cas à mon niveau. Mais voilà, j'ai le bon côté quelque part puisque je suis plus auprès des patients. Par rapport à mes problèmes de santé que je citais précédemment, évidemment, c'est une chance. que j'ai, crois que vu les douleurs que j'ai, je ne pourrais plus travailler auprès des patients. Mais l'envers du décor, ⁓ bien, c'est que je suis tout le temps en train de travailler avec les chefs de division, la grande directrice, les avocats. Voilà, c'est une autre partie aussi aux États-Unis. Les gens portent plainte beaucoup. Donc, c'est aussi une partie de mon métier. c'est la réalité un petit peu moins. un petit peu moins agréable peut-être par rapport à l'idée que les gens peuvent avoir. Du coup, ça m'amène à ma dernière question, qui est toujours la même pour tout le monde. Si tu devais choisir pour le métier uniquement, France ou USA ? Alors moi, j'ai quitté la France il a très longtemps. Alors si tu me laisses le choix entre France, USA, clairement pour la reconnaissance des infirmières, pour le salaire et puis pour les conditions de travail. Et si je te dis Suisse, USA ? Voilà, j'allais y venir parce que moi j'ai fait quand même 10 ans en Suisse. Suisse, clairement parce qu'on n'a que deux semaines de vacances ici aux États-Unis. Mais la grande différence entre moi et beaucoup d'autres infirmiers, c'est que moi je travaille du lundi au vendredi. Quand vous êtes en 12 heures aux États-Unis, vous avez vachement de jours de repos. Donc quelque part, le fait que vous n'ayez que deux semaines de vacances, vous pouvez toujours regrouper les jours de travail et avoir très régulièrement dix jours à deux semaines sans travailler. Et j'ai vu beaucoup d'infirmières faire comme ça et ça, c'est vraiment une chance que moi, je n'ai pas. C'est vrai que moi, avec deux semaines de vacances, c'est difficile. Et puis le fait de ne pas avoir de congés maternités aux États-Unis, c'est quand même dur. T'as eu combien d'ailleurs de congés maternités ? Alors pour la première, je suis revenue à un mois et demi, mais aussi parce que psychologiquement, c'était difficile pour moi d'être loin de ma famille et je n'allais pas forcément bien. Aussi pour d'autres raisons, mais je crois que le postpartum a vraiment été compliqué. Donc voilà, moi, revenir au travail, c'était aussi une manière de m'ancrer de nouveau et de retrouver une vie normale avec ce bébé en plus. Donc pour le coup, le travail m'a aidée, mais là du coup, en fait, ça s'appelle FMLA aux États-Unis, donc vous avez 12 semaines. Par contre, vous avez 12 semaines à partir du moment où vous accouchez. Si vous devez vous arrêter à 38 semaines, et bien ça va vous faire en gros une semaine en moins, une semaine dix jours. Donc vous allez devoir revenir une semaine dix jours plus tôt après que le bébé soit né. Donc c'est 12 semaines qui peuvent être glissantes suivant à quel moment vous vous arrêtez en fait. là, en étant enceinte de nouveau, je disais à mes collègues cette semaine, mais en fait aux États-Unis, attend, enfin, on attend à ce qu'on perde les eaux au travail. C'est comme dans les films, non, non, c'est pas un mix, c'est la réalité. Mais voilà, je dirais quand même. Quand j'étais en Suisse, je faisais énormément de trajets, ça me prenait deux heures pour aller travailler. J'étais tout le temps stressée, malgré tout le côté social et le côté vacances, du fait de la densité de la région dans laquelle j'étais, des magasins qui ferment tôt, à 19 heures ou 20 heures. du coup, tu... tu sors du travail, tu te fais une heure de bouchon et tu cours encore dans les magasins pour arriver à tout faire, tu arrives chez toi, tu commences à cuisiner, c'est 18h30, 19h00. Il n'y a pas tout ce stress aux États-Unis. En fait, on a plus d'espace. Je prends pas les transports en commun pour aller travailler, donc je suis quasiment jamais malade. Je n'entends pas les gens se disputer dans les transports en commun. Moi, c'est vraiment quelque chose. J'avais... J'avais une nervosité quand je suis partie en me disant que c'était tous les deux, trois jours que j'entendais des gens se disputer dans le tram, dans le bus, parce qu'il un qui a failli tomber et il a bousculé quelqu'un. Et du coup, j'ai plus ça aux États-Unis. Je suis dans ma voiture, j'ai ma musique et voilà, je vais au travail. une place de parking juste devant l'hôpital, ça aussi. Je n'ai pas besoin de... de prendre des transports en commun ou de marcher une heure avant d'arriver au travail. Et ça c'est vrai que c'est tous des aspects de la vie quotidienne qui sont hyper agréables parce que ça a été conçu pour et parce qu'aux États-Unis on a plus d'espace. Donc quand même au bout du compte, la balance penche vers les USA ? Oui, en fait c'est discutable et c'est là que c'est difficile, c'est qu'on finit par être entre deux chaises. Mais pour les conditions, Sociale, serait la Suisse, ça c'est sûr. Après pour la vie quotidienne, j'ai la chance d'avoir une maison avec piscine en Floride que j'aurais sûrement pas pu avoir avant l'âge de 40 ou 50 ans si j'étais du côté de la Suisse. Donc voilà. Je ne regrette pas de venir aux États-Unis. C'est vrai qu'il y a tellement d'opportunités que je n'aurais sûrement en Europe. Merci d'avoir écouté Imported Nurse. Si tu as aimé cet épisode, n'hésite pas à le partager autour de toi et à me le faire savoir en laissant en avis sur ta plateforme d'écoute. Pense aussi à t'abonner au podcast pour ne pas louper les témoignages de mes prochains invités. À très vite !